Brexit : Michel Barnier ne veut pas d'un "backstop" irlandais limité dans le temps

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(Crédits : Reuters)
Le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne (UE), Michel Barnier, a une fois de plus écarté ce jeudi l'idée de revenir sur le "backstop" irlandais (ou filet de sécurité) prévu dans l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le 29 janvier, les députés britanniques devront se prononcer sur une série d'amendements, notamment celui de la députée travailliste Yvette Cooper qui pourrait repousser le divorce de neuf mois.

Contrairement aux exigences des Brexiters, Michel Barnier refuse toujours de revenir sur le "backstop" irlandais (ou filet de sécurité), prévu dans l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne afin d'éviter le retour d'une frontière en Irlande du Nord. Dans un entretien au Monde ce jeudi 24 janvier, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit a déclaré que le filet de sécurité ne peut être limité dans le temps, car cela contreviendrait à son objectif qui est de garantir l'absence de frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande.

« Ce filet de sécurité fait partie du traité de retrait. C'est une assurance pour préserver la paix et la stabilité de l'île d'Irlande (...) Le "backstop" dont nous parlons aujourd'hui [l'Irlande du Nord resterait alignée sur les règles du marché intérieur et le Royaume-Uni dans son ensemble serait maintenu dans une union douanière], c'est le Brexit qui nous l'impose. Et c'est celui qu'a choisi le Royaume-Uni », explique t-il dans les colonnes du Monde.

Ces propos battent en brèche l'espoir qu'ont certains, à Londres, de voir le gouvernement britannique faire entériner l'accord par les députés en fixant une limite dans le temps à l'application de la clause de "backstop". En effet, les partisans d'un divorce net avec l'UE voient cette clause comme un "piège", qui arrimerait leur pays indéfiniment à l'Union malgré le Brexit.

En cas de "no deal", des policiers irlandais mobilisés sur la frontière

Le négociateur européen, qui doit s'entretenir ce jeudi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel, a estimé en outre qu'une autre possibilité envisagée par Londres, celle de conclure un accord bilatéral avec Dublin, était elle aussi impossible, car la frontière de l'Irlande est amenée à devenir la frontière de l'UE et du marché intérieur après le Brexit.

À ses yeux, l'accord qui a été négocié avec les Britanniques - mais qui a été nettement rejeté par les députés de la Chambre des communes le 15 janvier -, est le meilleur qui existe, si l'on tient compte des "fameuses lignes rouges" fixées par le Royaume-Uni. D'autres options seront possibles si ces lignes rouges évoluent, a cependant relativisé Michel Barnier.

L'Irish Independent écrit ce jeudi qu'en cas de Brexit dur, 600 agents de police pourraient être déployés aux quelque 300 postes-frontières échelonnés le long des 500 km de frontière entre l'Irlande et l'Ulster. Le journal irlandais cite des source au fait d'une réunion qui s'est tenue mercredi entre un haut responsable de la police irlandaise, Drew Harris, et ses collaborateurs.

L'idée d'un report de la date du Brexit fait son chemin au Parlement britannique

Si Michel Barnier exclut de renégocier l'accord, il ne ferme pas la porte à un possible report de la date du retrait du Royaume-Uni de l'UE, prévu en principe le 29 mars prochain à 23h00 GMT. Mais il pose des conditions : un tel report devra être justifié, limité dans le temps et ne devra pas perturber les élections européennes qui se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019.

« Cette décision devra être prise sur demande des Britanniques et approuvée par les Vingt-sept au consensus. Le Parlement européen aura aussi son mot à dire. »

En ce sens, un amendement a été déposé par la députée travailliste Yvette Cooper, soutenu par plusieurs élus conservateurs afin d'éviter un "no deal". Il donnerait jusqu'au 26 février à la Première ministre Theresa May pour faire ratifier un accord de Brexit par la Chambre des communes. Passé ce délai, et faute d'accord, le Parlement prendrait l'initiative en votant sur l'opportunité de demander à l'Union européenne un report de la mise en oeuvre de l'article 50 du traité européen. L'idée serait de prolonger le calendrier de neuf mois et de repousser la date du divorce au 31 décembre 2019.

Mais aux yeux de la chef du gouvernement, un report ne résoudrait en rien la situation.

« Ce que nous voyons, ce sont des amendements qui visent à créer une situation dans laquelle l'article 50 serait prolongé. Cela ne résout pas le problème, il faudra bien prendre une décision à un moment ou un autre. Cette décision ne changera pas : pas d'accord, un accord ou pas de Brexit », a déclaré Theresa May mercredi devant le Parlement.

