L’étonnante revanche de Bruno Retailleau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Avec le président du Sénat, Gérard Larcher, en janvier 2022.
LTD/Xose Bouzas / Hans Lucas
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Avec le président du Sénat, Gérard Larcher, en janvier 2022.
LTD/Xose Bouzas / Hans Lucas
Il y a quinze ans, son propre mentor, Philippe de Villiers, lui a barré la route vers une première expérience ministérielle. Voyant en Bruno Retailleau un rival en puissance, le fondateur du Puy du Fou a appelé le président Nicolas Sarkozy pour mettre son veto : « Si vous le prenez, j'y verrai une déclaration de guerre. » En 2017, l'affaire Penelope ayant démonétisé la candidature de son nouveau champion, François Fillon, les chances du Vendéen d'occuper une place au sein de l'exécutif se sont évaporées une nouvelle fois.
Sa dernière opportunité, la plus inattendue, a été la bonne. Après deux semaines de tractations rocambolesques, Michel Barnier a choisi de faire de Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, l'homme fort d'un gouvernement dont la fragilité politique saute aux yeux. Tour à tour pressenti pour le ministère de la Justice puis celui des Finances, il atterrit finalement à l'Intérieur.
À lire également
Cette nomination n'est pas surprenante. Pour occuper l'hôtel de Beauvau, le Premier ministre voulait quelqu'un avec qui il a bâti des relations de confiance. Au départ, Bruno Retailleau n'était pas certain de vouloir y aller. D'une part, parce que l'expérience risque de tourner court, au vu de la configuration impossible à l'Assemblée nationale ; d'autre part, la situation d'un leader de majorité sénatoriale est très confortable s'agissant des conditions de travail. Il n'y avait donc aucune raison de jouer le rapport de force pour obtenir un maroquin. Cela tombe bien, ce n'est pas dans la nature de l'intéressé.