A Madrid et Barcelone, les Indignées prennent le pouvoir

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Premières victoires électorales Podemos issu du mouvement des Indignés espagnols
Premières victoires électorales Podemos issu du mouvement des Indignés espagnols (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Samedi, Madrid, la capitale espagnole est passée à gauche avec l'élection de l'ancienne juge Manuela Carmena, 71 ans, portée par le mouvement des "indignés" et Podemos. A Barcelone, c'est également une indignée qui a été élue.

Madrid, la capitale espagnole est passée à gauche samedi avec l'élection de l'ancienne juge Manuela Carmena, 71 ans, portée par le mouvement des "indignés" et Podemos.

L'ex-magistrate a obtenu la majorité absolue des 57 conseillers: 29 élus ont voté pour elle lors d'une très solennelle séance chargée de suspense, le vote étant secret et certains redoutant des revirements de dernière minute.

A la lecture de son nom, des "hourras" ont retenti dans la salle du Conseil, dans un patio de quatre étages, d'où ses partisans ont scandé "Si se puede!" ("c'est possible"), cri de ralliement des "indignés".

Ancienne juge et militante communiste

Pablo Iglesias, le chef du parti de gauche radicale Podemos, faisant partie de la liste "Ahora Madrid" avec les formations Equo (écologistes) et Izquierda unida (écolo-communiste), au côté de la plateforme citoyenne Ganemos Madrid, était aussi présent et a applaudi.

L'ancienne juge, militante communiste pendant sa jeunesse, dirige désormais une ville qui fut bastion de la droite pendant 26 ans: 24 ans entre les mains du Parti populaire et deux de la formation UCD (droite).

Elle est arrivée deuxième derrière Esperanza Aguirre du Parti populaire, mais le Parti socialiste a accepté de la soutenir au nom du "changement" dans la capitale espagnole meurtrie par la crise et gangrenée par les affaires de corruption.

"Nous sommes au service des citoyens de Madrid. Nous voulons gouverner en les écoutant. Qu'ils nous appellent par notre prénom et nous tutoient", a dit Manuela Carmena avant d'évoquer l'histoire de "Julia, 63 ans", une dame "en rose" croisée à la Puerta del Sol et qui lui a raconté sa dure vie avec 300 euros par mois.

Les partisans de Manuela Carmena retenaient leur souffle encore samedi matin, par crainte de ne pas la voir accéder au poste de premier magistrat de la ville.

Ils évoquaient le "tamayazo", lorsque, en 2003, le Parti socialiste a perdu la possibilité de gouverner la région de Madrid à la suite de la trahison surprise de deux députés régionaux transfuges.

Esperanza Aguirre, arrivée en tête avec 44.000 voix de plus, a appelé les conseillers à faire preuve de responsabilité, pour les Madrilènes et les Espagnols, alors que certains investisseurs s'inquiètent de l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale: "Nous sommes la première vitrine de notre la nation", a-t-elle dit.

Les premières décisions de Manuela Carmena s'adresseront aux enfants pauvres, pour leur garantir deux repas par jour, et aux personnes menacées d'expulsion de leurs logements.

La ville de trois millions d'habitants, dont le centre historique rénové attire de plus en plus de visiteurs, souffre d'un taux de chômage de 16%, meurtrie par la crise.

Barcelone vire aussi à gauche

A Barcelone, c'est Ada Colau, une militante anti-expulsion qui gagne la mairie. Un tiers de la population du port sur la Méditerranée de 1,6 million d'habitants à l'architecture moderniste est au bord de l'exclusion sociale.

La liste d'Ada Colau "Barcelona en comu" a obtenu 11 sièges sur 41 contre dix pour celle du maire sortant Xavier Trias, un conservateur nationaliste, et cinq pour Ciudadanos (centre droit). Les indépendantistes catalans d'ERC et les socialistes la soutiennent également.

La militante entend aussi mettre en œuvre un plan de choc contre les inégalités.

Ailleurs en Espagne la gauche dirigera d'autres grandes villes dont Valence, dans l'est, ou Séville.

Globalement, lors des régionales et municipales du 24 mai, le Parti populaire au pouvoir a perdu dix points, restant premier avec 27% des suffrages mais au coude à coude avec les socialistes. Podemos est troisième.

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy, a promis des changements au sein du PP et du gouvernement. Objectif: garder une solide majorité lors des législatives de novembre.

Podemos, né en janvier 2014, sera d'ici là jugé sur pièce, dans les mairies où il a des conseillers.

