Brexit : les sept prochains jours seront "cruciaux" selon Theresa May

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Rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu, a déclaré Theresa May.
"Rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu", a déclaré Theresa May. (Crédits : POOL New)
La Première ministre britannique a indiqué dimanche dans une interview à Sky news qu'elle retournera la semaine prochaine discuter à Bruxelles le projet d'accord sur le Brexit négocié avec l'Union européenne, très contesté au Royaume-Uni.

Theresa May, dont le projet d'accord sur le Brexit négocié avec l'Union européenne est très contesté, a indiqué dimanche qu'elle retournerait discuter à Bruxelles cette semaine. Après une "semaine difficile" de son propre aveu, avec plusieurs défections au sein de son gouvernement en raison de désaccords sur le compromis trouvé, Theresa May a déclaré que les sept prochains jours allaient être "cruciaux".

"Il y a en effet plus de négociations en cours et rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu", a-t-elle déclaré dans une interview à la chaîne de télévision Sky news.

Après avoir décroché un projet d'accord sur le Brexit, annoncé mercredi soir, la cheffe du gouvernement britannique va retourner à Bruxelles pour discuter de la "relation future" entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Elle a indiqué qu'elle rencontrerait le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Pas d'approche différente"

Dans une interview accordée au Sun dans son édition du dimanche, Theresa May dit toutefois ne pas voir d'alternative à l'accord négocié.

"Il n'y a pas d'autre accord sur la table. Il n'y a pas d'approche différente sur laquelle nous pourrions nous entendre avec l'Union européenne", soutient-elle .

"Si les députés rejettent l'accord, nous reviendrons simplement au point de départ. Cela signifie plus de divisions, plus d'incertitudes et un échec sur la réponse à apporter au vote des Britanniques", ajoute la ministre.

La menace d'un vote de défiance

Fragilisée par des départs au sein de son gouvernement, dont celui de son ministre du Brexit, motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d'Irlande du Nord après la sortie de l'UE prévue le 29 mars 2019, Theresa May est en outre menacée d'un vote de défiance. Celui-ci serait déclenché s'il est demandé par 15% du groupe tory au Parlement - soit 48 députés.

"De ce que j'en sais, (ce seuil) n'a pas été atteint", a déclaré la Première ministre, ajoutant qu'un changement de leader ne "faciliterait pas les négociations".

Au sein même de son gouvernement, un groupe de cinq ministres eurosceptiques tente de la persuader de modifier son projet d'accord sur le Brexit, selon les médias britanniques. Les noms de Michael Gove (Environnement), Liam Fox (Commerce international), Chris Grayling (Transports) et Penny Mordaunt (Développement international), Andrea Leadsom (Relations avec la Chambre des Communes) et Andrea Leadsom (Relations avec la Chambre des Communes) sont évoqués .

Penny Mordaunt, Dominic Raab et cinq autres figures du parti conservateur - dont l'ancien secrétaire du Foreign Office Boris Johnson et l'ancien ministre du Brexit David Davis - "préparent activement" une éventuelle campagne pour prendre le poste de Premier ministre, indique en outre le Sunday Times, en rapportant par ailleurs que des contingents seraient prêts à être déployés sur le territoire pour maintenir l'ordre public au cas où il n'y aurait "pas d'accord" sur le Brexit.

Corbyn opposé au texte

Le chef du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn a prévenu dimanche que son parti ne voterait pas pour le texte qui doit être présenté au Parlement britannique en décembre. Il a enjoint Theresa May de "retourner à Bruxelles" et de renégocier pour obtenir "un arrangement douanier permanent avec l'Union européenne" et une "garantie sur les droits".

Il a aussi estimé qu'un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est "une option pour l'avenir mais pas pour aujourd'hui". Theresa May l'exclut catégoriquement.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 19/11/2018 à 13:26 :
En cas de blocage au parlement anglais Mme May peut recourir à la dissolution de l'assemblée, après consultation de la Reine.

Ce qui amènera un parlement nettement plus opposé au brexit que l'actuel. Les anglais sont excédés par les braillards.