Le Parlement britannique se prononcera le 29 janvier sur le "plan B" de Theresa May, qui est quasi similaire à l'accord avec l'UE rejeté la semaine dernière.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 25/01/2019 à 12:38 :
Il n'y a pas lieu de repousser la date du brexit :les Anglais l'ont voulu et doivent en supporter les conséquences et faire en sorte de ne pas entraver la bonne marche de l'UE . Les gouvernements , les entreprises , les citoyens de tous les pays concernés ont besoin de connaitre rapidement les règles qui seront applicables après le divorce. Ceci 'est valable des deux côtés de la Manche . Dans le monde instable actuel , il est plus que temps pour l'Europe de retrouver un équilibre que les Anglais ont gravement perturbé .
a écrit le 24/01/2019 à 17:46 :
Le fond du problème est donc bien l'Irlande, qui comme son voisin Grand Breton s'accroche à son opt out de schengen. Que l'Irlande adhère à Schengen et qu'une frontière physique apparaisse entre a république et Ulster, où est le problème? La vraie question est de savoir si les européens vont continuer à accepter qu'un état de l'EU ait une frontière ouverte avec un pays tiers, la GB, et continue à maintenir une frontière avec le reste de l'EU. On croit rêver.....Une frontière en dur entre le R-U et l'EU, voilà la seule solution. Problème résolue. Les habitants de la province Britannique n'ont alors qu'a réclamer une fusion avec l'Eire, sinon, hard border.
a écrit le 24/01/2019 à 16:30 :
Maintenant que la G.B.est parti, on va pouvoir parler une autre langue que l'anglais dans l'UE de Bruxelles! Non?
a écrit le 24/01/2019 à 15:45 :
@Gedeon: qu'est-ce que le salaire de Barnier vient faire dans ce commentaire ???
Vous pensez que le jeter en pâture en l'accompagnant du qualificatif de "millionnaire" aide au débat sur le fond ?
Pour ma part, je ne sais pas combien il gagne et je m'en fiche un peu tant qu'il fait du bon boulot et défend les intérêts des européens. Si vous voulez que nos dirigeants ne soient pas payés, vous accepterez de fait qu'ils soient sous l'influence de "sponsors" cachés dans l'ombre, ou bien que l'on ait que des rentiers à la barre... Beau tableau !
Réponse de le 24/01/2019 à 16:48 :
"et défend les intérêts des européens."

Non il défend l'intérêt des marchés financiers qui n'est absolument pas celui des citoyens européens.

Par ailleurs c'est facile de taper sur ceux qui font des maladresses mais par contre plus difficile de s'attaquer à mes arguments hein ?

Voilà pourquoi une fois de plus mes commentaires ne sont pas validés...

Vous avez belle mine tiens à vous poser là en donneur de leçons. -_-
Réponse de le 24/01/2019 à 17:04 :
Faites excuse Barnier non élu n' a JAMAIS défendu les intérêts des européens mais celui de l' UE des lobbies et des banquiers décidés par les 27 autres commissaires non élus -tout comme lui- mais cooptés entre eux .
Nous avons les Gilets Jaunes par réaction à cette politique de classe et
de caste européenne au seul service du 1%, voulez-vous encore de ces non solutions européennes qui organisent la destruction des pays ..?
https://www.upr.fr/actualite/europe/les-gope-grandes-orientations-politique-economique-feuille-route-economique-matignon/
Vous reprendrez bien alors une petite louche de GOPE..?
a écrit le 24/01/2019 à 15:26 :
barnier , c'est le genre d’échecs en serie
a écrit le 24/01/2019 à 12:15 :
Il faut en finir avec les pantalonnades de Londres, l'accord possible est finalisé, c'est oui ou non.
La G.B s'en tirera toujours aussi bien voire mieux que la CEE, surtout quand on ne connaît pas encore le résultat des prochaines élections européennes qui peut donner une Europe en pleine débandade.
Réponse de le 24/01/2019 à 13:33 :
"les pantalonnades de Londres," Ou celles de Bruxelles ..?
Frau Merkel voit 25 % de la production automobile totale allemande concernée par son premier marché, le marché anglais et impactée de fait par le Brexit..
Qui peut encore croire qu' un no deal changerait qqe chose au-delà d' ouvrir la voie aux autres en retirant la peau d' oignon qui couvre les yeux des pays friands d' indépendance et de démocratie alors que l' UE cherche à travers sa com quotidienne à casser l' effet contagion ..?
Barnier-le-millionnaire perdrait la face en même temps que 23500 euros mensuels et alors ..?
http://paiecheck.com/2013/10/15/salaire-michel-barnier-commissaire-europeen/
a écrit le 24/01/2019 à 11:58 :
Il serait peut-être temps d'affirmer ce que je dis depuis toujours à savoir que l'UE n'est là que pour punir les anglais ce qui est de très mauvais augure en cas d'un brexit sans deal.

Le déclin européen mené tambour battant par la vieille oligarchie allemande.

Tout va bien.

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