Amazon dégage plus de 1 milliard de dollars de bénéfices par mois grâce au cloud

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La branche cloud, Amazon Web Services, dégage le plus de bénéfices. Au premier trimestre, elle a généré 7,69 milliards de dollars de chiffre d'affaires (+42% sur un an), pour un bénéfice net de 2,22 milliards de dollars
La branche cloud, Amazon Web Services, dégage le plus de bénéfices. Au premier trimestre, elle a généré 7,69 milliards de dollars de chiffre d'affaires (+42% sur un an), pour un bénéfice net de 2,22 milliards de dollars (Crédits : Brendan McDermid)
Grâce à l'explosion des revenus de sa branche cloud et de la publicité, Amazon affiche la meilleure rentabilité de son histoire, avec 3,6 milliards de dollars de bénéfices entre janvier et mars. Le cloud pèse 12% à peine de son chiffre d'affaires global, mais réalise à lui seul la moitié des bénéfices.

Amazon est le numéro un mondial incontestable du e-commerce et cannibalise les parts de marché de la vente en ligne dans de nombreux pays, dont la France (20% à lui seul). Mais ce n'est pas cette activité à faible marge qui lui garantit sa richesse. Depuis quelques années, Amazon a développé une offre de services dans le cloud pour les entreprises, baptisée Amazon Web Services (AWS). La firme de Jeff Bezos a aussi développé la publicité sur sa plateforme, permettant aux marques de mieux positionner leurs produits et de recueillir des data précieuses sur ce que les consommateurs achètent. Aujourd'hui, ce sont ces deux activités, en marge de son cœur de métier, qui font exploser ses bénéfices et permettent à sa plateforme de e-commerce de rester toujours plus attractive pour le consommateur en cassant les prix et en proposant des conditions de vente en ligne imbattables.

Lire aussi : Le cloud et la pub, les armes secrètes d'Amazon pour être rentable

La croissance marque le pas, mais la Bourse se satisfait des bénéfices record

Le visionnaire Jeff Bezos avait donc de quoi être satisfait de la publication des résultats trimestriels de sa firme. Entre janvier et mars, Amazon a dégagé 3,6 milliards de dollars de bénéfices (un peu plus de 3,2 milliards d'euros), soit plus de 1 milliard par mois, pulvérisant les attentes des analystes. C'est aussi plus de 2 milliards de dollars de plus que l'an dernier à la même époque.

Certes, la croissance marque un peu le pas : le chiffre d'affaires trimestriel n'a augmenté "que" de 16,9% sur un an, à 59,7 milliards de dollars (53,6 milliards d'euros), en-deçà des standards habituels de l'entreprise (l'an dernier au premier trimestre, Amazon affichait une croissance de 43%). C'est même son plus petit taux de croissance depuis le premier trimestre 2015. Mais cette contre-performance était conforme aux prévisions des analystes, donc le cours de Bourse n'a pas été impacté : il a peu tangué dans les échanges post-clôture pour finalement se reprendre et terminer en hausse (+0.51%). Globalement, sa valeur boursière a progressé de 27% sur un an et Amazon fait partie du trio de tête des entreprises les mieux valorisées au monde, avec Microsoft et Apple, près de la barre symbolique du trilliard de dollars (1.000 milliards de dollars).

Lire aussi : Et si Amazon était le plus puissant - et le plus dangereux - des Gafa ?

Le cloud représente 12% du chiffre d'affaires mais la moitié des bénéfices

Dans le détail, la branche cloud, Amazon Web Services, dégage le plus de bénéfices. Au premier trimestre, elle a généré 7,69 milliards de dollars de chiffre d'affaires (+42% sur un an), pour un bénéfice net de 2,22 milliards de dollars, soit un peu plus que le bénéfice net réalisé par l'activité de e-commerce aux États-Unis et à l'international (2,19 milliards), qui génère pourtant un chiffre d'affaires largement supérieur (52 milliards de dollars).