C'est pourquoi je prends les paris que le texte finira par être voté.
a écrit le 19/11/2018 à 11:43 :
Vivement le brexit et que le résultat calme définitivement nos apprentis sorcier frexiter.
a écrit le 19/11/2018 à 11:27 :
Quelle comédie !
Ces technocrates se moquent vraiment du monde : vive le populisme !
a écrit le 19/11/2018 à 11:26 :
Quelle comédie !
Ces technocrates se moquent vraiment du monde : vive le populisme !
a écrit le 19/11/2018 à 8:47 :
Avec les italiens qui secouent également nos vieux technocrates corrompus européens de gagner du temps est la meilleure façon pour les anglais d'obtenir de meilleurs accords.
a écrit le 18/11/2018 à 18:33 :
"Is not it?"would have been correct.
a écrit le 18/11/2018 à 18:22 :
C'est le brouillard de part et d'autre, mais comme le veut , je n'ose pas dire la coutume, ça l'est surtout du côté de Londres.Ce que je comprends (? ?) c'est que
nous sommes des deux côtés à mi-chemin d'un chemin dont personne ne sait où il mène; car après tout le projet d'accord actuel ne concerne en rien la relation future, qui sera négociée ultérieurement; et sans savoir ce que sera cette relation nul ne peut valider le projet actuel .On s'occupe de l'antichambre sans avoir conçu la chambre; il me paraît clair (? ?) que les seuls à pouvoir se contenter de ce processus ambigu pourraient être les anti-Brexit car le point d'arrivée est pour eux un point de départ idéal car
conforme à leurs vues du futur , et qu'il suffit de tenir bon le plus longtemps possible, en comptant sur la lassitude des opposants.Mais même tout ceci ne relève que de l'hypothèse. Fog or nightmare ?
a écrit le 18/11/2018 à 18:22 :
C'est le brouillard de part et d'autre, mais comme le veut , je n'ose pas dire la coutume, ça l'est surtout du côté de Londres.Ce que je comprends (? ?) c'est que
nous sommes des deux côtés à mi-chemin d'un chemin dont personne ne sait où il mène; car après tout le projet d'accord actuel ne concerne en rien la relation future, qui sera négociée ultérieurement; et sans savoir ce que sera cette relation nul ne peut valider le projet actuel .On s'occupe de l'antichambre sans avoir conçu la chambre; il me paraît clair (? ?) que les seuls à pouvoir se contenter de ce processus ambigu pourraient être les anti-Brexit car le point d'arrivée est pour eux un point de départ idéal car
conforme à leurs vues du futur , et qu'il suffit de tenir bon le plus longtemps possible, en comptant sur la lassitude des opposants.Mais même tout ceci ne relève que de l'hypothèse. Fog or nightmare ?
a écrit le 18/11/2018 à 18:15 :
« L’accord qu’elle a accepté et fait accepter » En définitve et comme je l' inventoriais ce jour récent où la ..petite crispation est arrivée, rien n'est joué.
La messe n’est pas dite. Son projet d’accord doit être accepté par le parlement et tout indique qu’il ne le sera pas le 10 décembre. So the jury is still out..
J' aime cette Albion résistive quand l' UE s' enfonce en Macron comme dans du beurre au point de nous transformer demain en Grèce ..
Réponse de le 19/11/2018 à 13:12 :
En admettant que Mme May soit encore là en décembre, elle a l'arme nucléaire.

Si le parlement refuse de signer l'accord May a toujours la possibilité d'aller prendre le thé à Buckingham Palace et d'en revenir avec la dissolution du parlement en poche.

C'est alors le peuple qui décidera de la suite du brexit plutôt que les parlementaires.

Vous allez voir, ça va en calmer beaucoup, des excités parce que les anglais commencent à être excédés et qu'à défaut d'un référendum, un parlement anti-brexit leur ferait l'affaire.
a écrit le 18/11/2018 à 15:28 :
L'UE a tout intérêt à susciter des dissensions parmi les anglais, et à insister sur la crise ou pseudo-crise future.

Si avec cela, elle n'obtient pas l'abandon du brexit (et par la même occasion le TINA), elle aura au moins montré aux autres pays que la sortie de l'UE est un casse-tête politique.

D'ailleurs peut-être qu'une certaine partie de toute ces agitations (démissions, clauses, etc.) font partie des termes de la négociation. Et compte-tenu de l'euroscepticisme grandissant en Europe, je considère que les négociations si elles avaient aboutie avec dès le premier jour, n'aurait de toute façon pas été rendu publiques. Puisque, ce que l'UE souhaite avant tout c'est sa propre survie et éviter la tâche d'huile.
a écrit le 18/11/2018 à 13:59 :
Je plains Theresa May. Elle doit préparer l'avenir du RU à cause des brexiters qui veulent un brexit mais n'ont rien prévu du tout. Car il faut bien remarquer que les brexiters sont très forts pour mettre des batons dans les roues de Mme May, pour démissionner ou prendre la poudre d'escampette, par contre pour proposer quelque-chose de crédible il n'y a plus personne. Et ce n'est pas surprenant quand on voit des ministres pro-brexit incompétents comme Dominic Raab qui fanfaronnent en pensant qu'ils vont mener l'UE à la baguette et claquent la porte devant l'accord ... alors que ce monsieur était en première ligne des négociations (secrétaire d'État à la Sortie de l'Union européenne, rien que ça !).
Réponse de le 18/11/2018 à 17:06 :
Elle a du cran.

Tout l'establishment politique veut sa peau mais personne ne voudrait sa place aujourd’hui"hui. C'est pourquoi je pense que les 15% requis pour un vote de défiance ne seront pas atteints.

Parallèlement, a cause du feuilleton mi-comique mi-psychodrame, entretenu par les brexiteurs, les anglais sont devenus brexito-sceptiques et ils sont reconnaissants à May de négocier le moins mauvais des compromis.
Et elle bénéficie aussi du soutien des entrepreneurs, petits et grands.

A la prochaine élection, il pourrait bien y avoir du dégagisme en faveur de May.
a écrit le 18/11/2018 à 12:06 :
Les brits n'ont qu'a revoté :
- pour le Brexit sans accord
- pour l'accord tel que proposé
- pour l'abandon du projet de Brexit.
Il n'y a QUE ces trois alternatives, car lunion Européenne n'a AUCUNE raison de pallier aux problèmes du R-Uni causé par un vote non réfléchi ! Ce n'est pas pour rien si les pro-brexit, Nigel Farage en tête, ont démissionné dans les 24h après le vote, en reconnaissant purement et simplement avoir menti penant toute la campagne !!!
Réponse de le 18/11/2018 à 19:50 :
N' en faites pas trop avec votre fixette euro monomaniaque qui déguise l' information en mensonge pro Ue institutionnalisé ...!
https://www.contrepoints.org/2016/06/30/258798-brexit-farage-dement-toute-fausse-promesse

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