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Ryanair, Easyjet et IAG veulent un moratoire sur les règles de propriété en cas de hard Brexit

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 15 novembre 2018 à 17:24 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:18

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La compagnie irlandaise Ryanair et le groupe espagnol IAG (qui, outre British Airways, détient Iberia, Vueling et Aer Lingus) sont détenus par un niveau de capitaux britanniques tel que, en cas de hard Brexit qu'entraînerait un refus du Parlement britannique de l'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, ils ne seraient plus considérés comme des entreprises européennes. Cette problématique concerne aussi Easyjet. Ces trois acteurs sont allés à Bruxelles demander un moratoire en cas de hard Brexit.

L'inquiétude de ne plus avoir le droit de voler en Europe en cas de hard Brexit qu'entraînerait un refus du Parlement britannique de l'accord sur la sortie du Royaume-Uni ne concerne pas que des compagnies aériennes britanniques.

Règles de propriété du capital

Elle touche aussi des transporteurs européens, comme les compagnies irlandaises Ryanair et Aer Lingus, ou les transporteurs espagnols Vueling et Iberia. Pourquoi ? Parce que leur capital, dans le cas de Ryanair ou celui de leur maison-mère pour Aer Lingus, Vueling et Iberia, à savoir le groupe espagnol IAG (qui comprend aussi British Airways), est en grande partie détenu par des investisseurs britanniques. À un niveau tel que, en cas de hard Brexit, ferait fondre la part des capitaux communautaires en dessous du seuil légal de 50%, nécessaire pour être considéré comme une entreprise européenne et bénéficier du libre accès au marché aérien européen.

Selon plusieurs sources, le côté européen de Ryanair et IAG ne tient aujourd'hui que par la présence de capitaux britanniques. Si ces derniers devaient être considérés comme  étrangers, la part des capitaux européens serait de très loin minoritaire : autour de 20% pour Ryanair et de 33% pour IAG selon certains observateurs. La problématique est la même pour la compagnie britannique Easyjet, mais, paradoxalement, à un niveau beaucoup moins élevé puisque les capitaux européens (hors Royaume-Uni) représente aujourd'hui 47%. Par conséquent, la création d'une filiale en Autriche ne servirait à rien dans ce cas de figure.

Rencontre avec la Task Force

Tous ont sur le papier des solutions, par exemple la possibilité de contraindre les investisseurs étrangers à vendre leurs actions. Mais l'ampleur du chèque à signer peut être un obstacle.

Le sujet est pris très au sérieux. À tel point que, selon nos informations, une délégation de IAG, Ryanair et d'Easyjet ont rencontré récemment Sabine Weyand, la négociatrice adjointe de la Task Force pour la conduite, du côté de la Commission européenne, des négociations avec le Royaume-Uni, pour demander, en cas de hard Brexit, un moratoire de un an sur l'application des règles de propriété afin de trouver une solution pour restructurer leur capital.

Les trois groupes ont demandé par ailleurs que des mesures soient prises pour la continuité des vols si le Royaume-Uni sortait de l'UE sans accord le 29 mars 2019. Ce qui devrait être le cas.

Si IAG et Easyjet ont répondu à nos sollicitations, Ryanair a fait la sourde oreille. "En ce qui concerne les règles de propriété et de contrôle, nous avons déclaré que "nous sommes convaincus que nous nous conformerons aux règles de propriété et de contrôle de l'UE et du Royaume-Uni après Brexit", a indiqué IAG, qui n'a pas souhaité s'exprimer sur la réunion avec la Task Force de la Commission européenne.

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"Nous sommes en meilleure position que beaucoup d'autres compagnies aériennes en ce qui concerne notre actionnariat. Nous aurons probablement besoin d'une participation européenne de plus de 50 % au moment opportun et il nous reste beaucoup moins de chemin à parcourir pour y parvenir que d'autres en raison de notre structure actuelle de l'actionnariat", a quant à elle expliqué Easyjet.

Fabrice Gliszczynski

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