La seule petite ombre au tableau est l'international : si la plateforme de e-commerce est rentable sur son marché domestique, les Etats-Unis, Amazon continue à perdre de l'argent dans le reste du monde (90 millions de dollars, contre 622 millions il y a un an) car il n'a pas encore atteint un pallier d'utilisateurs suffisant pour compenser ses énormes coûts de distribution.

Amazon résultats T1 2019

Les revenus issus de la publicité et de l'abonnement Prime explosent

Amazon ne détaille pas ses revenus publicitaires (qui sont compris dans les chiffres du e-commerce), mais la firme indique que chiffre d'affaires de cette activité a augmenté de 34% sur un an, à 2,7 milliards de dollars. Autrement dit, cette activité à marge élevée -les coûts étant très faibles dans la publicité en ligne- gonfle les performances d'Amazon dans le e-commerce et réalise certainement une grande partie de ses bénéfices. Il serait à ce titre intéressant qu'Amazon détaille clairement le poids de la publicité dans ses bénéfices du e-commerce, mais il risquerait en ce faisant d'attirer l'attention sur ses coûts exorbitants de distribution.

Les revenus provenant des abonnements, c'est-à-dire essentiellement son service Amazon Prime qui permet livraisons gratuites ou encore accès à son service de vidéo en streaming concurrent de Netflix, a également bondi de 40% sur un an, pour atteindre 4,34 milliards de dollars.

"Tandis que la progression d'AWS se poursuit avec la même vigueur et se place clairement comme le plus gros pourvoyeur de bénéfices à l'heure actuelle, la publicité semble montrer désormais toute son importance et va devenir à court terme de plus en plus importante pour la croissance" d'Amazon", a résumé l'analyste Monica Peart (eMarketer), citée par l'AFP.

Cette situation très favorable compense les performances plus mitigées de ses magasins en dur, comme les supermarchés bio Whole Foods ou ses librairies par exemple, qui ont vu leurs revenus stagner d'une année sur l'autre, à 4,3 milliards de dollars (+1%).

Pour le deuxième trimestre, le groupe a livré des prévisions solides. Il anticipe un chiffre d'affaires situé entre 59,5 et 63,5 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel situé entre 2,6 milliards et 3,6 milliards de dollars.

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Commentaires
a écrit le 02/05/2019 à 17:30 :
C'est passionnant cette histoire.
Je révolutionne le commerce mondial avec un modèle non rentable que je finance avec une activité annexe ultra rentable qu'est le cloud.
Au passage, on bascule d'un modèle "distributeur qui s'offre une marge sur tous les produits", à un modèle "c'est le vendeur qui paie une license pour que ces produits apparaissent sur ma plateforme", et "en même temps", on acte la mutation de la chaîne logistique pour une livraison ultra-rapide. Il y a 20 ans, le délai c'était un mois ...
a écrit le 02/05/2019 à 17:29 :
C'est passionnant cette histoire.
Je révolutionne le commerce mondial avec un modèle non rentable que je finance avec une activité annexe ultra rentable qu'est le cloud.
Au passage, on bascule d'un modèle "distributeur qui s'offre une marge sur tous les produits", à un modèle "c'est le vendeur qui paie une license pour que ces produits apparaissent sur ma plateforme", et "en même temps", on finance la mutation de la chaîne logistique pour une livraison ultra-rapide. Il y a 20 ans, le délai c'était un mois ...
a écrit le 28/04/2019 à 14:37 :
Si on créait un impôt progressif sur le chiffre d'affaire des entreprises, clair que les géants actuels seraient très impactés, pourtant c'est certainement ce qu'il faudrait faire, au lieu d'une flat tax. Je préfère 30000 pme-pmi que 3 multinationales.
Réponse de le 28/04/2019 à 18:06 :
Pourquoi vouloir taxer de manière si disproportionnée des entreprises qui connaissent le succès? Vous voudriez qu’on fasse la même chose avec les géants français du luxe? Quel intérêt?
a écrit le 27/04/2019 à 16:18 :
Si les populations arrêtent de faire des recherches d’achats( pour le droit à une économie équitable mondiale)sur internet et de laisser des traces numériques, les data auront du mal à faire un ciblage marketing pour le vendre aux grosses entreprises.
C’est les internautes qui enrichissent les Gafas.
a écrit le 26/04/2019 à 19:45 :
Pendant ce temps :

