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ÉconomieUnion européenne

Alexis Tsipras écarte les ministres rebelles de son gouvernement

Photo de Sylvain Rolland

latribune.fr

Publié le 18 juillet 2015 à 07:26 - Mis à jour le 18 juillet 2015 à 09:40

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Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a écarté 10 ministres et vice-ministres hostiles à l'accord passé avec les créanciers internationaux d'Athènes, avant les négociations sur le 3è plan d'aide.

Comme prévu, la semaine mouvementée du parti de la gauche radicale Syriza, très divisé suite à l'accord à l'arraché conclu entre la Grèce et ses créanciers internationaux, s'est achevée par un remaniement du gouvernement.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a écarté vendredi soir les ministres opposés aux réformes exigées par les partenaires de la Grèce, qui ont débloqué des fonds pour couvrir ses besoins financiers les plus pressants, en prélude aux négociations sur une aide massive de plus long terme.

Le nouveau ministre des Finances, Euclide Tsakalotos, maintenu

Alexis Tsipras a évincé les trois ministres frondeurs qui avaient voté jeudi contre l'adoption de ce train de mesures controversées, tout en confortant à son poste Euclide Tsakalotos, son ministre des Finances, apprécié de ses homologues de la zone euro.

Parmi les sortants figurent le ministre de l'Energie et des Infrastructures Panagiotis Lafazanis et la ministre adjointe aux Finances Nadia Valavanis, qui avait présenté sa démission.

Le chef du gouvernement de gauche radicale avait vertement critiqué jeudi soir l'attitude des 32 députés dissidents de Syriza, estimant que le parti était sorti "meurtri" de cette fronde qui le rend désormais otage de l'opposition.

Le cabinet du Premier ministre a toutefois prévenu que la passation de pouvoir serait repoussée en raison des incendies de forêt qui se sont déclarés vendredi près d'Athènes et dans le sud du Péloponnèse.

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Un message adressé aux créanciers

Ce remaniement, le premier d'envergure depuis l'arrivée de Syriza au pouvoir il y a six mois, s'apparente à une reprise en main et a valeur de message adressé aux créanciers, qui continuent à douter de la volonté - et de la capacité - de l'exécutif grec de tenir ses engagements.

Il s'agit aussi pour M. Tsipras de présenter un exécutif rassemblé et en ordre de marche avant le vote au plus tard le 22 juillet du deuxième train de mesures demandées par les créanciers, qui concernent cette fois les banques et la justice civile.

Feu vert du Bundestag

Il intervient alors que les députés du Bundestag ont donné leur feu vert au lancement des négociations pour un troisième programme d'aide à la Grèce de plus de 80 milliards d'euros, répondant à la demande de la chancelière Angela Merkel d'éviter "le chaos". Le Parlement autrichien, réuni lui aussi en session extraordinaire, a fait de même.

Ces derniers obstacle levés, le fonds européen MES, qui fournira à terme les nouveaux milliards à Athènes, a formellement approuvé "la décision de principe d'apporter un soutien à la Grèce sous forme d'un programme de crédits". Celle-ci avait été prise lundi à Bruxelles au terme de tractations dramatiques.

Reste maintenant à Athènes et ses partenaires européens à se mettre d'accord dans les semaines qui viennent - idéalement avant le 20 août, prochaine grosse échéance financière pour Athènes - sur les modalités de cette aide, ce qui ne sera pas une mince affaire avec des discussions qui s'annoncent tendues sur la dette.

Alors qu'en début de semaine le soulagement prévalait dans les capitales européennes d'avoir échappé au "Grexit", scénario redouté de sortie de la Grèce de l'euro, le scepticisme prévaut depuis.

Cette "dernière chance" accordée à la Grèce ne marchera que si "les Grecs mobilisent toutes leurs forces", a prévenu devant le Bundestag le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble.

Athènes et Berlin s'opposent toujours sur la dette

Or en Grèce, Alexis Tsipras, qui n'a plus de majorité parlementaire, a redit qu'il était "en désaccord" avec de nombreux aspects du programme, qui implique de lourds sacrifices sous la forme d'une refonte du système des retraites ou de la hausse de la TVA, déjà mises sur les rails.

Ces réticences d'Athènes nourrissent les doutes sur "la volonté et la capacité" du gouvernement grec à mettre en oeuvre ce qu'il a promis, a relevé jeudi le président de la BCE Mario Draghi.

Un des principaux points d'achoppement des discussions à venir sera l'allègement de la dette grecque, qui atteint plus de 300 milliards d'euros (180% du PIB).

Réclamé par Athènes depuis le début, cet aménagement est aussi exigé par le Fonds monétaire international (FMI), qui y subordonne sa participation à un nouveau plan d'aide. La BCE les a rejoints sur le sujet jeudi.

Prêt immédiat de 7 milliards d'euros

Mais du côté de Berlin, l'opposition est toujours catégorique à une réduction de la valeur nominale de la dette. M. Schäuble a appelé vendredi à trouver une voie "réaliste", sans effacement de la dette, qu'il juge contraire aux traités européens.

Pour parer au plus pressé, notamment un remboursement de 4,2 milliards d'euros à la BCE lundi, Athènes peut en tout cas compter sur un prêt immédiat de 7 milliards d'euros puisés dans un fonds communautaire, officiellement débloqué par les 28 vendredi.

Une commission du Parlement suédois a donné son accord. Les capitales européennes non membres de l'euro, Londres en tête, étaient initialement réticentes à s'impliquer dans le sauvetage du bloc monétaire.

Au Bundestag allemand, où la grogne avait enflé ces dernières semaines, Mme Merkel a pu compter sur une large majorité en faveur d'une nouvelle aide (439 sur 598 votes exprimés).

Mais dans son camp conservateur (CDU/CSU) 65 députés ont fait défection, plus que la cinquantaine prévue et le double des refus enregistrés lors du dernier vote sur la Grèce en février.

À lire également

  • Grèce : une situation politique au bord du chaos
  • Grèce : Bruxelles débloque une aide d'urgence de 7 milliards d'euros
  • Grèce: le Bundestag valide l'accord malgré des révoltes dans le groupe de Merkel

Plus de la moitié des Allemands (53%) se disent tout de même favorables à la nouvelle aide à Athènes, selon un sondage publié vendredi. En Finlande, seul un quart des personnes interrogées dans un autre sondage soutiennent ce projet.

latribune.fr

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