Boris Johnson veut mener le Brexit au pas de charge

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis la pression sur Bruxelles mardi, pour conclure au plus vite un accord commercial post-Brexit, avant la fin 2020.

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(Crédits : Reuters)

L'homme est pressé. Sitôt reconduit à la tête du gouvernement avec une écrasante majorité au Parlement, le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis la pression sur Bruxelles, mardi 17 décembre, pour conclure au plus vite un accord commercial post-Brexit avant la fin 2020.

Faisant resurgir les craintes d'une sortie sans accord dommageable à l'économie britannique, il compte interdire toute extension au-delà de 2020 de la période de transition après le Brexit le 31 janvier, censée ménager le temps de discuter la future relation. Le programme de Boris Johnson "excluait explicitement toute extension de la période de transition. Ce gouvernement est déterminé à tenir (ses) promesses", a déclaré son porte-parole à l'issue du premier conseil des ministres post-législatives.

La réunion s'est tenue dans une ambiance euphorique, après les élections anticipées de jeudi dernier, qui ont donné aux Tories une victoire historique, avec 365 des 650 sièges à la Chambre des communes. "Nous ne devrions pas être gênés de dire que nous sommes un gouvernement du peuple", a lancé le leader conservateur devant ses ministres, après avoir arraché à l'opposition travailliste bon nombre de sièges dans le nord et nord-est du pays, régions ouvrières traditionnellement acquises au Labour. Ni Boris Johnson ni aucun membre de son gouvernement ne se rendront en janvier au forum économique de Davos en Suisse, "notre priorité est de répondre aux priorités des gens, pas le champagne avec les milliardaires", a déclaré une source gouvernementale au tabloïd Daily Mail.

"Vous n'avez encore rien vu! "-

Et si les premiers mois de son précédent gouvernement ont pu paraître "frénétiques", "vous n'avez encore rien vu, les amis!", a-t-il lancé à ses ministres. Même ambiance au Parlement, où Boris Johnson a répété son mantra, "nous allons réaliser le Brexit", repris en choeur par les députés conservateurs. Le Premier ministre compte présenter dès vendredi aux députés la loi d'application de l'accord de divorce avec l'UE en y incluant la fin 2020 comme date-butoir des négociations avec Bruxelles.

Lire aussi : Brexit : Jeremy Corbyn fait son mea culpa après la défaite historique du Labour

L'UE fera le "maximum" pour nouer avec Londres un accord commercial d'ici à décembre 2020, a réagi son négociateur Michel Barnier. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a de son côté convenu au téléphone avec Boris Johnson de collaborer "avec une grande énergie", selon le porte-parole du chef du gouvernement britannique. Ils vont lancer les négociations "dès que possible" après le Brexit.

 Chute de la livre

Cette nouvelle échéance, avec l'éventualité d'un "no-deal", a aussitôt fait chuter la livre. Elle a aussi de quoi inquiéter les europhiles, quelques jours après que M. Johnson s'est posé en rassembleur d'un pays meurtri par ses divisions sur le Brexit, adopté avec 52% des voix en 2016. L'accord de divorce prévoit une période de transition jusqu'à fin 2020, prolongeable une fois d'un an ou deux, toute demande devant intervenir avant le 1er juillet.

Pendant cette période, les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier Ce sera sacrément difficile de conclure et ratifier un accord en 11 mois", a estimé un diplomate européen. "Si le Royaume-Uni limite prématurément ses options et marche comme un somnambule vers un 'no-deal' fin 2020 dont personne ne veut, l'UE se tiendra prête pour en amortir les effets sur ses Etats membres", a-t-il ajouté.

Pour Sam Lowe, du groupe de réflexion Centre for European Reform (CER), il pourrait s'agir d'une posture. Pour parvenir si rapidement à un accord "le Royaume-Uni devra accepter la plupart des demandes de l'UE. Politiquement, Johnson ne peut faire de concessions sans mener bataille d'abord", a-t-il tweeté. Boris Johnson souhaite un accord de libre-échange inspiré de celui conclu entre l'UE et le Canada, selon son porte-parole, soulignant une volonté commune de se diriger vers un modèle sans droits de douane ni quotas.

A défaut d'accord commercial, les relations économiques entre Bruxelles et Londres seraient régies par les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), bien moins avantageuses car elles fixent des droits de douane pour les marchandises. Les entreprises en ont assez de l'incertitude et partagent l'ambition du Premier ministre de conclure rapidement un accord commercial avec l'UE", a réagi Carolyn Fairbairn, directrice générale de la principale organisation patronale britannique (CBI). L'accord de retrait sera le premier texte examiné par le nouveau Parlement vendredi, au lendemain du discours de la reine détaillant le programme législatif du gouvernement.

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Commentaires 11
à écrit le 19/12/2019 à 8:10
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J'ai l'impression que cette histoire n'est qu'un éternel recommencement, la seule différence c'est qu'avant on négociait en vue du Brexit, maintenant on a décidé de négocier après.

à écrit le 18/12/2019 à 21:35
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En tant que chef de la Brexit army BO Jo n'a pas tort. Il faut foncer lance en avant. Il me semble entendre le son du clairon de l'autre côté de l'Atlantique.

à écrit le 18/12/2019 à 18:37
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Mais de quoi peut bien avoir peur l'Union Européenne ? N'a-t--elle pas négocié le seul accord possible, selon ses dires avant les élections législatives ?

le 19/12/2019 à 7:28
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Mais l'UE n'a peur de rien. Celui qui est en position de demandeur par rapport à l'UE c'est BoJo.

à écrit le 18/12/2019 à 18:04
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ca prendra le temps que ca prendra plutot

à écrit le 18/12/2019 à 17:53
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Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, L'UE a bien plus à perdre que l'Angleterre du Brexit. La (presque) récession est liée aux incertitudes du Brexit plutôt qu'au méchant méchant Trump. https://www.usinenouvelle.com/article/les-...

le 18/12/2019 à 21:43
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Le RU, qui avait avant 2016 une croissance bien supérieure à celle du reste de l'UE, a connu en 2019 sa plus faible croissance en 10 ans. Le brexit est évidemment un jeu perdant-perdant.

à écrit le 18/12/2019 à 14:50
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Sans pression.., l'UE de Bruxelles ne négocie pas, car la transparence est un handicap pour elle, a l'exemple du C.E.T.A...!

à écrit le 18/12/2019 à 14:26
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BoJo n'est, malgré son succès en trompe-l'oeil (c'est surtout Corbyn qui a perdu.... essentiellement à cause de son programme encore plus délirant que celui de BoJo), absolument pas en situation de mettre une quelconque pression sur Bruxelles. C'est ...

à écrit le 18/12/2019 à 13:52
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Cela fait plus de 3 ans que l'Europe travaille sur le Brexit. Tout est sur la table. Il ne devrait pas être sorcier d'en tirer les conclusions et décisions en 1 an. Une simple méthode de management est de mettre des "deadlines". Il est vrai que la Fr...

à écrit le 18/12/2019 à 12:40
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L'élection de BJ n'a en rien levé les hypothèques. Personne n'est sur que demain, les députés conservateurs arriveront à se mettre d'accord sur la sortie aménagée du pays. Et du coup BJ ressort la menace de la sortie sèche... qui est totalement c...

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