Brexit : la livre accuse sa plus forte chute en deux ans

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(Crédits : Reuters)
La livre a affiché jeudi sa plus forte chute sur une séance depuis 2016 face au dollar et à l'euro, ébranlée par les inquiétudes grandissantes sur la capacité de la Première ministre britannique à faire adopter un accord sur le Brexit après plusieurs démissions.

La monnaie britannique a terminé à 1,2774 dollar contre 1,2992 dollar mercredi soir vers 22h GMT, en baisse de 1,68%, sa plus forte chute sur une séance depuis octobre 2016. La monnaie européenne, de son côté, a clôturé à 88,67 pence pour un euro, contre 87,05 pence mercredi soir. L'euro a ainsi affiché avec +1,87% sa meilleure séance face à la livre depuis juin 2016 et le vote du Brexit.

Face au billet vert, l'euro a repris un peu de vigueur et a clôturé à 1,1328 dollar pour un euro, contre 1,1310 dollar mercredi à 22h GMT.

Un jeudi noir pour May

Theresa May a défendu fermement devant les députés jeudi son projet d'accord de divorce avec l'Union européenne, faisant planer la menace d'un retour en arrière sur le Brexit si elle n'obtenait pas de soutien. Mais le texte de près de 600 pages a aussi provoqué la démission de quatre membres de son gouvernement et un député conservateur pro-Brexit a réclamé un vote de défiance contre le Premier ministre britannique.

Lire aussi : Brexit : des ministres clament haut et fort leurs doutes sur le plan de Theresa May

Cette cacophonie a fait chuter la livre sterling face à l'euro et au dollar.

"L'incertitude grandissante et la crainte d'un Brexit désordonné se reflètent également sur le marché des changes", a souligné Fiona Cincotta, analyste pour City Index.

"Les marchés commencent à envisager ce qui serait le pire scénario pour l'économie britannique: un 'Brexit dur' ou un Brexit sans accord", a abondé Christopher Vecchio de DailyFX.

Si le sommet prévu le dimanche 25 novembre pour finaliser et formaliser l'accord du Brexit entre responsables britanniques et européens devait être annulé, "cela serait un nouveau coup dur pour la livre britannique", a-t-il avancé.

Mercredi, la livre avait oscillé entre pertes et gains, au gré des rumeurs sur de possibles démissions de ministres, sur un éventuel vote de défiance à l'encontre de Theresa May au Parlement ou sur l'accord en lui-même. Elle avait néanmoins terminé la séance en légère hausse, rassurée par l'aval donné alors par le gouvernement.

Ajoutant aux déboires de la livre, "les chiffres des ventes au détail au Royaume-Uni (pour octobre) sont un désastre total avec la plus forte baisse depuis sept mois", a souligné Naeem Aslam, analyste pour Think Markets.

Dans le même temps, le dollar a un temps profité de chiffres dans leur ensemble encourageants sur l'économie américaine, avec en particulier un net rebond des ventes au détail en octobre.

(avec agences)

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a écrit le 16/11/2018 à 16:32 :
La chute, sans doute, parce qu'elle était nettement plus haute le 13/11 mais elle était nettement plus basse le 30/10! Donc, il y a encore de la réserve.
a écrit le 16/11/2018 à 12:12 :
Et pourtant de grands intellectuels sont partisan du Brexit .Prenez GPT ,le grand Président Trump .Il a quand même trois livres dans sa bibliothèque !D'accord il n'a pas fini de colorier le troisième mais c'est quand même mieux que Poutine qui ne consulte que des livres de théologie depuis qu'il a retrouvé la vraie foi orthodoxe .
a écrit le 16/11/2018 à 12:00 :
On commence à peine à se rendre compte des graves conséquences du Brexit.
Cette sorte de désordre engendré volontairement par quelques nationaloegos.
Theresa May fait ce qu'elle peut, mais l'UE est en position de force, c'est même tout l’intérêt de la chose, en plus du marché unique.
On aura beau critiquer les dysfonctionnements de l'UE, ses imperfections, ses rigueurs excessives sur certains points, ses lacunes sur d'autres, elle a le mérite d'exister.
Les marchés, qui préfèrent toujours la stabilité, ont commencé ou fini par y croire.

Comment sortir de ce bourbier ? personne n'en sait rien puisque c'est une première. Théoriquement c'est à ceux qui ont volontairement déclenché ce processus de proposer des solutions. Sauf s'ils n'ont rien prévu comme solution ? Dans ce cas on comprend que les marches s’inquiètent.
a écrit le 16/11/2018 à 10:15 :
Il suffit que l'on s'accorde un tant soit peu avec cet administration hors sol qu'est l'UE de Bruxelles pour que l'optimisme soit en berne!
a écrit le 16/11/2018 à 8:19 :
Nombreux anglais voient bien que l'UE est incroyablement faible du fait de sa corruption inhérente et exposée aux yeux de tous, ils pensent, surtout avec l'Italie qui commence à se révolter elle aussi, que c'est le moment de négocier face aux soldats néolibéraux technocrates européens un meilleur accord et ils ont raison.

May n'a pas à épargner l'UE et son oligarchie en déclin, au contraire, la combattre c'est défendre la vie dans son ensemble.
a écrit le 16/11/2018 à 7:55 :
La Livre est encore haute...au mois d'Aout elle était à plus de 0.90 face à l'euro...

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