La présidentielle inquiète les salariés et les employeurs

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Une très forte proportion de chef d'entreprise (32%) et de salariés (30%) estime qu'aucun des candidats à la présidentielle est crédible pour relancer la croissance. Cependant, François Fillon est considéré comme le plus capable par 40% des chefs d'entreprise, devant Emmanule Macron (8%). Chez les salariés François Fillon arrive aussi en tête (14%), devant Emmanuel Macron (11%) et..Marine Le Pen (10%).
Une très forte proportion de chef d'entreprise (32%) et de salariés (30%) estime qu"'aucun des candidats à la présidentielle est crédible pour relancer la croissance. Cependant, François Fillon est considéré comme le plus capable par 40% des chefs d'entreprise, devant Emmanule Macron (8%). Chez les salariés François Fillon arrive aussi en tête (14%), devant Emmanuel Macron (11%) et..Marine Le Pen (10%). (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
63 % des salariés et 51% des chefs d'entreprise ressentent un sentiment d'inquiétude en pensant à l'élection présidentielle, selon un sondage Cesi-Le Figaro-Ipsos.

Signe des temps et du pessimisme ambiant, l'élection présidentielle à venir a davantage tendance à déclencher un sentiment d'inquiétude que de l'espoir chez les salariés et les chefs d'entreprise. C'est ce qui ressort de la 11ème vague des résultats de l'enquête menée régulièrement par l'Observatoire social de l'entreprise, réalisé par Ipsos pour le compte du Cesi (groupe d'enseignement supérieur et de formation professionnelle,) en partenariat avec le Figaro. Certes, du côté employeurs, la volonté de réforme est toujours là. Ainsi, ils sont encore 58% à plaider pour une réforme en profondeur des règles qui s'appliquent aux entreprises et aux salariés (Code du travail, financement des retraites et de la protection sociale). Il n'en reste pas moins que ce nombre est en forte décrue depuis la dernière vague de 2015 avec une chute de 9 points. Selon Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, il faut sans doute interpréter ce reflux à la lumière des évènements qui se sont produits à l'occasion du vote de la loi El Khomri. Les chefs d'entreprise craignent que de nouvelles réformes conduisent de nouveau à de l'agitation. Du côté des salariés, la méfiance prévaut. Ils sont 44% à craindre d' « avoir plus à perdre qu'à gagner » d'éventuelles réformes.

Un sentiment de d'inquiétude et de méfiance

Et c'est peu dire que l'élection suscite de la crainte, notamment chez les salariés où la défiance à l'égard de la classe politique atteint des records, et où il existe un fort sentiment « de ne pas être représenté ». Le tableau est donc particulièrement sombre côté salariés. Ils sont 63% à mettre en avant une impression "d'inquiétude" vis-à-vis de cette élection. Viennent ensuite « la méfiance » (54%) et la "résignation" (34%). Le premier sentiment positif « l'espoir » n'arrive qu'en quatrième position (22%) dans la hiérarchie.

Chez les chefs d'entreprise, l'état d'esprit est cependant un peu meilleur. Certes, 51% ressentent un sentiment d'inquiétude quand l'on évoque l'élection présidentielle mais « l'espoir » arrive en deuxième position avec 42% des citations, ex-aequo avec la méfiance. « L'espoir » est en tête dans le secteur des services mais en retrait dans l'industrie (28%) et le bâtiment (33%).

Les chefs d'entreprise placent la fiscalité en numéro un des réformes à mener

Interrogés sur les thèmes prioritaires qui doivent marquer le prochain quinquennat, les chefs d'entreprise sont 69% à placer en tête la fiscalité, loin devant le chômage (31%), l'âge du départ à la retraite (28%) ou la durée hebdomadaire du travail (25%).

Pour les salariés, les priorités sont plus variées. La rémunération arrive en tête (50%). Puis viennent l'âge de la retraite (39%) et la sécurité de l'emploi (36%) et le chômage (35%).

