Allemagne : Friedrich Merz échoue au premier tour de l'élection à la chancellerie
Olivier Mirguet

Pour six voix manquantes, le chancelier désigné doit se soumettre à un deuxième tour devant les députés du Bundestag.
Marc Beckmann
Olivier Mirguet

Pour six voix manquantes, le chancelier désigné doit se soumettre à un deuxième tour devant les députés du Bundestag.
Marc Beckmann
(Article mis à jour à 11 h 00 : organisation du deuxième tour)
Il a manqué six voix pour l'élection au premier tour. Le conservateur Friedrich Merz, 69 ans, devra encore patienter avant d'être élu chancelier de la République fédérale d'Allemagne. Mardi matin, peu après dix heures, le premier scrutin s'est soldé par 310 voix pour, 307 voix contre, un bulletin nul et trois abstentions. La CDU/CSU (208 députés) et le SPD (120 députés), partenaires de la nouvelle coalition gouvernementale, disposaient ensemble de 328 mandats. Douze de plus que ce qui était nécessaire pour obtenir la majorité. Le vote s'est déroulé à bulletins secrets.
Après vingt-cinq minutes d'interruption de séance, au cours de laquelle les services du Bundestag ont procédé au décompte des voix, Julia Klöckner, présidente (CDU) du Bundestag, a annoncé une nouvelle suspension de séance, dans la foulée. Mais le deuxième tour pourrait être reporté. Son organisation ce mardi matin constituerait une modification de l'ordre du jour. Tous les groupes, y compris ceux de l'opposition, doivent donner leur accord. Si cela n'est pas possible, un nouveau tour de scrutin pourrait être organisé à une date ultérieure. La Loi fondamentale allemande (constitution) prévoit cette éventualité, dans un délai de 14 jours.
Jamais encore, dans l'histoire du Bundestag, un chancelier désigné n'avait échoué lors des élections après des élections fédérales et des négociations de coalition réussies.
« Le chancelier potentiel Friedrich Merz est massivement affaibli. C'est un coup de tonnerre pour tout le pays », a réagi la députée Renate Künast (Verts), ex-ministre fédérale de l'Alimentation et de l'Agriculture, désormais dans l'opposition.
L'article 63 de la Loi fondamentale prévoit que le chancelier fédéral soit élu sans débat par le Bundestag, sur proposition du président fédéral. Si les deux premiers tours de scrutin ne permettent pas d'atteindre la majorité absolue, une majorité relative suffira lors d'un troisième tour.
Olivier Mirguet