Brexit : Michel Barnier ne veut pas d'un "backstop" irlandais limité dans le temps
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Michel Barnier, UE, Brexit
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Contrairement aux exigences des Brexiters, Michel Barnier refuse toujours de revenir sur le "backstop" irlandais (ou filet de sécurité), prévu dans l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne afin d'éviter le retour d'une frontière en Irlande du Nord. Dans un entretien au Monde ce jeudi 24 janvier, le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit a déclaré que le filet de sécurité ne peut être limité dans le temps, car cela contreviendrait à son objectif qui est de garantir l'absence de frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande.
Ces propos battent en brèche l'espoir qu'ont certains, à Londres, de voir le gouvernement britannique faire entériner l'accord par les députés en fixant une limite dans le temps à l'application de la clause de "backstop". En effet, les partisans d'un divorce net avec l'UE voient cette clause comme un "piège", qui arrimerait leur pays indéfiniment à l'Union malgré le Brexit.
Le négociateur européen, qui doit s'entretenir ce jeudi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel, a estimé en outre qu'une autre possibilité envisagée par Londres, celle de conclure un accord bilatéral avec Dublin, était elle aussi impossible, car la frontière de l'Irlande est amenée à devenir la frontière de l'UE et du marché intérieur après le Brexit.
À ses yeux, l'accord qui a été négocié avec les Britanniques - mais qui a été nettement rejeté par les députés de la Chambre des communes le 15 janvier -, est le meilleur qui existe, si l'on tient compte des "fameuses lignes rouges" fixées par le Royaume-Uni. D'autres options seront possibles si ces lignes rouges évoluent, a cependant relativisé Michel Barnier.
L'Irish Independent écrit ce jeudi qu'en cas de Brexit dur, 600 agents de police pourraient être déployés aux quelque 300 postes-frontières échelonnés le long des 500 km de frontière entre l'Irlande et l'Ulster. Le journal irlandais cite des source au fait d'une réunion qui s'est tenue mercredi entre un haut responsable de la police irlandaise, Drew Harris, et ses collaborateurs.
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Si Michel Barnier exclut de renégocier l'accord, il ne ferme pas la porte à un possible report de la date du retrait du Royaume-Uni de l'UE, prévu en principe le 29 mars prochain à 23h00 GMT. Mais il pose des conditions : un tel report devra être justifié, limité dans le temps et ne devra pas perturber les élections européennes qui se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019.
En ce sens, un amendement a été déposé par la députée travailliste Yvette Cooper, soutenu par plusieurs élus conservateurs afin d'éviter un "no deal". Il donnerait jusqu'au 26 février à la Première ministre Theresa May pour faire ratifier un accord de Brexit par la Chambre des communes. Passé ce délai, et faute d'accord, le Parlement prendrait l'initiative en votant sur l'opportunité de demander à l'Union européenne un report de la mise en oeuvre de l'article 50 du traité européen. L'idée serait de prolonger le calendrier de neuf mois et de repousser la date du divorce au 31 décembre 2019.
Mais aux yeux de la chef du gouvernement, un report ne résoudrait en rien la situation.
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Le Parlement britannique se prononcera le 29 janvier sur le "plan B" de Theresa May, qui est quasi similaire à l'accord avec l'UE rejeté la semaine dernière.
(avec Reuters)
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