Brexit : le scénario catastrophe s'éloigne, la Banque d'Angleterre adopte l'attentisme

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Pas de changement de taux à Threadneedle Street
Pas de changement de taux à Threadneedle Street (Crédits : © Neil Hall / Reuters)
La banque centrale britannique a maintenu inchangé ses taux. La catastrophe attendue de l'après-Brexit n'a pas eu lieu, mais les autorités monétaires demeurent prudentes et se disent prêtes à agir si nécessaire dès novembre.

La Banque d'Angleterre (BoE) a décidé de ne pas bouger ce 15 septembre, mais elle conserve l'arme au pied. Après avoir baissé son taux directeur en août à 0,25 % et annoncé un nouveau programme de rachat d'actifs, la banque centrale britannique a estimé qu'elle n'avait pas à agir à nouveau. Mais elle prévient qu'en cas de dégradation de la situation au cours du deuxième semestre, elle pourrait à nouveau baisser ses taux. La réunion du 3 novembre, qui sera accompagnée d'un nouveau rapport sur l'inflation et de nouvelles perspectives macroéconomiques britanniques, sera donc décisive. Les analystes tablent en moyenne sur une baisse de 10 à 15 points de base (0,1 à 0,15 point de pourcentage) du taux directeur en novembre.

Pas de scénario catastrophe

En attendant, le comité de politique monétaire de la BoE fait le constat que les grandes peurs concernant les lendemains du vote du 23 juin en faveur du Brexit était en partie infondée. Si la confiance a violemment décroché en août, devant la surprise du résultat et l'incertitude du lendemain, la situation s'est largement stabilisée. Les consommateurs, notamment, ne se sont pas laissés impressionnés : les ventes au détail ont progressé en juillet et en août de plus de 6 % sur un an, soit un rythme supérieur à celui d'avant le 23 juin. Le chômage a continué de reculer. Quant à la chute de la livre sterling, elle n'a pas provoqué de choc inflationniste comme on le prévoyait : en juillet et en août, les prix britanniques ont progressé de 0,6 % sur un an, ce qui est à peine plus que les 0,5 % de juin.

Le scénario catastrophe ne s'est donc pas réalisé et la BoE a révisé à la hausse sa prévision de croissance au troisième trimestre à 0,2-0,3 % et non pas à 0 % comme en juillet. Le Royaume-Uni n'est pas menacé de récession dans l'immédiat. Sans doute l'action de la BoE en août n'y est-il pas pour rien. Les autorités monétaires ont rétabli en partie la croissance en agissant fortement (mais prudemment après avoir attendu de disposer des données nécessaires) le 5 août dernier. Les agents économiques ont donc cru à l'efficience de l'action monétaire. De même, après une courte période de flottement, le Royaume-Uni a disposé d'un gouvernement qui a montré de la détermination à accepter le vote et à réfléchir à une réponse économique au Brexit en annonçant des plans ambitieux de relance et de politique industrielle. Ces éléments ont sans doute largement rassuré et conduit à une « normalisation » des comportements. Autrement dit, comme le remarque les experts d'ING, « la BoE n'avait aucune raison de baisser à nouveau ses taux en septembre ».

