Réarmer sans creuser le déficit : l'équation à 150 milliards d'euros de Bayrou
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le Premier ministre François Bayrou.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le Premier ministre François Bayrou.
Reuters
François Bayrou va-t-il réussir à surmonter l'« Himalaya budgétaire » ? Pendant que l'Allemagne a annoncé un « bazooka » financier pour mettre fin à des décennies de sous investissement, la France reste plongée dans un marasme comptable. Face à la Commission des finances du Sénat cette semaine, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé que le solde des finances publiques projeté à 6 % en 2024 pourrait être « légèrement meilleur que prévu ». Un léger répit qui devrait être confirmé par la publication des comptes nationaux de l'Insee le 27 mars prochain.
Devant les sénateurs, la ministre a réaffirmé l'objectif de parvenir à 3 % de déficit en 2029 malgré « l'effort de défense accru ». La montée des tensions sur le Vieux Continent va, en effet, pousser l'exécutif à augmenter la commande publique auprès des industriels de la Défense. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu a estimé que l'effort de dépense militaire devait passer de 2 % à 3,5 % du PIB. Cette montée en cadence aura forcément un impact sur les objectifs budgétaires à moyen terme de l'exécutif, même si Bercy compte sur les banques et la finance pour amorcer la pompe.
À lire également
Avant l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et la résurgence des menaces sur le sol européen, les économistes avaient calculé que la France devait réaliser un effort d'environ 100 milliards d'euros d'ici 2029 pour respecter les nouvelles règles budgétaires européennes. Compte tenu des dépenses à venir, « il faut aller chercher 45 milliards d'euros de plus que dans le scénario du gouvernement pour revenir à 3 % de déficit public à horizon 2029 si on monte les dépenses militaires de 2 % à 3,5 % du PIB », prévient Anthony Morlet-Lavidalie, économiste responsable France chez Rexecode. Un montant confirmé par l'économiste de l'OFCE, Mathieu Plane.