Michel Barnier réunit le gouvernement avant son discours de politique générale
latribune.fr
Michel Barnier réunit ce vendredi son gouvernement pour s'accorder sur la feuille de route qu'il présentera mardi devant l'Assemblée nationale.
STEPHANE DE SAKUTIN
Michel Barnier réunit son gouvernement ce vendredi de 15 heures à 18 heures, en amont de sa déclaration de politique générale, programmée le 1er octobre. L'enjeu est de taille. Le Premier ministre doit surtout résoudre la difficile équation du budget, alors que le déficit pourrait plus que déraper cette année.
Michel Barnier réunit ce vendredi son gouvernement pour s'accorder sur la feuille de route qu'il présentera mardi prochain, devant l'Assemblée nationale. Pour rappel, le Premier ministre doit prononcer son discours de politique générale (DPG) le 1er octobre. Avant ce séminaire à Matignon prévu de 15 heures à 18 heures, le chef du gouvernement a déjà reçu l'ensemble des forces syndicales et patronales. Elles ont salué son « écoute » mais sans déceler ses intentions. Il a aussi réuni mercredi soir, autour d'une même table, les groupes politiques de sa coalition, après plusieurs couacs et le recadrage de deux ministres EPR (Ensemble pour la République, ex-Renaissance).
Il l'avait déjà fait la semaine dernière pour accélérer la finalisation de son équipe. Même si le coup de fil du Premier ministre à Marine Le Pen, qui n'avait pas apprécié que le nouveau locataire de Bercy Antoine Armand refuse de travailler avec le RN, a exaspéré jusque dans le camp présidentiel. Michel Barnier a également réuni à Matignon jeudi les ministres Bruno Retailleau (LR, Intérieur), et Didier Migaud (ex PS, Justice) qui, à peine nommés, avaient engagé un bras de fer par médias interposés.
Cohabitations multiples
Cette prise de parole intervient dans un contexte inédit d'une « multicohabitation » selon les termes du président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius. Cohabitation avec le président, même si les deux hommes réfutent ce terme, cohabitation à l'Assemblée nationale, où il ne dispose d'aucune majorité absolue même en additionnant les élus du centre et de la droite qui le soutiennent, et cohabitation entre les forces au sein même de son gouvernement. Il semble de ce fait peu probable que Michel Barnier demande un vote, comme il peut le faire, à l'issue de son discours.
D'autant que les chefs du Nouveau Front populaire à l'Assemblée ont décidé jeudi, selon des sources parlementaires, que leur motion de censure contre le gouvernement Barnier serait déposée en fin de semaine prochaine plutôt qu'après sa déclaration de politique générale, pour qu'elle gagne en visibilité. Tandis que l'extrême droite agite la menace, sans dire à quelle échéance.
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Outre l'immigration, qui a déjà fracturé l'ex-majorité, plusieurs sujets seront difficiles à arbitrer, comme la proportionnelle, à laquelle le parti allié Horizons et LR ne sont pas favorables, le texte sur la fin de vie, auquel sont opposés plusieurs ministres conservateurs, ou encore les impôts, que les macronistes ne veulent pas augmenter.
Le sujet délicat du déficit
Parmi les sujets les plus sensibles, Michel Barnier doit résoudre la quadrature du cercle budgétaire, avec un déficit qui pourrait dépasser les 6% du PIB en 2024. C'est bien pire que le déficit de 5,1% du PIB sur lequel tablait le gouvernement sortant. D'autant que la France, avec six autres pays de la zone euro, est déjà visée par une procédure de déficit excessif par la Commission européenne, son déficit dépassant les 3% de PIB, un seuil défini par le Pacte de stabilité.
Retardée par la dissolution de l'Assemblée nationale en juin puis la nomination tardive d'un Premier ministre par le président Emmanuel Macron en septembre, l'élaboration du prochain budget a par ailleurs pris du retard. Le gouvernement présentera donc le projet de budget pour 2025 « la semaine du 9 octobre ». Mais Michel Barnier présentera les pistes privilégiées pour redresser les comptes dès le 1er octobre.
L'équilibre entre coupes dans les dépenses et recettes fiscales supplémentaires s'annonce très délicat à trouver. Privilégiant une réduction des dépenses, le ministre du Budget macroniste Laurent Saint-Martin a exclu une « augmentation d'impôts généralisée ». Le rétablissement des comptes publics passera « prioritairement » par une baisse des dépenses, a-t-il expliqué. Michel Barnier a lui évoqué de possibles hausses ciblées sur les contribuables les plus riches et les grandes entreprises, brisant un tabou. Affaire à suivre.