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Benoît Hamon se pose en candidat anti-Fillon

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Fabien Piliu

Publié le 19 janvier 2017 à 06:00

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L'ancien ministre de François Hollande voit sa cote grimper dans les sondages. Dans le domaine économique, l'essentiel de ses propositions sont en opposition avec celles de François Fillon, le candidat de la droite et du centre.

Elle grimpe, elle grimpe, la cote de Benoît Hamon. « Petit » outsider au début de la campagne de la primaire de la Belle alliance populaire (BAP) pour les uns, candidat de second rang pour les autres, le député socialiste des Yvelines gagne des points dans les sondages d'opinion, au point d'être désormais un concurrent sérieux pour Manuel Valls et Arnaud Montebourg, les deux favoris du scrutin dont le premier tour sera organisé dimanche 22 janvier.

Il pourrait même être au second tour, le dimanche suivant. C'est ce qu'indique le sondage BVA-Midi Libre publié ce mercredi. Alors que la présence de Manuel Valls semble être assurée, le match entre Arnaud Montebourg et Benoît Hamon s'annonce serré, "si le sondage est conforme à l'état de l'opinion", explique BVA. "La qualification se joue dans un mouchoir de poche entre les deux anciens frondeurs du gouvernement", poursuit prudemment l'institut de sondage. Selon ce même sondage, il battrait - comme Arnaud Montebourg - Manuel Valls au cas où les deux hommes seraient les deux finalistes de la BAP.

Le plus net opposant à François Fillon

Dans le domaine économique, que propose l'ancien ministre de l'Economie sociale et solidaire puis de l'Education nationale de François Hollande ? Sans surprise, son programme est tout sauf libéral. Alors que Manuel Valls et Vincent Peillon teintent leurs plans de redressement de l'économie française de mesures qui prolongent la politique de l'offre lancée par François Hollande depuis 2014, Benoît Hamon ne fait pas de concession au libéralisme tel qu'il est porté et défendu par ses concurrents de la BAP. En clair, il est parmi les candidats à cette primaire celui qui s'oppose le plus nettement à François Fillon, le représentant officiel de la droite et du centre.

Quelques exemples ? Alors que François Fillon entend mettre fin aux 35 heures, Benoît Hamon entend organiser la baisse du temps de travail "par un droit inconditionnel au temps partiel accompagné d'une compensation salariale, et d'inciter financièrement les entreprises à valoriser la réduction du temps de travail, mesure pouvant être notamment financée par une réaffectation du CICE". "Les entreprises seront incitées à le faire selon des formes multiples (semaines de 4 jours, congé sabbatique, temps partiel)", poursuit-il dans son programme. Quant à la durée légale, elle sera maintenue à 35 heures, alors que François Fillon souhaite la porter à 48 heures au maximum.

Abroger la loi Travail, favoriser le mieux-disant

La loi Travail, péniblement lancée par l'actuelle majorité ? Benoît Hamon souhaite abroger le texte pour rétablir la hiérarchie des normes. L'idée du candidat Hamon est de faire en sorte que ce soit le code du travail qui continue de prévaloir sur les accords négociés par les branches et les entreprises, "sauf lorsque les accords apportent une protection supplémentaire aux salariés". De son côté, François Fillon ne considère la loi Travail que comme une étape vers un nouveau bouleversement du code du travail. Il veut le rebâtir sur ce qui relève des normes sociales fondamentales et renvoyer le reste des dispositions à la négociation en entreprise.

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Sans surprise, ces propositions irritent le patronat, qui devrait -au cas où Benoît Hamon serait élu ou, à défaut, arriverait à faire passer ses idées- se faire également à l'idée que le burn-out soit considéré comme une maladie professionnelle. Pour l'instant, sous la pression des organisations patronales, cette initiative a toujours été bloquée par le gouvernement.

L'industrie, autre point de divergence avec Fillon

Point de divergence entre le candidat socialiste et celui des Républicains, Benoît Hamon s'intéresse à l'industrie, lui. Alors qu'il faut attendre la page 302 de son ouvrage intitulé "Faire" pour connaître la "vision" de François Fillon en matière de politique industrielle, que le mot "industrie" est absent de son abécédaire des 50 mots qui comptent, le député de Trappes développe une série de mesures pour relancer, selon lui, l'industrie. Benoît Hamon propose ainsi notamment la mise en place d'une taxe sur les robots, contre laquelle s'insurge les industriels, "afin de financer notre protection sociale":

« Lorsqu'un.e travailleur.euse est remplacé.e par une machine, la richesse créée bénéficie essentiellement aux actionnaires. Je propose donc de taxer cette richesse - en appliquant les cotisations sociales sur l'ensemble de la valeur ajoutée et non plus seulement sur le travail - pour qu'elle finance prioritairement des mesures telles que le revenu universel plutôt que les dividendes. »

Un Etat stratège dans la transition énergétique

Il souhaite également que l'Etat joue un rôle de stratège pour enclencher la révolution énergétique qui permettrait notamment aux énergies renouvelables de représenter 50% de la production d'électricité d'ici à 2025, contre à peine 10% aujourd'hui.

Sur le même thème, qui mêle relance de l'industrie et développement durable, Benoît Hamon entend mettre la finance « au service de la transition écologique pour trouver les 60 milliards d'euros nécessaires sans attendre le bon vouloir du marché ». « J'instaurerai une TVA différenciée pour les produits à faible empreinte carbone afin de les rendre plus attractifs. Je rendrai la fiscalité incitative pour guider l'épargne des Français vers des investissements verts », indique son programme.

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On le voit, il existe donc beaucoup de points de divergence entre les deux programmes. C'est ce qui fait la richesse du débat républicain. Toutefois, un sujet les rassemble : la formation. Sur ce point, leurs propositions convergent, donnant la priorité au droit à la formation pour tous et au rapprochement entre la formation initiale et continue.

Fabien Piliu

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