Hier :
La Cour administrative d'appel de Paris, saisie en juillet 2017 par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, a confirmé jeudi l'annulation du redressement fiscal de 1,15 milliard d'euros infligé par l'État français au géant américain Google.

La Cour, par cinq arrêts, "confirme la solution retenue par les premiers juges" dans leur jugement du 12 juillet 2017, a-t-elle indiqué dans un communiqué. Gérald Darmanin avait alors fait appel tout en ouvrant la voie à un "accord transactionnel" avec le géant du numérique.Les juges ont rejeté la thèse de l'administration fiscale que la SARL Google France "était placée sous la dépendance de la société Google Ireland Limited et que ses salariés disposaient des pouvoirs leur permettant de conclure des contrats au nom de la société irlandaise". Ils ont estimé, au contraire, que "les locaux et le personnel de la SARL Google France n'étaient à la disposition que de la société française, pour son activité propre dans le cadre du contrat de prestation de services la liant à la société irlandaise".
a écrit le 26/04/2019 à 12:25 :
Tout le monde connait des soutiens ou des GJ qui bloquent les petits commerçants tous les samedis et qui continuent d'acheter sur AMAZON....
Ils reçoivent des bons d'achat ...ou rien dans le ciboulot ?
a écrit le 26/04/2019 à 11:57 :
Grosso modo Amazon pèse autant de Total...
a écrit le 26/04/2019 à 11:48 :
En revenant d'un sejour à L'Ascension 2018 en Allemagne , le car qui nous transportait est passé par l'autoroute qui passe par l'autoroute qui de l'A1 va vers amiens et là j'ai vu par la fenêtre l'enorme entrepôt de stockage d'Amazon : c'est gigantesque d'ou la dimension de la valorisation d'Amazon de Jeff Bezos. 1 milliard et d'autant plus de stockage dans le cloud . c'est la course à la valorisation entre GAFAM c'est absolument dementiel . Il est clair qu'Amazon si elle cree des emplois, de la valeur et fait des bénéfices en France doit être redevable de l'impôt et devra payer une taxe sur les bénéfices . Amazon comme Apple comme Microsoft comme Google font de l'optimisation fiscale en Europe et font beaucoup de bénéfices. Ils sont les chantres d'un marché unique qui permet à l'activité d'Amazon d'être en pleine essor en France en Europe ou ailleurs dans le monde. Oui Amazon comme Google comme Apple ou encore Microsoft savent faire "de l'argent". Oui à la taxe GAFA et Amazon est geant !
a écrit le 26/04/2019 à 11:41 :
Et quand on voit les spots publicités à la télévision toujours aussi mauvais à 99% on comprend pourquoi les GAFA ont explosé en générant un nouveau support au sein d'une économie totalement stratifiée.

Ce n'est pas autant le génie des GAFA qui est en cause dans leur succès que la profonde bêtise et incompétence de la vieille économie totalement financiarisée et donc totalement figée.

Mais ça reste impressionnant à voir !
Réponse de le 28/04/2019 à 10:44 :
En ce qui me concerne les spots publicitaires sur internet sont certainement aussi pénibles qu'à la TV alors que sur internet , elles sont censés être ciblée sur mes centres d'intérêt...
Réponse de le 29/04/2019 à 9:08 :
Si pour vous une publicité intéressante est centrée sur vos intérêts pour moi c'est sa qualité qui fait la différence ou pas.

Une marque doit venir nous chercher de part sa capacité de créativité, seul intérêt de la publicité et pas pour toujours plus nous lobotomiser.

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