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ÉconomieUnion européenne

Brexit : Michel Barnier ne veut pas d'un "backstop" irlandais limité dans le temps

latribune.fr

Publié le 24 janvier 2019 à 10:48 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:02

Michel Barnier, UE, Brexit

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Le négociateur en chef du Brexit pour l'Union européenne (UE), Michel Barnier, a une fois de plus écarté ce jeudi l'idée de revenir sur le "backstop" irlandais (ou filet de sécurité) prévu dans l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le 29 janvier, les députés britanniques devront se prononcer sur une série d'amendements, notamment celui de la députée travailliste Yvette Cooper qui pourrait repousser le divorce de neuf mois.

Contrairement aux exigences des Brexiters, Michel Barnier refuse toujours de revenir sur le "backstop" irlandais (ou filet de sécurité), prévu dans l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne afin d'éviter le retour d'une frontière en Irlande du Nord. Dans un entretien au Monde ce jeudi 24 janvier, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit a déclaré que le filet de sécurité ne peut être limité dans le temps, car cela contreviendrait à son objectif qui est de garantir l'absence de frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande.

«Ce filet de sécurité fait partie du traité de retrait. C'est une assurance pour préserver la paix et la stabilité de l'île d'Irlande (...) Le "backstop" dont nous parlons aujourd'hui [l'Irlande du Nord resterait alignée sur les règles du marché intérieur et le Royaume-Uni dans son ensemble serait maintenu dans une union douanière], c'est le Brexit qui nous l'impose. Et c'est celui qu'a choisi le Royaume-Uni», explique t-il dans les colonnes du Monde.

Ces propos battent en brèche l'espoir qu'ont certains, à Londres, de voir le gouvernement britannique faire entériner l'accord par les députés en fixant une limite dans le temps à l'application de la clause de "backstop". En effet, les partisans d'un divorce net avec l'UE voient cette clause comme un "piège", qui arrimerait leur pays indéfiniment à l'Union malgré le Brexit.

En cas de "no deal", des policiers irlandais mobilisés sur la frontière

Le négociateur européen, qui doit s'entretenir ce jeudi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel, a estimé en outre qu'une autre possibilité envisagée par Londres, celle de conclure un accord bilatéral avec Dublin, était elle aussi impossible, car la frontière de l'Irlande est amenée à devenir la frontière de l'UE et du marché intérieur après le Brexit.

À ses yeux, l'accord qui a été négocié avec les Britanniques - mais qui a été nettement rejeté par les députés de la Chambre des communes le 15 janvier -, est le meilleur qui existe, si l'on tient compte des "fameuses lignes rouges" fixées par le Royaume-Uni. D'autres options seront possibles si ces lignes rouges évoluent, a cependant relativisé Michel Barnier.

L'Irish Independent écrit ce jeudi qu'en cas de Brexit dur, 600 agents de police pourraient être déployés aux quelque 300 postes-frontières échelonnés le long des 500 km de frontière entre l'Irlande et l'Ulster. Le journal irlandais cite des source au fait d'une réunion qui s'est tenue mercredi entre un haut responsable de la police irlandaise, Drew Harris, et ses collaborateurs.

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L'idée d'un report de la date du Brexit fait son chemin au Parlement britannique

Si Michel Barnier exclut de renégocier l'accord, il ne ferme pas la porte à un possible report de la date du retrait du Royaume-Uni de l'UE, prévu en principe le 29 mars prochain à 23h00 GMT. Mais il pose des conditions : un tel report devra être justifié, limité dans le temps et ne devra pas perturber les élections européennes qui se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019.

«Cette décision devra être prise sur demande des Britanniques et approuvée par les Vingt-sept au consensus. Le Parlement européen aura aussi son mot à dire.»

En ce sens, un amendement a été déposé par la députée travailliste Yvette Cooper, soutenu par plusieurs élus conservateurs afin d'éviter un "no deal". Il donnerait jusqu'au 26 février à la Première ministre Theresa May pour faire ratifier un accord de Brexit par la Chambre des communes. Passé ce délai, et faute d'accord, le Parlement prendrait l'initiative en votant sur l'opportunité de demander à l'Union européenne un report de la mise en oeuvre de l'article 50 du traité européen. L'idée serait de prolonger le calendrier de neuf mois et de repousser la date du divorce au 31 décembre 2019.

Mais aux yeux de la chef du gouvernement, un report ne résoudrait en rien la situation.

« Ce que nous voyons, ce sont des amendements qui visent à créer une situation dans laquelle l'article 50 serait prolongé. Cela ne résout pas le problème, il faudra bien prendre une décision à un moment ou un autre. Cette décision ne changera pas : pas d'accord, un accord ou pas deBrexit », a déclaré Theresa May mercredi devant le Parlement.

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Le Parlement britannique se prononcera le 29 janvier sur le "plan B" de Theresa May, qui est quasi similaire à l'accord avec l'UE rejeté la semaine dernière.

(avec Reuters)

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