Avenir incertain

L'avenir reste cependant incertain. L'économie du Brexit se joue évidemment à moyen et long terme. Les indices de confiance demeurent inférieurs à leurs niveaux de l'avant 23 juin et maints économistes sont préoccupés par la possibilité d'une baisse des dépenses des entreprises. La question de l'investissement et de la persistance de l'investissement étranger, si nécessaire au financement de l'économie britannique, reste posée. La BoE doit donc maintenir la confiance en se disant prête à intervenir si l'activité connaissait une nouvelle dégradation. De même, au-delà de la question conjoncturelle, c'est évidemment la nature des liens commerciaux futurs entre le Royaume-Uni et l'UE qui détermineront l'humeur des agents économiques britanniques. La BoE ne doit donc pas baisser la garde, mais force est de constater, pour le moment, que la réponse des autorités britanniques au Brexit, liant action publique et politique monétaire, a permis d'empêcher une catastrophe jugée inévitable par beaucoup. C'est une leçon pour la zone euro, qui refuse toujours ce type de policy mix, s'en tenant à un plan Juncker doublé mais peu efficace, à des appels aux «réformes » et à une politique monétaire isolée et condamnée à une fuite en avant.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2016 à 10:16 :
C'est absurde de dire que le scénario catastrophe ne s'est pas produit alors que le Brexit n'a pas encore eu lieu et que les effets sont de toutes façons à moyen et long terme. C'est l'histoire de l'homme qui saute du 100 ème étage et se dit en passant au vingtième: pour l'instant tout va bien !
Réponse de le 17/09/2016 à 15:43 :
C'est vrai. Pourtant, il ne faut pas oublier que les partisans du REMAIN promettaient le chaos et l'effongrement général dès le lendemain, ce qui les discrédite quand même.
a écrit le 16/09/2016 à 12:43 :
Que faut-il à R. Godin pour parler de scénario catastrophe ? Le deuxième paragraphe montre tout ce qui risque de se produire, qui certes ne s'est pas encore produit parce que le gouvernement britannique temporise, faisant douter même du Brexit.
a écrit le 16/09/2016 à 9:41 :
Expliquez-moi l'attentisme en economie, je ne comprends pas le concept ? C'est la faculté d'une economie d'attendre que les crises passent ? que le Brexit se fasse en Grande Bretagne ? que des jours meilleurs arrivent pour les Britanniques ? C'est quoi vraiment l'attentisme ,si "ce n'est rien faire et laisser le marché résoudre ses propres problèmes, celà s'apparente à du liberalisme déguisé, à du neo-liberalisme ou seul le marché à raison contre une volonté de diriger l'economie en intervenant sur le cour du marché, des taux de change, des intérêts ou encore de la Bourse !" L'attentisme peut-il être dangereux pour l'economie outre manche, peut-être ? c'est tout de même un drôle de concept economique qui laisse une très grande liberté aux acteurs du marché de faire selon leur bon vouloir ! Non je ne suis pas un attentiste heureu qui laisserait l'economie à sa guise resorber ses propres problèmes par elle-même sans que les gouvernements n'y puisse rien du tout !
a écrit le 16/09/2016 à 9:38 :
Quel Brexit ? la GB est toujours dans l'Europe et ne paye donc toujours pas de taxe a l'export !
a écrit le 16/09/2016 à 9:33 :
La catastrophe attendu de l'après-brexit ? Ce n'est pas au niveau de la Tribune ou du journaliste économique qui a écrit cette article, il faut le changer au plus vite il en va de la crédibilité de ce journal ! Il n'y a toujours pas de Brexit, la GB est toujours dans l'Europe et traîne a franchir le pas, j'ose imaginer que ce sont des réalité a prendre en compte en tout cas dans le monde économique !
a écrit le 16/09/2016 à 9:18 :
Vive l’Angleterre !

C'est bon, vous pouvez me le valider celui-là quand même non ? Je sais qu'il ne faut pas déplaire aux actionnaires mais s'ils se remettaient un minimum en question notre situation économique serait bien plus florissante.
a écrit le 16/09/2016 à 8:22 :
"le scénario catastrophe s'éloigne", mais alors les experts ils en sont ou ;-)))
a écrit le 16/09/2016 à 7:43 :
le Royaume Uni n'a rien à craindre des négociations sur le Brexit même si des passes d'armes se produiront "pour la galerie" : l'Union Européenne est trop occupée à encourager l'indépendance de la Catalogne (pour tenter d'allumer un contre-feu aux vélléités d'indépendance de certains autres grands pays) qu'elle n'a même pas réalisé qu'elle ne pourrait pas à la fois être intraitable avec le Royaume-Uni et favoriser largement la Catalogne... Game over !
a écrit le 15/09/2016 à 21:59 :
C'est vrai que l'impact psychologique provoqué par le vote du Brexit n'a pas fait flanché l'économie du Royaume-Uni.
Mais le Brexit va commencer à prendre forme quand les négociations avec l'UE commenceront.
L'UE craint une chose par dessus tout: que d'autres états membres soient tentés par le divorce, et pour les en dissuader, il faudra que le divorce soit douloureux.
Jusqu'ici pour conquérir le marché Europeen, le Royaume-Uni était une option extrêmement attractive, mais maintenant? L'incertitude, et ça les investisseurs n'aiment pas.
a écrit le 15/09/2016 à 21:08 :
"Les agents économiques ont donc cru à l'efficience de l'action monétaire. "
Ils se sont obligés à croire, mais avait-ils un autre choix?

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