« Les attaques contre Raphaël Glucksmann disent la fébrilité de ses concurrents » (Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste)

ENTRETIEN - Le patron du PS répond aux critiques d’une partie de ses troupes sur la liste portée par Raphaël Glucksmann pour le scrutin de juin.
Caroline Vigoureux
Olivier Faure, le 22 octobre 2023, à Paris.
Olivier Faure, le 22 octobre 2023, à Paris. (Crédits : © STEPHANE LE TELLEC/ABACAPRESS.COM)

LA TRIBUNE DIMANCHE - Votre parti a officiellement investi samedi la liste de Raphaël Glucksmann. Notre sondage le place à 9 % des intentions de vote. Quel est votre objectif ?

OLIVIER FAURE - L'objectif, c'est de convaincre ! Dans un monde redevenu incertain et dangereux, nous nous engageons dans la grande confrontation. Celle qui va dominer tous les débats des prochaines années. La confrontation entre deux visions du monde, celle des socialistes et celle des nationalistes qui, en Europe, de Giorgia Meloni, Viktor Orbán à Marine Le Pen, surfent sur le malheur des peuples. Sur les défis climatique, social, géopolitique, migratoire, ces gens sans solutions n'ont à offrir que des boucs émissaires. Au moment où le monde politique salue unanimement la mémoire de Robert Badinter, il est plus que nécessaire de prolonger ses combats, notamment contre l'extrême droite. La peine de mort, ce fut hier la guillotine, c'est aujourd'hui la peine à laquelle sont renvoyés des milliers d'innocents noyés en mer Méditerranée, victimes de notre indifférence.

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Pourquoi n'avez-vous pas encore trouvé d'accord avec le parti de Raphaël Glucksmann ?

Il n'y a pas de blocage mais un processus interne au PS qui s'achève. Les discussions avec Place publique devraient aboutir dans les prochains jours.

Carole Delga, vous a écrit une lettre pour dénoncer le « manque d'ouverture territoriale » de votre liste et le « jeu des arrangements internes ». Que lui répondez-vous ?

D'abord, je me félicite du fait que le regard d'un certain nombre de socialistes ait changé sur Raphaël. Lorsque j'ai fait ce choix en 2019, il était loin d'être aussi unanime. S'agissant des reproches faits à la liste, je crains qu'ils ne viennent habiller de vertu une triviale revendication de places. Sur les 12 premiers colistiers, deux sont Parisiens. C'est juste impossible de mettre 100 départements dans les 12 premières places. Je comprends qu'il y ait des frustrations. Mais on ne fait pas entrer 100 litres d'eau dans une bouteille de 1 litre. Les militants socialistes l'ont bien compris et l'ont manifesté en votant à plus de 80 % pour la liste conduite par Raphaël. Maintenant, en campagne !

Raphaël Glucksmann porte un discours anti-Mélenchon. N'est-ce pas problématique dans la perspective d'un rassemblement de la gauche pour 2027 ?

Si Raphaël Glucksmann avait été de ceux qui prônent les gauches irréconciliables, il n'aurait pas été notre candidat. Mais il y a un désaccord de fond avec le leader de La France insoumise sur nos visions respectives de l'Europe. Désaccord qui existait déjà quand nous avions signé l'accord de la Nupes. Nous avions dépassé facilement ces contradictions, car l'hypothèse d'une victoire aurait conduit à une cohabitation. Et Jean-Luc Mélenchon avait publiquement annoncé qu'il ne viendrait pas en contradiction avec le chef de l'État sur les questions européennes et internationales, y compris sur la question sensible de l'Otan.

La gauche part divisée à ces élections. Que dites-vous à vos partenaires ?

Tant que notre liste n'est pas déposée, elle peut toujours s'ouvrir, y compris à la société civile. Mais nous ne sommes pas dans un congrès de la gauche. La perspective d'une Amérique à nouveau dirigée par Donald Trump, la montée de l'extrême droite en Europe, le défi lancé par Poutine devraient réveiller les consciences. Le débat, il est là. Les compositions de listes sont secondaires. Le groupe socialiste européen est à quelques sièges d'être le premier. C'est à notre portée de changer le cours de l'Histoire.

Que pensez-vous du procès en élitisme fait à Raphaël Glucksmann ?

Raphaël n'a jamais caché être le fils de son père. Il n'a jamais nié avoir côtoyé dès son plus jeune âge l'élite intellectuelle. En quoi cela le disqualifierait-il ? Il a mis toutes ses capacités, son entregent, son talent, au service de causes qui ne sont pas celles de sa classe d'origine. J'imagine que les sondages favorables sont la raison de ces attaques. Elles disent la fébrilité des listes concurrentes. Le seul critère qui vaille, ce sont les actes, pas les actes de naissance.

Caroline Vigoureux

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Commentaires 3
à écrit le 11/02/2024 à 14:16
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Gluckman l exmaoiste marie a une des grosse fortune du Liban....que de convictions.. Quand a faure le vide et le neant...et le carisme d’une moule

le 11/02/2024 à 14:50
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Assez bon résumé de Corsica!

à écrit le 11/02/2024 à 7:59
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Et que les médias de masse vous insultent à longueur de journées ne vous dérange même pas un peu ? Nos dirigeants et leurs opposants sont nuls.

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