Nigeria : la Banque centrale injectera plus de dollars sur le marché
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
La Banque centrale du Nigeria (CBN) vient de rendre officielle sa stratégie pour faire remonter la valeur du naira vis-à-vis du dollar. Les autorités bancaires ont décidé d'injecter quelques millions de dollars par semaine sur le marché. A en croire son top management, la CBN va désormais allouer chaque semaine et de façon régulière la somme de 1 million de dollars à chacun des 21 prêteurs commerciaux agréés du pays, à un taux de change de 375 nairas contre 1 dollar. Cette initiative devrait permettre de résorber le marché noir du change, et de faire redescendre le cours du dollar ce marché parallèle à 380 nairas, soit le tarif pratiqué par les firmes internationales spécialisées dans le transfert d'argent au Nigeria. Une décision qui a provoqué l'ire des 3.000 bureaux de changes agréés de petite envergure.
D'après les médias nigérians, alors que la banque leur allouait autrefois chaque semaine 8.000 dollars, cette nouvelle mesure privilégie les prêteurs commerciaux de grande taille. En réaction, au lieu de fléchir, le dollar est passé de 516 nairas le vendredi à 520 nairas dans la journée de lundi sur le marché noir. Il s'agit d'une énième mesure de la CBN pour réduire l'écart dysfonctionnel entre le taux de change officiel et celui officieux, devenu plus avantageux. A en croire Yvonne Mhango, économiste au cabinet Renaissance Capital, cette nouvelle opération, à l'instar de celle des 2,83 milliards de dollars récemment alloués aux secteurs critiques de l'économie, ne devrait résoudre que partiellement le problème. Le Nigeria fait face à une demande de 4 milliards de dollars au total.
C'est depuis 2014 que le Nigeria fait face à la crise pétrolière. Impactés par cette crise, les canaux officiels du pays connaissent une pénurie de change en raison des difficultés économiques. Les réserves de devises étrangères du pays ont ensuite fondu et la Banque centrale s'est laissée aller à certaines mesures visant à restreindre l'accès aux devises et à en maîtriser l'allocation. Une décision qui est intervenue alors que le Nigeria a refusé de laisser flotter sa monnaie, maintenant un taux de change fixe, ne tenant pas compte des avis des experts.
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Face justement au refus de laisser flotter sa monnaie, le pays a assisté à une explosion du marché noir, vers lequel, les personnes physiques et morales qui n'arrivaient plus à avoir accès aux devises étrangères via les voies officielles se sont tournées. Une situation qui a conduit à l'existence d'un taux officiel et d'un taux officieux. Ce dernier devenant de plus en plus réel que le premier.
Emmanuel Atcha