... a présenter sa nouvelle stratégie en février, avec la cible 2040, c'est-à-dire le niveau de réduction d'émissions visé pour 2040. Pour cette deuxième étape, Pascal Canfin « prône un choc de financement, notamment par la réforme du pacte de stabilité ». A un an des élections européennes en juin prochain, il estime que le président du groupe Renaissance au Parlement européen, Stéphane Séjourné, est le candidat naturel pour conduire la liste de la majorité.
LA TRIBUNE - Dans son dernier discours sur le bilan de la présidence de la Commission européenne, Ursula von der Leyen vient de défendre son « Pacte vert », notamment face aux réticences qu'il suscite jusque dans son camp. Les écologistes regrettent le manque d'ambition. Le compte est-il bon selon vous ?
PASCAL CANFIN - On est en train d'opérer la plus grande transformation économique jamais réalisée en Europe avec le « Green Deal ». Nous soutenons cette stratégie climatique, économique et industrielle car elle est justement ambitieuse. L'objectif est d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Cela peut paraître loin, mais on sait qu'en la matière, tout ce qu'on construit aujourd'hui, les infrastructures de transport, l'immobilier, les usines, etc seront toujours en place en 2050. C'est extrêmement rapide. Au fond, le « Green Deal » est comparable aux révolutions industrielles précédentes, celles du charbon puis du pétrole, des énergies fossiles qui ont pris parfois deux siècles. Là, on a seulement une génération pour décarboner l'économie de l'Union européenne, c'est extraordinairement ambitieux. Je réfute absolument tout manque d'ambition, au contraire nous sommes dans un moment historique.
75 lois « vertes » européennes ont été votées. Pour certains, la transition écologique va trop vite. Elle serait pour d'autres sources de tensions sociales insoutenables ou carrément à l'origine de la montée des populismes. Comment trouver le bon équilibre ou est-ce impossible de faire autrement ?