"Notre objectif principal est de gagner les élections générales", a souligné M. Iglesias devant la mairie.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2015 à 22:23 :
Si il avait des Indignés en France, comment s'appelleraient-ils ? "Les Désignés" ? "Les Mi-Indignés" ? "Les Alignés" ? "Les Non-alignés" ? "Les Rechignés" ? ....
a écrit le 14/06/2015 à 20:37 :
Au moins deux nouveaux conseillers municipals "indignés" (gauche radicale Podemos) ont écrit des commentaires sur twitter, la plupart recents, pas seulement antisemites, mais aussi ridiculisant les assasinés et mutilés par le terrorisme (ETA) et menaçants leurs rivaux:

"... Juifs dans une voiture? Dans le cendrier..."
"... fermer le cimetiére d'Alcaser (petites filles assassinées) pour eviter que mutilée cherche des os..."
"... essayer de torturer et tuer Gallardón (Partido Popular)"
"... prendre feu aux banques...", etc.

http://listas.hazteoir.org/12all/images/admin/Concejales-Madrid.jpg
a écrit le 14/06/2015 à 19:59 :
prendre le pouvoir avec les poches vides lol.

quel est le programme au fait ?
a écrit le 14/06/2015 à 17:05 :
Dur va être le réveil, si il n'y a plus d'argent à prendre aux autres !
a écrit le 14/06/2015 à 11:10 :
Les Grecs sont un peuple debout et pour l'instant, ceux qu'ils ont élu ne les trompent pas.
Les Espagnols sont aussi un peuple qui se lève en plaçant leur espoirs dans des personnes, des organisations autres qu'inféodées au libéralisme Bruxellois. Ces deux peuples n'ont plus rien à perdre, vu le niveau de ce qu'ils ont perdu. Podemos au pouvoir ce serait la Grèce x10...Une autre Europe...ou plus d'Europe du tout. Ceci dit une Europe telle qu'actuelle, anti-démocratique, néo-libérale, contre les peuples et dont la monnaie est au service exclusif des Allemands n'est pas très attrayante.
Réponse de le 14/06/2015 à 11:32 :
Pourquoi ce ne serait plus d'Europe.
Au contraire, ce serait une vrai Europe, celle des peuples, non plus celle du pouvoir autoproclamé !
a écrit le 14/06/2015 à 10:56 :
C'est une tres bonne chose et il faut esperer que ce mouvement s amplifie a toute l europe
L ideal serait un pouvoir autoritaire et radical....avec la creation de tribunaux revolutionnaires charge de nous debarrasser des "createurs de richesses" et autresfinanciers vereux et de leurs fideles proselytes que sont les economistes liberaux, charlatans d une peudo science....inutile de ressortir la guillotine, un aller simple pour le R.U
ou les E.U. devraient suffire.
Réponse de le 14/06/2015 à 12:43 :
Mais bien sûr! Mettez les créateurs de richesse dehors, et distribuez le peu qui reste au peuple. Succès assuré!
Réponse de le 15/06/2015 à 21:11 :
Créateur de richesse! tout de suite les grands mots.
De ce que j'ai lu de leur programme, ce sont surtout les spéculateurs immobiliers, les petites et grandes magouilles entre copains et au frais des contribuables qui sont dans le collimateur.
a écrit le 14/06/2015 à 8:50 :
Pauvres villes ! Des dirigeants pleins d'illusions gauchistes qui vont mener au pire. La question n'est pas de prendre des postures mais d'investir et travailler pour produire. Ces gens vont vouloir taxer, distribuer et ils vont ruiner. Pas de capital, pas d'emplois !!!! Le jour où les socialo-marxistes comprendront ça, le monde sera meilleur. L'Europe du sud incluant la France, crèveront de leur socialisme.
Réponse de le 14/06/2015 à 10:26 :
D après vous ils vont mourir ; acceptait de penser qu ils ont choisi la posture debout . Et ils pourraient vivre comment , en acceptant le libéralisme financier de Bruxelles comme les filles de DSK . Il n est point besoin de répondre bonne journée à vous .
Réponse de le 14/06/2015 à 10:40 :
Le léger souci, Suivant, est que maintenant, tout le monde se rend compte de la féodalité entrainée par l'argent...
Réponse de le 14/06/2015 à 10:55 :
@suivant
Pour l'instant le Monde des petites gens, de ceux qui n'ont pas de capital crève du libéralisme. Le Monde sera meilleur le jour où le capitalisme jouera son vrai rôle, celui de créer des richesses pour tous et pas seulement pour le rendement de ceux qui possèdent le capital. Si vous ne comprenez pas cela, vous aurez de plus en plus de ceux que vous nommez avec dédain des"socialo-communistes", dont le seul désir est de vivre correctement. Que l'écart se creuse et vous aurez des révolutions, des guerres civiles. Avec des morts bien sûr.
a écrit le 13/06/2015 à 23:25 :