Par ailleurs, l'enquête a soumis aux chefs d'entreprise et aux salariés un certain nombre de réformes pour savoir si, selon eux, elles permettraient de relancer la croissance et l'emploi. Une réforme de l'assurance chômage - proposée notamment par François Fillon - permettant la réduction des allocations est jugée très efficace par 75% des chefs d'entreprise, tout comme la suppression des 35 heures laissant le choix aux partenaires sociaux de négocier le temps de travail (72%) et la revalorisation de l'accord d'entreprise comme norme prioritaire (67%).

Bien entendu, du côté des salariés il y a davantage de réticences mais pas une fermeture totale. Ainsi, l'idée de faire de l'entreprise l'échelon prioritaire du dialogue social est considérée comme efficace par 66% des salariés, même s'ils ne sont que 36% à le souhaiter réellement. De même, le contrat de travail unique ou le travail du dimanche sont perçus comme étant des mesures efficaces par 62% des salariés... mais, il ne sont qu'un peu plus d'un salarié sur trois a réellement souhaiter que ces mesures soient mises en place. En revanche, toucher aux 35 heures ou retarder l'âge de la retraite ne sont pas des idées qui emportent l'adhésion d'une majorité.

Fillon préféré des Chefs d'entreprise... et des salariés

Salariés et chefs d'entreprise ont aussi été interrogées sur la personnalité présente à l'élection présidentielle, qui semblait la mieux à même de relancer la croissance. Et là, on mesure à quel point le scepticisme prévaut. 32% des chefs d'entreprise et 30% des salariés ont déclaré qu'aucun candidat ne trouvait grâce à leurs yeux... On mesure la défiance. François Fillon est celui qui est jugé le plus convaincant par les chefs d'entreprise, devant Emmanuel Macron (8%) et Marine Le Pen (4%). Du côté des salariés, l'éventail est plus resserré avec François Fillon qui arrive en tête (14%), devant Emmanuel Macron (11%) et Marine Le Pen (10%). Suivent Jean-Luc Mélenchon (5%) et Manuel Valls (4%)... C'est vraiment la grande déprime devant l'offre politique.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2017 à 6:43 :
Le diagnostic annoncé sur la popularité de M.Fillon auprès des salariés mérite d'être nuancé puisque beaucoup de dirigeants d'entreprises sont salariés pour bénéficier de la sécurité sociale et de la retraite sans passer par le RSI.
a écrit le 18/01/2017 à 14:46 :
Il serait intéressant de connaître l'échantillonnage de ce sondage. S'il s'agit de lecteurs du Figaro, véritable "pravda" de l'UMP devenu les républicains, quoi de plus normal.
a écrit le 18/01/2017 à 8:42 :
Encore un sondage réalisé sur commande du Figaro, tribune officiel des Républicains, et pour cause...Les sondés feraient bien de prendre le temps de lire le programme de M.Fillon (dans le texte et non dans sa propagande). Connaissant la psychorigidité notoire de ce candidat pyromane qui n'écoute que lui ou ses mandants, ils seront ce qui les attend : chaos dans la rue et paralysie du pays, explosion du chômage et des déficits, le tout sous le regard bienveillant de l'Allemagne qui n'aura plus qu'à porter l'estocade, comme en Grèce.
a écrit le 18/01/2017 à 7:54 :
A Selane.
Vous faites erreur. La formule est de chirac a l'encontre du bismuth.
chirac n'a pas laisse pas une grande empreinte, mais il etait au dessus de sarko, et de loin.
a écrit le 17/01/2017 à 18:25 :
"Du côté des salariés, l'éventail est plus resserré avec François Fillon qui arrive en tête (14%)"

Ah ,une bonne retraite à 65 ans ,il n'y a rien tel.Ils feraient mieux de se désigner tout de suite à la CNAV les 14% ,on gagnerait du temps.
a écrit le 17/01/2017 à 17:40 :
"Les chefs d'entreprise craignent que de nouvelles réformes conduisent de nouveau à de l'agitation".

