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ÉconomiePrésidentielle 2017

"La société civile reste mobilisée derrière François Fillon"

Photo de Fabien Piliu

Propos recueillis par Fabien Piliu

Publié le 03 mars 2017 à 08:57 - Mis à jour le 03 mars 2017 à 12:59

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Dans un entretien accordé à La Tribune, juste après l'annonce par François Fillon de maintenir sa candidature à l'élection présidentielle, Pierre Danon, le président du Conseil National de la société civile de son équipe de campagne fait un point sur la situation actuelle et sur le rôle joué par la société civile.

LA TRIBUNE - François Fillon a décidé de maintenir sa candidature à l'élection présidentielle. Dans son camp, cette décision a provoqué certains départs. À chaud, quelle est la réaction de la société civile ?

PIERRE DANON - Elle est en colère. Les gens sont dégoutés par cet acharnement médiatique contre leur candidat.

Dégoutés par quoi ?

La société civile qui se mobilise aux côtés de François Fillon, c'est 2.500 comités locaux, soit plus de 20.000 personnes. Pour certaines d'entre elles, cet investissement dure depuis de nombreuses années. Ils ont l'impression qu'on leur vole leur campagne.

Ils continuent donc de soutenir François Fillon ?

Bien entendu, et ce, pour une raison simple : ils ont l'intime conviction que c'est le seul candidat qui a tenu compte de leurs avis pour élaborer son programme et que c'est le seul qui est en mesure de mettre en place des réformes ambitieuses dont la France a besoin. Entre un candidat qui propose de poursuivre la même politique que celle menée lors du quinquennat actuel et un saut dans l'inconnu, ils font le choix de François Fillon.

Samedi, François Fillon organise un grand meeting à Aubervilliers pour mettre en avant le rôle joué par la société civile. Vous ne craignez donc pas de défection ?

Absolument pas. Je le répète : la mobilisation reste forte. Nous pensions accueillir 2.000 personnes. Selon nos estimations, plus de 2.500 personnes seront présentes.

Quelle société civile se mobilise pour François Fillon ?

Les personnes, hommes et femmes, qui participent à nos ateliers thématiques viennent d'horizons très divers. Des agriculteurs, des cadres, des professions libérales, des entrepreneurs, des fonctionnaires, sont derrière nous.

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Pendant la campagne, comment avez-vous fait pour entraîner la société civile avec vous ?

Nous avons commencé par des réunions classiques, sans peu de succès, il faut l'admettre. C'est lorsque nous avons lancé des auditions thématiques, notamment sur l'agriculture, la défense, la santé..., que la mayonnaise a prises. Cette méthode nous a enseigné une chose : les citoyens en ont soupé des cours magistraux, des discours sans thème précis. Ils veulent des réponses à leurs questions.

Plusieurs mouvements se sont organisés pour donner les clés du pouvoir à la société civile, notamment les Zèbres d'Alexandre Jardin et Nous citoyens de Denis Payre. Les avez-vous contactés ?

Nous avons eu des contacts, mais leurs propos étaient trop radicaux pour nous. Nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde. Je ne pense pas que la société civile puisse seule conduire le pays. Même si la classe politique, de droite et de gauche, et l'administration sont responsables de la situation économique et budgétaire actuelle, je ne crois pas qu'il faille les écarter du pouvoir. Renverser les tables est, à mon sens, une mauvaise stratégie. J'ai mené de nombreuses restructurations d'entreprises, notamment British Telecom ou Xerox. J'ai appris une chose. Pour permettre à une entreprise de repartir sur des bases saines, il est illusoire de penser que l'on peut tirer un trait brutal sur ce qui a fait sa force jusqu'ici. Il n'est pas non plus question de se reposer sur ce seul atout. Il s'agit de marier intelligemment l'expérience des uns avec le potentiel des autres. Sinon, la casse sociale est assurée...

Donc, concrètement, comment travaillez-vous avec la société civile ?

Nous avons relayé leurs propositions auprès des parlementaires, et d'experts qui nous soutiennent pour en étudier la faisabilité, l'impact éventuel. Certaines idées sont justes et réalisables, d'autres ne le sont pas.

Peut-on imaginer des membres de la société civile au sein du gouvernement de François Fillon ?

Bien entendu. Je n'imagine pas que François Fillon puisse confier le poste de Haut-commissaire au numérique à quelqu'un qui n'est pas une solide expérience dans le domaine.

Propos recueillis par Fabien Piliu

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