Motion de censure contre Michel Barnier : les macronistes tentent de séduire la gauche
latribune.fr
Le Premier ministre « n'est en aucun cas obligé d'aller chercher des majorités avec le Rassemblement national », a estimé Yaël Braun-Pivet sur Europe 1/Cnews.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a appelé ce lundi socialistes et écologistes à rejoindre « la majorité relative » pour soutenir le gouvernement du nouveau Premier ministre Michel Barnier. Une partie de la gauche menace en effet de destituer ce dernier via une motion de censure.
Les tractations se poursuivent. Les macronistes tentent de convaincre une partie de l'aile gauche de laisser le nouveau Premier ministre Michel Barnier de lui laisser une chance. Ce lundi, la présidente de l'Assemblée nationale (Renaissance), Yaël Braun-Pivet, a appelé les socialistes et écologistes à rejoindre « la majorité relative », constituée selon elle par les centristes et LR à l'Assemblée.
«Les déserts médicaux, la question de l'éducation, de l'ascenseur social, la protection de notre nation (...), je ne comprendrais pas que les socialistes, les écologistes refusent de se mettre autour d'une table pour en discuter», a-t-elle asséné.
Le Premier ministre «n'est en aucun cas obligé d'aller chercher des majorités avec le Rassemblement national. Il a déjà tout l'arc central qui est l'arc en majorité relative à l'Assemblée nationale et qui m'a élue au perchoir. Il ne tient qu'au groupe socialiste, au groupe écologiste de travailler avec nous pour pouvoir élargir cette majorité», a-t-elle estimé sur Europe 1/Cnews.
Braun-Pivet appelle à une session extraordinaire
Yaël Braun-Pivet souhaite, que pour définir sa feuille de route, le Premier ministre « puisse prendre en compte l'ensemble de l'arc républicain à l'Assemblée nationale qui, pour moi, s'étend avec les écologistes, les socialistes et l'ensemble de la majorité qui m'a élu », soit le bloc central et LR. La présidente de l'Assemblée a réitéré sa demande de convocation d'une session extraordinaire du Parlement en septembre, si le gouvernement est rapidement nommé.
«Si le gouvernement est nommé, il doit se présenter devant la représentation nationale. Nous sommes les élus du peuple et je ne conçois pas que des ministres puissent travailler pendant dix jours, quinze jours, venir sur votre plateau et ne pas répondre à la représentation nationale», a-t-elle dit.
De son côté, Michel Barnier a indiqué samedi qu'il ne comptait pas faire sa déclaration de politique générale avant la rentrée parlementaire début octobre.
Menace de censure par la gauche
Ce dernier pourrait ne pas en avoir le temps, une grande partie de la gauche souhaitant voter une motion de censure rapidement. D'ailleurs, ce lundi, l'ancien président socialiste - et désormais député - François Hollande a annoncé qu'il voterait la censure contre Michel Barnier (LR) à l'Assemblée nationale pour faire tomber son gouvernement « soutenu par l'extrême-droite ».
«Comment accepter que les Français qui ont voulu écarter l'extrême droite, qui voulaient qu'il y ait du changement (...), comment voulez-vous que l'on puisse donner notre accord ?», a-t-il assuré au micro de France Inter.
Il a également estimé que les socialistes ne participeraient pas au gouvernement Barnier en cours de formation. « Au-delà de la personne de Michel Barnier, quand c'est un gouvernement qui va être de droite sur une politique de droite et qui va être un gouvernement soutenu par l'extrême droite (...), comment voulez vous que des socialistes ou des femmes ou des hommes de gauche participent à une telle équipe ? », a-t-il expliqué.
Les macronistes divisés sur le gouvernement Barnier
Cette défiance autour du nouveau Premier ministre ne s'arrête pas à la gauche. Ce lundi, le ministre démissionnaire Roland Lescure, figure de l'aile gauche de la macronie, a annoncé qu'il n'accordera pas automatiquement sa confiance au gouvernement Barnier si celui-ci franchit certaines lignes rouges sur l'immigration. « Ma confiance ne sera pas automatique. Je suis au clair sur mes lignes rouges », a-t-il déclaré dans un entretien à Libération lundi.
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Ses lignes rouges portent sur l'immigration. « Quand j'entends Michel Barnier qui parlait, lors de la primaire LR en 2021, de "moratoire" sur l'immigration ou de suppression de l'Aide médicale d'Etat (AME), je réponds : "Préservons l'immigration économique, préservons l'AME" », explique-t-il.