Amazon soupçonné par l'UE d'enfreindre les règles européennes de concurrence sur sa marketplace

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La commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie sur les pratiques d'Amazon sur sa plateforme d'e-commerce.
La commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager a ordonné l'ouverture d'une enquête approfondie sur les pratiques d'Amazon sur sa plateforme d'e-commerce. (Crédits : Reuters)
La commissaire européenne à la concurrence a ouvert une enquête approfondie sur Amazon. Elle soupçonne Amazon d'utiliser à son avantage les données qu'elle récolte grâce aux vendeurs indépendants qui utilisent sa place de marché.

Bruxelles a ouvert ce mercredi 17 juillet une "enquête approfondie" sur Amazon, soupçonnée d'enfreindre les règles européennes de concurrence en utilisant à son avantage les données issues des détaillants indépendants qui vendent sur son site.

"J'ai décidé d'examiner très attentivement les pratiques commerciales d'Amazon et son double rôle en tant que place de marché et détaillant, afin de vérifier si l'entreprise respecte les règles de concurrence de l'UE", a expliqué la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué.

Les pratiques sur la marketplace passées au crible

Le site d'e-commerce d'Amazon se découpe en deux parties. D'une part, le géant américain gère toute la chaîne de valeurs de certains produits. De l'autre, une partie croissante de la plateforme est occupée par la marketplace. Amazon autorise les vendeurs tiers à vendre sur son site, et à profiter de ses entrepôts et de ses compétences en logistique, en échange d'une commission sur chaque vente. Grâce à cette pratique, l'entreprise de Jeff Bezos récolte également plus de données sur les comportements d'achat des consommateurs.

C'est justement ce point que la Commission souhaite regarder de plus près, car elle craint que ces données soient utilisées uniquement à l'avantage du géant américain. Elle avait ouvert une enquête préliminaire en septembre 2018 sur "un éventuel abus de position dominante" et avait conclu qu'Amazon utilisait "des informations sensibles sous l'angle de la concurrence" sur "les vendeurs, leurs produits et leurs transactions".

La commission a tempéré son choix auprès de l'AFP. "L'ouverture d'une procédure formelle d'examen ne préjuge pas de son issue", a-t-elle précisé. Les sanctions infligées par Bruxelles si l'abus de position dominante est réel peuvent atteindre jusqu'à 10% du chiffre d'affaires.

Amazon réagissait dans un communiqué:

"Nous allons coopérer pleinement avec la Commission européenne et nous continuerons à travailler dur pour soutenir les entreprises de toutes tailles et les aider à se développer."

Amazon déjà tenu à l'oeil par de nombreux pays européens

Amazon est également sous le coup d'enquêtes des autorités de la concurrence allemandes, autrichiennes, luxembourgeoises et italiennes pour le même "double rôle" qui inquiète aujourd'hui Bruxelles. "Nous sommes en contact et en coordination", a expliqué une porte-parole de la Commission. Et "nous sommes arrivés à la conclusion que ces enquêtes ne chevauchent pas la nôtre, puisqu'elles ne portent pas sur l'utilisation des données par Amazon".

L'office anti-cartel allemand a d'ailleurs mis fin mercredi à son enquête contre Amazon, qui s'est en échange engagé à modifier ses conditions d'utilisation. Le géant américain avait déjà fait l'objet d'une enquête de la Commission, qui lui avait demandé, en 2017, de rembourser au Luxembourg 250 millions d'euros d'avantages fiscaux indus.

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Commentaires
a écrit le 18/07/2019 à 8:50 :
Et que croyez vous qu'ils obtiendront? La corruption qu'ils espèrent!
a écrit le 18/07/2019 à 8:13 :
Comme d'habitude l'UE à côté de la plaque, alors que les salariés d'amazone hurlent leurs catastrophiques conditions de travail notre vieille UE compromise elle ne pense qu'au fric.

Vite un frexit, t'es vraiment bien trop pourrie ma pauvre vieille UE.
a écrit le 18/07/2019 à 3:33 :
J’ai comme l’impression que cette dame défend très bien les intérêts français et que quand l’Europe hausse le ton on l’ecoute Pas comme nos ministres français de pacotilles qui valsent à la première Une de Mediapart.

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