D'autant que Fillon a annoncé mettre la version 1 ( la version hard) de la loi El Khomri dès son élection ,il a déjà l'appui de Larcher et du sénat de droite.
a écrit le 17/01/2017 à 17:07 :
Je ne vois pas "le pessimisme ambiant" comme une défiance, mais plutôt comme le fait que les gens commencent à réaliser qu'il faut totalement changer de système et de dirigeants :-)
Réponse de le 17/01/2017 à 22:47 :
"Il faut totalement changer le système", vous cherchez des solutions à des problèmes imaginaires!

Il faut continuer la voie du progrès en renforçant la protection sociale et en assurant une transition écologique.

Mais si changer le système c'est reculer de 100 ans, il y a de quoi être inquiet!
a écrit le 17/01/2017 à 16:09 :
M.Fillon!!!
Voila un politique qui n'a jamais connu,les tourments de l'emploi.
40 ans d'attache parlementaire ,voila sa carrière et vous voulez en faire un président???
souvenez vous de la formule de M.Sarkozy,je décide,il exécute.
Réponse de le 18/01/2017 à 14:54 :
Pourquoi vous inquiétez?les médias inféodés à ses bailleurs de fonds ne cessent de nous le vendre comme un génie. Aucun descriptif précis de sa scolarité surement prestigieuse.
a écrit le 17/01/2017 à 15:08 :
normal que les actifs de ce pays soient inquiets ;ceux qui nous dirigent n'ont pour la plupart d'entre eux jamais connu le monde du travail et n'ont grassement vécu que de politique , notre pays en paie le prix aujourd'hui
a écrit le 17/01/2017 à 13:58 :
Sachant que les salariés c'est 40 millions de gens et les chefs d'entreprise c'est 400000.

Et on traite leurs opinions d'égal à égal pourtant... "Que vous soyez puissant ou misérable..."
a écrit le 17/01/2017 à 13:58 :
Inexorablement le fossé se creuse entre les "classes", entre ceux qui veulent toujours payer moins d'impôts et ceux qui ont besoin de ces impôts pour vivre, ne serait-ce qu'au jour le jour.
Le contrat social entre les classes "inférieures" et"supérieures" est quasiment mort.
Les tensions ne vont que s'exacerber, ce qui conduit toujours à la contestation, puis à la violence. Dans un Monde déstabilisé par Trump, le Brexit, Poutine, la Chine, les populismes de tous poils...La guerre rôde.
Réponse de le 18/01/2017 à 8:05 :
En tant que contribuable en milliers d'euros je ne conçois pas de ne pas payer d'impôts pour aider ceux qui pour diverses raisons sont en souffrance mais également pour améliorer le bien commun, écoles, hôpitaux etc, par contre je peste contre les dépenses politiques comme trop d'élus, trop de communes, trop d'agences d'état, les petits arrangements type réserves parlementaires, les conseils pour planquer les amis genre Conseil Economique Social et environnemental, le manque de contrôle fiscaux, sociaux .... Je suis pour que chacun puisse vivre au mieux des moyens de notre pays mais pas pour distribuer au gré du bon vouloir politique qui est par son pouvoir le premier créateur non pas de richesse mais de misère, qu'il soit de droite ou de gauche deux désignation ridicules et sans fondement économique et sociétal. Bonne journée.
a écrit le 17/01/2017 à 13:50 :
Une présidentielle dont le programme est prémâche par les traités signés et par la commission européenne gardienne du dogme! Rien de réjouissant!
a écrit le 17/01/2017 à 10:56 :
Il faut faire une distinction entre la production (les entreprises) et la consommation (les ménages). Il faut rechercher un équilibre, progressivement, en réduisant le cout du travail et en augmentant le prix de l'énergie, à niveau constant. Qui peut nous l'expliquer? C'est écrit dans la note n°6 du CAE.

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