Nous voyons qu’un nouveau mouvement émerge dans des pays à fort chômage. N’est-il pas normal de proposer des réformes dans une Europe où il ne se passe rien, le chômage reste durablement élevé et le pib par habitant est en baisse alors qu’on fait la promotion des bulles pour dévaster la société. On pourrait imaginer un paiement de droits dès 18 ans de 750 euros alors qu’il n’existe pas de revenu avant 25 ans. Pour le chômage pourquoi ne pas faire 6 millions de pré-retraites et un remboursement dette avec les dettes cachées… les retraites sont-elles financées alors qu’on parle de baisses ? Ne fait-on pas une Europe de type Mussolini fascisante socialement et naze. A quand une politique de l’offre alors qu’on relance l’import et le chômage ? Pourquoi ne pas faire une politique d’alimentation de qualité et de logement ? Pourquoi ne pas proposer une révision du point alors qu’on dit que les salariés auraient moins que les fonctionnaires. On trouve des vendeurs à 1530 net, des professeurs ma 2 en bac+5 à 1486,32 brut, des hotesses de l’air à 2660 net, le mérite c’est quoi ? On entend dire qu’on importe pour 20 milliards de gazole et qu’on ferme des raffineries… alors on ne sait pas faire, on devient bêtes sous un dirigeant naze, on a des boulets aux pieds ou bien on n’est pas compétitifs ? N'est-on pas jobards en économie avec du pain et des jeux?
a écrit le 13/06/2015 à 20:58 :
Qui peut croire que les nouveaux arrivants ne vont pas se heurter aux réalités économiques, les dettes, et la nécessité de budgets équilibrés? Il y a à l'évidence deux problèmes: la perte de confiance de la part des décideurs économiques (avec les impacts désastreux sur les investissements), et l'exil des jeunes les mieux formés..bonne chance aux nouveaux à qui l'on souhaite néanmoins une meilleure réussite que leurs prédécesseurs..
a écrit le 13/06/2015 à 19:28 :
c'est à mon sens plus un vote de rejet des partis traditionnels qu'un vote d'adhésion , malheureusement dans toute l'europe on assiste et assistera à ce phénomène si nous ne révisons pas nos constitutions et la place et le nombre de nos élus , l'histoire le dira !.....
a écrit le 13/06/2015 à 19:23 :
Le désespoir prend le pouvoir .... pas dit que ça aille mieux pour autant !
a écrit le 13/06/2015 à 18:32 :
C'est curieux je croyais en lisant des commentaires depuis des mois que les espagnols étaient heureux de voir leur pays "se redresser". Bizarre, bizarre...
a écrit le 13/06/2015 à 18:22 :
C'est sûr qu'avec une vieille rombière socialo, tout va changer :-) Attendez un peu pour compter les déçus. C'est le système occidental qu'il faut changer, avec à la barre des jeunes (pas trop jeunes quand même), car c'est leur avenir qui est en jeu !!!
a écrit le 13/06/2015 à 18:09 :
L'espoir fait vivre.... Plus c'est démagogue, mieux cela passe; comme chez nous d'ailleurs.
Cordialement
Réponse de le 13/06/2015 à 19:28 :
... et le désespoir amène les extrêmes !
a écrit le 13/06/2015 à 17:12 :
L'Espagne commençait à se redresser. Dommage.
a écrit le 13/06/2015 à 16:34 :
Je reste dubitative. Où ces partis vont-ils trouver les fonds nécessaires pour leurs projets ? Il ne faut pas oublier que l'Espagne est beaucoup plus endettée que la France. Dans le "Manifeste du Parti Communiste" de Karl Marx, on trouve aussi toutes ces "bonnes idées" qui, hélas, ne furent et ne sont jamais appliquées. Aujourd'hui, elles ont "réveillé" un immense espoir dans la population. Lorsque je vois les difficultés qu'a Syrisa en Grèce, je doute que les "Indignés" réussissent. L'espoir fait vivre ou plutôt survivre...
Réponse de le 13/06/2015 à 19:17 :
Marx n'est pas le bon référentiel pour l'extrème gauche d'aujourd'hui. Le bon référentiel c'est Proudhon (une voie qu'on n'a jamais essayée). Ce qui est marxiste c'est de vouloir augmenter inconsidérément le SMIC...et ce qui est proudhoniste c'est de pouvoir décider localement de limiter l'échelle des salaires de 1 à 20 dans les entreprises...ce n'est pas du tout la même régulation de l'économie
Réponse de le 14/06/2015 à 11:13 :
A Théophile : Je parlais des fondements du socialisme. Celui-ci est empreint du Marxisme tandis que le communisme est plus proche du Marxisme-Léninisme (voir Mao Tsé Toung et son "Grand Bond en Avant"). C'est à cela que je pensais. Il est vrai que ce fut plutôt un grand bond en arrière.
a écrit le 13/06/2015 à 16:33 :
Je comprends les espagnols, mais reste néanmoins très dubitatif sur ce type de mouvements... Surtout quand on voit ce que cela donne en Grèce, c'est à dire pas grand chose de nouveau ! Par ailleurs, quoique ces 2 femmes partagent certains points de vue, elles ne sont pas du tout du même niveau. Cela se retrouve dans les scores de chacune. Je souhaite particulièrement bonne chance et bon courrage aux Barcelonnais !
Réponse de le 13/06/2015 à 20:42 :
Je ne suis pas du tout d'accord avec vous concernant la Grèce, on ne sait pas encore si ça va marcher ou pas, mais je préfère encore des dirigeants qui respectent la parole donnée à ceux qui s'empressent de s'aplatir devant la haute finance et la doxa ultra libérale, dont on voit d'ailleurs les beaux résultats tous les jours. En tout cas bonne chance à ces 2 femmes pour mener le bateau à bon port.

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