Quelles ambitions pour SACOI3, la liaison électrique qui va relier la Corse et la Sardaigne ?
Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Le projet SACOI3 prévoit deux nouvelles lignes électriques. L'une sera souterraine et l'autre, sous-marine.
Reuters
Prévue pour une livraison fin 2029, la ligne électrique qui relie l’Île de Beauté à la Sardaigne en passant par la Toscane entrera en phase de travaux au deuxième trimestre 2024. Cette infrastructure portée conjointement par EDF et son homologue italien Terna, remplacera la ligne actuelle. Outre la consolidation de l’alimentation de la Corse, c’est le doublement de la capacité de soutirage de la station de Lucciana qui est l’un des éléments fondamentaux de cet ouvrage, dont l’investissement total s’élève à 1,5 milliard d’euros.
Comme tout projet de cette envergure, la nouvelle liaison électrique SACOI3 prend du temps pour devenir une réalité. Inscrit dès 2015 dans la programmation pluriannuelle de l'énergie de la Corse, passée par la case concertation et enquête publique (respectivement de 2019 à 2022, puis en 2023), ce projet constitue la troisième version de la ligne SACOI.
Celle-ci est née de la collaboration et de la solidarité énergétique entre la France et l'Italie en 1964 et qui, alors qu'elle reliait la péninsule à la Sardaigne en passant par la Corse (mais sans la desservir), a fini par se raccorder à la station de Lucciana en 1986.
Et comme toute infrastructure qui traverse le temps, cette liaison électrique est devenue vétuste, réclamant des travaux adéquats. Des travaux qui, annonce EDF, vont devenir réalité - pour ce qui concerne la station de Lucciana - dès le premier trimestre 2025, avec une livraison définitive de l'ouvrage fin 2029.
Doublement de capacité
Au total, le chantier prévoit la construction de trois nouvelles stations de conversion en Corse, en Sardaigne et en Italie, celle de deux lignes électriques nouvelles alors que la liaison aérienne entre Lucciana et Bonifacio (soit 292 km) sera également renforcée par de nouveaux câbles. Les deux nouvelles lignes électriques seront pour l'une souterraine - sur 23 kilomètres - et pour l'autre, sous-marine, sur 120 kilomètres.
Mais ce sont bien les trois nouvelles stations de conversion - ces stations qui permettent de convertir le courant alternatif en courant continu ou vice-versa - qui constituent le point névralgique du projet, puisqu'elles vont être dotées de capacité de puissance augmentée. Ainsi, la station corse, basée à Lucciana va-t-elle voir sa capacité être multipliée par deux, pour passer de 50 MW à 100 MW, alors que la capacité totale de la ligne va atteindre 400 MW contre 300 MW précédemment. C'est EDF qui gèrera la construction de la station française, Terna prenant en charge celles de Codrongianos en Sardaigne et de Suvereto en Toscane. Les anciennes stations seront ensuite déposées.