Exclusif : « Il faut que nous devenions un aimant politique » (Raphaël Glucksmann)

Caroline Vigoureux
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Raphaël Glucksmann
© Vincent Boisot pour La Tribune Dimanche

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Raphaël Glucksmann
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Il y a cinq ans, sa candidature pour incarner le PS aux élections européennes était largement discutée par les socialistes. Pour le scrutin de juin 2024, le nom du député européen, essayiste et cofondateur du mouvement Place publique, s'est imposé comme une évidence. Il est même le troisième homme de cette élection, d'après les sondages, qui lui accordent 10% d'intentions de vote, devançant toutes les autres listes de gauche.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le projet de loi immigration ouvre une crise politique qui percute le second mandat d'Emmanuel Macron. Que dit-elle selon vous de sa pratique du pouvoir ?
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RAPHAËL GLUCKSMANN - C'est à la fois un naufrage idéologique et une politique de gribouille. La faiblesse profonde de ceux qui ont le pouvoir a offert au Rassemblement national un triomphe idéologique et politique majeur sur le sujet qui constitue le cœur de sa vision du monde. Cette défaite-là, nous allons la payer dans les mois et les années qui viennent. Ce n'est pas juste un moment ou une séquence comme on adore dire en politique, c'est une crise. Nous n'avons pas encore perdu les élections face à l'extrême droite, mais nous semblons avoir déjà perdu la bataille idéologique. Tant qu'on n'aura pas de cap clair face au RN, on peut faire tout ce qu'on veut pour les amadouer, transgresser toutes les lignes rouges, ça les fera progresser. Vous avez vu le sourire de Marine Le Pen ? Quelles que soient les contorsions du président à la télévision pour nous expliquer qu'il s'agit d'une défaite de l'extrême droite, ce sourire restera la vérité du moment.
Caroline Vigoureux