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Economie - La Tribune AfriqueStratégies - La Tribune Afrique

Le Maroc n’a plus besoin de la Ligne de précaution et de liquidité du FMI

Photo de Amine Ater

La Tribune Afrique

Publié le 30 janvier 2018 à 14:01 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:23

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Le Maroc ne compte pas renouveler la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 3,47 milliards de dollars accordée par le FMI qui devrait prendre fin dès juillet prochain. Rabat dispose de cette ligne depuis 2011 qui a été renouvelée deux fois sans que l’exécutif n’y ait jamais recours. Le ministère des Finances comme la Banque centrale, forts du démarrage sans encombre de nouveau système de change, pourraient solliciter une ligne flexible au lieu de la LPL.

Le Maroc ne cherchera pas à renouveler sa ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 3,47 milliards de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI) dont l'échéance est arrivera en juillet prochain. Il n'empêche que Rabat pourrait chercher à conclure un autre arrangement avec l'institution financière.

Passer de la LPL à une ligne flexible

Sollicitée par le gouvernement marocain en 2011, au milieu de l'incertitude politique suscitée par le printemps arabe qui a secoué tous les gouvernements de la région, la LPL a été renouvelée deux fois par les autorités marocaines sans pour autant y avoir jamais recours. Pour Mohamed Boussaid, ministre des Finances, cette ligne de précaution aurait permis à l'exécutif de mener des réformes difficiles, notamment la libéralisation du régime de change.

Pour le ministère des Finances, le démarrage effectif et sans encombre du nouveau régime de change le 15 janvier dernier fait que la ligne de liquidité existante n'est plus nécessaire. « La facilité a rempli sa mission et il n'y a aucune utilité à la renouveler car le cadre macroéconomique et les indicateurs sont satisfaisants. Mais cela ne signifie pas que la bonne relation que nous avons avec le FMI ne devrait pas continuer », a expliqué le ministre des Finances à la presse, en marge d'un événement organisé par le FMI à Marrakech.

Du côté de Bank Al Maghrib (BAM), la Banque centrale, son gouverneur partage l'avis de l'exécutif sur la LPL, tout en signalant que le glissement du dirham vers un ancrage plus souple devrait permettre de qualifier le Maroc pour une ligne de crédit flexible, « conçues pour des économies plus fortes ». Pour l'heure, ni le ministère des Finances, ni la Banque centrale n'ont officiellement sollicité du FMI une nouvelle facilité, une fois l'échéance de la LPL terminée.

Après la réforme du régime de change, la chasse aux subventions s'annonce

La Ligne de précaution et de liquidité est pour rappel, un mécanisme de financement destiné à soutenir le pays bénéficiaire en cas de déséquilibre de la balance des paiements. Les Etats éligibles à la LPL doivent selon le FMI avoir des politiques économiques saines et conçues comme un filet de sécurité. L'objectif pour le Maroc est d'être éligible à la ligne de crédit flexible que l'institution financière réserve aux pays disposant de « fondamentaux et d'antécédents politiques très solides ».

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Rabat maintient par ailleurs le suspense, sur un possible recours au marché obligataire international. Pour l'heure le ministère des Finances a fait de la réduction du ratio de la dette au PIB sous la barre des 60% en 2021, contre les 64,7% enregistrés en 2017, une priorité. Un chantier qui devrait passer par l'élimination progressive et sélective de subventions, notamment celles sur le sucre. Une action qui sera applaudie par les institutions financières internationales, mais qui risque de provoquer des tensions sociales, vu l'hostilité de l'opinion publique à ce genre de mesures.

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Le FMI s'est de son côté, montré enthousiaste quant au nouveau système de change marocain, qui pourrait rendre son économie plus attrayante pour l'investissement. « C'est une réforme qui va dans la bonne direction. Cela permet au Maroc d'être plus attractif pour les investisseurs et de jouer pleinement son rôle de centre financier régional », a précisé Jihad Azour, directeur du département FMI pour la région MENA, en marge de la conférence organisée par l'institution à Marrakech.

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