Attentat de Manchester : la sécurité au cœur des élections législatives britanniques

Suite à l'attentat de Manchester, la campagne pour les élections législatives britanniques, jusqu'ici suspendue, reprend, ce vendredi 26 mai. D'après un sondage de YouGov pour le Times, l'écart entre le parti Conservateur et le Labour se resserre.
A deux semaines des élections législatives britanniques, l'écart se resserre entre les Tories et le Labour. Mais l'attentat de Manchester n'en est pas l'unique raison.
A deux semaines des élections législatives britanniques, l'écart se resserre entre les Tories et le Labour. Mais l'attentat de Manchester n'en est pas l'unique raison. (Crédits : Darren Staples)

Après quelques jours de silence suite à l'attentat de Manchester, la campagne des législatives britanniques reprend ce vendredi 26 mai. Les chefs des partis prennent la parole pour la première fois depuis l'attaque terroriste afin de présenter leur programme. Modification de dernière minute pour certains: la sécurité devient une priorité.

La Première ministre britannique Theresa May reste fermement assise sur sa position au sujet du terrorisme: celui-ci a évolué sur Internet. D'après une source au gouvernement interrogée par The Guardian, Madame May, qui a rendez-vous aujourd'hui en Sicile pour le sommet du G7, s'exprimera sur l'importance de la sécurité sur Internet, et au sujet des mesures à prendre pour supprimer les contenus extrémistes et dangereux sur les réseaux sociaux. Selon elle, Facebook, Twitter et Google seraient leurs meilleures armes pour empêcher le terrorisme: "La guerre se déplace du champ de bataille à Internet",d'après le Guardian.

Une écart entre les Tories et le Labour qui se resserre

D'après un sondage de YouGov pour le Times, contrairement à un mouvement des votes vers les Conservateurs logiquement attendu suite à la peur de l'attentat, l'écart entre les Tories et le Labour semble s'être resserré cette dernière semaine. A la surprise de tous, bien que toujours en tête avec 43% des votes, le parti de Theresa May est suivi de près par le Labour qui atteint les 38%. Un écart de seulement 6 points alors que celui-ci a pu s'élever à 24 les semaines précédentes.

Jeremy Corbyn, le chef du parti Travailliste, a bien profité de cette remontée. Dans son discours ce 27 mai à Londres, il ne se retient pas de remettre une partie de la faute de cette attaque à la politique de sécurité en place depuis l'arrivée au pouvoir de Theresa May. Ayant de nombreuses fois accusé l'intervention militaire britannique dans le Moyen-Orient d'être la cause du terrorisme, il fait aussi part de son opinion sur la réduction des effectifs au sein de la police. Le chef du Labour compte restaurer les 20.000 policiers destitués en septembre 2016 par Theresa May par soucis budgétaire:

"Nous devons être courageux et admettre que 'la guerre au terrorisme' ne marche pas. Nous avons besoin d'une solution plus intelligente pour réduire la menace des pays qui encouragent les terroristes et génèrent le terrorisme," explique Monsieur Corbyn d'après le Times.

Il s'est ensuite repris, précisant que les responsables de l'attentat de Manchester étaient les seuls à blâmer mais que le rôle du gouvernement était de minimiser les risques.

"Theresa May doit assumer sa part de responsabilité"

D'autres n'ont pas eu le même tact. La vice-présidente du parti UKIP (UK Independence Party), Suzanne Evans a proclamé haut et fort la responsabilité de la Première ministre.

"Theresa May a laissé des djihadistes qui se sont battus aux côtés de l'Etat Islamique, retourner dans notre pays. Elle n'a pas réussi à empêcher les extrémistes de propager la haine dans nos universités et nos mosquées", a-t-elle déclaré, suite au discours de Paul Nuttal, le leader du parti UKIP, d'après le Times.

Face à ces accusations, le gouvernement actuel s'est défendu. La secrétaire de l'Intérieur, Amber Rudd, qui a assisté aux entretiens avec Theresa May au sujet de l'attentat à Manchester, a expliqué à la BBC que cette attaque n'a pas eu lieu à cause d'un manque de policiers.

De plus, le ministre britannique de la sécurité, Ben Wallace, s'est fortement opposé aux accusations portées sur Madame May.

"Nous devons dire sans équivoque qu'il n'y a pas assez d'excuses dans le monde qui pourraient justifier leurs actions [les terroristes]. Ces gens détestent nos valeurs. Ils détestent nos lois, notre égalité et notre démocratie. Nous rejetons entièrement le terrorisme et Jeremy Corbyn devrait en faire autant", a expliqué Ben Wallace à la BBC.

Un arrêt de campagne qui serait finalement stratégique

D'après Anthony Wells le directeur des recherches à YouGov, "ce serait une erreur d'assumer que cette chute de l'avancée des Tories est nécessairement liée à l'attentat". En effet, celle-ci a commencé juste avant l'attaque terroriste, au moment de l'annonce polémique de Theresa May sur "la taxe sur la démence", et de son changement d'avis face à l'impopularité de cette démarche.

 > Lire aussi: Royaume-Uni : sous pression, May abandonne la "taxe sur la démence"

Le sondage de YouGov démontre aussi que 41% des électeurs avait plus confiance en la Première ministre pour les protéger du terrorisme, contre 33% pour Jeremy Corbyn.

La suspension de la campagne serait donc tristement tombée à un moment stratégique pour Theresa May d'après le Times. Cette pause lui a permis de faire oublier son impopulaire tentative de réforme de la protection sociale et de basculer sur la question de la sécurité où elle excelle. Jeremy Corbyn a, quant à lui, besoin de rattraper son retard sur ce sujet qui n'est pas dans les priorités de son programme, s'il veut arriver en tête le jour du vote le 8 juin.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 27/05/2017 à 18:46
Signaler
Les pauvres, ils n'ont toujours pas compris que c'était la faute à HOLLANDE. Il n'y a qu'à écouter l'adjoint au maire chargé de la sécurité à NICE. Vous savez, c'est le type qui n'a pas le temps d'aller à des réunions avec la préfecture sur la sécu...

à écrit le 27/05/2017 à 9:02
Signaler
La sécurité repose en priorité sur le contrôle des frontières. On ne peut importer des problèmes réels ou potentiels et s'en plaindre ensuite. La deuxième priorité consiste à expulser immédiatement les délinquants étrangers et leurs familles (comme e...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.