Élections à Taïwan : le statu quo avec la Chine au cœur du scrutin
Robert Jules
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Manifestation en Chine.
© The Yomiuri Shimbun
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Manifestation en Chine.
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La superficie de l'île ne dépasse pas celle de la Région Centre-Val de Loire, et pourtant le scrutin qui va s'y dérouler sera particulièrement observé par les grandes capitales du monde. Le 13 janvier, quelque 20 millions d'électeurs taïwanais doivent choisir les députés et le nouveau président d'un pays aujourd'hui source de tension entre la Chine et les États-Unis.
L'actuelle présidente, Tsai Ing-wen, en poste depuis janvier 2016, membre du Parti démocrate progressiste (DPP), qui défend une ligne pro-indépendance, ne peut plus être candidate, en vertu de la Constitution qui limite son exercice à deux mandats. C'est son vice-président et ancien Premier ministre, Lai Ching-te, qui représentera le parti.
Selon un sondage effectué du 22 au 26 décembre, ce diplômé de Harvard reste favori du scrutin uninominal majoritaire à un tour, avec 38,7 % des intentions de vote, devant Hou Yu-ih (Guomindang - KMT), 29,7 %, et Ko Wen-je (Parti populaire), 16,6 %. Hou, ancien chef de la Police nationale, membre du KMT et partisan d'une entente, a les faveurs de Pékin. Ko, ancien maire de la capitale, Taipei, à la tête du Parti populaire taïwanais, propose une troisième voie entre un KMT qu'il juge influencé par Pékin et des Taïwanais prodémocratie qui sous-estiment, selon lui, le risque d'une guerre.
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« Le mot indépendance est aujourd'hui banni des annonces officielles des candidats, qui préfèrent parler de statu quo », note Jacques Gravereau, fondateur de l'Institut HEC Eurasia, qui vient de publier Taïwan, une obsession chinoise (éditions Maisonneuve & Larose, 148 pages, 20 euros). Le statu quo établi durant la présidence de Tsai Ing-wen se caractérise par le développement de liens économiques et militaires avec les États-Unis et ses alliés, qui ont permis de renforcer la dissuasion face à Pékin. « Taïwan a vu comment s'est déroulé le processus à Hong Kong, et la marginalisation du camp prodémocratie par Pékin à partir de 2019 », rappelle l'expert.
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