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ÉconomieUnion européenne

Risque d'un "no deal" sur le Brexit : la France active son plan d'urgence

latribune.fr

Publié le 17 janvier 2019 à 12:15 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:04

Brexit, Grande-Bretagne

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Au lendemain du rejet de l'accord sur le Brexit par le Parlement britannique, Matignon a déclenché ce jeudi 17 janvier un "plan d'urgence" lié à un Brexit sans accord, qui pourrait avoir lieu dès mars. De l'autre côté de la Manche, Theresa May consulte et travaille à l'élaboration d'un "plan B" qui sera débattu et soumis au vote des députés le 29 janvier.

La France lance les préparatifs d'un Brexit dur. Le Premier ministre Édouard Philippe a déclenché ce jeudi 17 janvier lors d'une réunion à Matignon, en présence des 14 ministres concernés, son plan d'urgence pour préparer la France à un Brexit sans accord, jugeant cette éventualité « de moins en moins improbable » après le rejet de l'accord de sortie par le Parlement britannique. En ce sens, cinq ordonnances seront adoptées dans les trois semaines qui viennent pour s'y préparer et 50 millions d'euros seront investis dans les ports et aéroports, « les lieux les plus concernés par les modifications à apporter compte tenu du Brexit dur. »

«On peut regretter ce rejet ou s'en réjouir, en tout cas ce qui est certain c'est que l'hypothèse d'unBrexitsans accord est de moins en moins improbable. Dans ces conditions, notre responsabilité c'est de faire en sorte que notre pays soit prêt, que les intérêts de nos concitoyens soient préservés et défendus», a-t-il poursuivi au surlendemain du rejet par la chambre des Communes de l'accord de sortie de l'Union européenne négocié pendant de longs mois.

Ces mesures découlent du projet de loi habilitant le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de préparation au Brexit, adopté mercredi par les députés, et qui sera promulgué dans la semaine.

« Quelque 600 recrutements seront réalisés dans les semaines qui viennent », a-t-il ajouté en évoquant des douaniers, vétérinaires et agents de l'État.

Trois ordonnances pour "assurer la continuité"

Édouard Philippe a, par ailleurs, promis des dispositions pour défendre les intérêts des pêcheurs français, qui seront annoncées courant février, estimant que le secteur était « susceptible d'être le plus durement impacté par cette sortie sans accord à laquelle les Britanniques ont l'air décidés de se diriger ».

La première ordonnance, qui porte sur les droits des citoyens britanniques en France, prévoit entre autres "une période de douze mois pendant laquelle, sous réserve de réciprocité, ressortissants britanniques pourront continuer de résider en France sans titre de séjour". La deuxième permet "la réalisation en urgence des infrastructures nécessaires au rétablissement des contrôles aux frontières" tandis que la troisième "permettra aux entreprises établies aux Royaume-Uni de continuer à réaliser en France des opérations de transport routier", précise Matignon dans un communiqué.

Les deux derniers textes portent sur "la continuité de certaines activités financières, en particulier en matière d'assurances, après la perte du passeport financier du Royaume-Uni" et la poursuite des transferts de matériels de défense entre Paris et Londres.

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Outre-Manche, le président des Tories exclut de rester dans l'union douanière

La Première ministre britannique Theresa May a survécu mercredi soir à une motion de défiance du Parti travailliste, dans la foulée du rejet par la Chambre des communes du projet d'accord qu'elle soutenait sur le Brexit. Elle est désormais dans l'obligation de trouver un compromis capable de réunir une majorité sur les conditions du divorce. En ce sens, des réunions vont se tenir dans la journée entre des membres du gouvernement et les principaux élus conservateurs à la Chambre des communes.

À ce stade des négociations, le dirigeant du Parti conservateur Brandon Lewis a déjà exclu que le Royaume-Uni reste dans l'union douanière après le Brexit, comme l'ont notamment suggéré mercredi certains élus de l'opposition travailliste.

«Une des choses que nous devons être en mesure de faire (...) est la capacité de conclure des accords commerciaux internationaux, de pouvoir commercer dans le monde entier et d'avoir une politique commerciale indépendante, ce qui signifie que nous ne pouvons pas rester dans l'union douanière actuelle de l'UE», a -t-il déclaré sur les ondes de la BBC.

Il a également assuré que l'idée d'un second référendum qui permettrait aux électeurs britanniques de décider si leur pays doit ou non sortie de l'UE n'était pas sur la table.

Le "plan B" de May soumis au vote le 29 janvier

Si aucune solution de compromis n'est trouvée d'ici au 29 mars, le Royaume-Uni sortira de l'UE sans accord, à moins de demander d'ici là - et de convaincre les Européens d'accepter -, une prolongation de la période de négociations de deux ans prévue par l'article 50 des traités européens.

Pour l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair,« si j'étais le gouvernement, j'aurais déjà entamé des discussions avec l'Europe sur les modalités d'une prolongation »a-t-il déclaré à la BBC.

Pour être acceptée, une telle demande suppose l'unanimité des Vingt-Sept. Selon une source à l'Élysée, elle ne serait acceptable que si elle s'accompagne d'une stratégie ou d'une volonté de changement important côté britannique - comme un autre référendum ou une modification de leurs lignes rouges.

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Mais l'hypothèse a été rejetée une nouvelle fois mercredi matin par la ministre britannique chargée des Relations avec le parlement, Andrea Leadsom. Elle a précisé ce jeudi qu'un "plan B" sera présenté le 21 janvier par Theresa May, et qu'il sera débattu et soumis au vote des députés le 29 janvier prochain.

(avec Reuters)

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