Fillon : une opération de transparence nécessaire... mais sera-t-elle suffisante ?

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Le candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle a tenté lors d'une conférence de presse de faire taire les voix qui l'exhortent à renoncer après les révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme et de ses enfants.
"Tout cela était légal", a-t-il déclaré en reprenant point par point les accusations dont il est l'objet, estimant "parfaitement justifiés" les salaires versés alors qu'il était député ou sénateur, ajoutant que sa société de conseil n'avait jamais eu de clients russes.
Il reconnaît avoir donné des réponses "imprécises" lorsqu'il a été interrogé ces derniers jours sur les détails des travaux effectués et a mis ces erreurs sur le compte de l'émotion.
Il a réitéré ses accusations contre le pouvoir socialiste qui, selon lui, a seul le pouvoir d'organiser les fuites qui l'accablent, sans toutefois reprendre le terme de "coup d'Etat institutionnel" qu'il avait utilisé la semaine dernière.
"Le crime profite à ceux qui ne veulent pas du programme de rupture qui est le mien", a-t-il ajouté en estimant que les principaux bénéficiaires étaient ceux qui voulaient voir un second tour entre la présidente du Front national, Marine Le Pen, et le fondateur du mouvement "En marche!", Emmanuel Macron.
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DÉCLARATION DE SITUATION PATRIMONIALE DE FRANÇOIS FILLON
SALAIRES NETS MOYENS PERÇUS AU TITRE DE SON EMPLOI
COMME COLLABORATRICE PARLEMENTAIRE PAR
PENELOPE FILLON ENTRE 1986 ET 2013
François Fillon entend repartir en campagne dès mardi, avec, estime-t-il, le soutien de sa famille politique, comme le montre selon lui la présence des principaux camps de la droite et du centre à un comité de campagne convoqué dès lundi.
La semaine dernière, nombre d'élus et de ténors du parti Les Républicains (LR) n'hésitaient pas à envisager, publiquement ou en privé, son retrait et son remplacement par un autre candidat.
Conforté par la difficulté dans laquelle semblent être les ténors de son camp pour trouver un éventuel candidat de substitution sans déclencher une guerre des clans, François Fillon a amorcé sa contre-attaque ce week-end.
Il a ainsi fait distribuer trois millions de tracts dénonçant une "chasse à l'homme" et une "machination ourdie par des officines" pour empêcher sa candidature.
Il avait adressé vendredi soir un message vidéo à ses troupes sur Facebook leur promettant de "tenir bon", après avoir demandé aux parlementaires Les Républicains de lui donner quinze jours, le temps, selon lui, que l'enquête le blanchisse.
Selon une source proche de son équipe de campagne, il a également consacré le week-end à appeler les ténors du parti, les principaux présidents LR de région et ex-candidats à la primaire de la droite.
"Ça a contribué à en débrancher certains qui se sentaient pousser des ailes", dit-elle. L'allusion vise notamment Laurent Wauquiez, François Baroin et Xavier Bertrand, cités la semaine passée parmi les possibles candidats de substitution.
Alain Juppé, adversaire malheureux de François Fillon au second tour de la primaire, a pour sa part fermé une des pistes les plus logiques en réitérant son refus d'être un "plan B".
Le député Benoist Apparu, proche du maire de Bordeaux, a confirmé que François Fillon et lui s'étaient parlé ce week-end, notamment à propos du plan de riposte du candidat.
Les réactions dans le camp du candidat ont été plutôt positives face à cette "opération transparence", même si certains se sont montrés plutôt dubitatifs.
Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, a jugé « indispensable » cette conférence de presse :
Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, estime que « François Fillon a été direct, clair et grave »
L'opposition s'en donne à cœur joie. Pour Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français, "le bolide Fillon du lendemain de la primaire est victime d'une grosse avarie technique".
Pour candidat socialiste à l'élection présidentielle a estimé que François Fillon avait "choisi la stratégie la plus mauvaise" celle du déni.
François Fillon s'est avancé un peu imprudemment lors de la conférence de presse en assurant que la journaliste Kim Willsher aurait dit avoir été "choquée" par l'utilisation faite par l'émission Envoyé Spécial de son entretien de 2007 avec son épouse (entretien dans lequel elle assure n'avoir jamais été "l'assistante" de son mari). Le propos a été démenti dans l'heure sur Twitter par la journaliste.
Kim Willsher a aussi souligné n'avoir jamais téléphoné à M. ou Mme Fillon et ne pas avoir d'ailleurs leur numéro de téléphone.
La rédaction d'Envoyé Spécial s'est insurgée contre les propos de François Fillon.
"Kim Willsher maintient son soutien au reportage d'Envoyé Spécial, a indiqué sur Twitter la présentatrice de l'émission, Elise Lucet "Elle n'a pas téléphoné à Pénélope Fillon. Elle vient de nous le confirmer". Le directeur de l'information de France Télévisions Michel Field a aussi affiché sur Twitter leur soutien à l'équipe de l'émission de reportages.
Dans un article dans le Guardian, Kim Willsher a longuement raconté comment en 2007 elle avait interviewé Penelope Fillon pour le Sunday Telegraph, dont elle était alors correspondante. Elle souligne avoir retrouvé dans ses notes en sténo le verbatim de la déclaration de Mme Fillon qui disait "je n'ai jamais été réellement son assistante ni quoi que ce soit de ce genre".
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L'interview avait été filmée par un photographe pour le site du journal britannique et ce sont ces images, qui n'avaient pas été diffusées à l'époque, que Envoyé Spécial a montrées la semaine dernière.
(Avec Agences)
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