Brexit : Theresa May fragilisée dans ses discussions avec l'UE par une défaite au Parlement

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La Première ministre britannique Theresa May .
La Première ministre britannique Theresa May . (Crédits : Francois Lenoir)
La Première ministre britannique Theresa May a enregistré jeudi une défaite embarrassante au Parlement, qui a rejeté sa stratégie de négociation du Brexit, compliquant ainsi sa position face à Bruxelles avec qui elle veut rediscuter l'accord de retrait de l'UE.

La Première ministre britannique Theresa May a enregistré jeudi 14 février une défaite embarrassante, qualifié ce vendredi "d'accident de parcours" par le gouvernement, au Parlement, qui a rejeté sa stratégie de négociation du Brexit, compliquant ainsi sa position face à Bruxelles avec qui elle veut rediscuter l'accord de retrait de l'UE. L'exécutif affirmait dans cette motion poursuivre un double objectif: obtenir des "arrangements alternatifs" au "filet de sécurité" censé maintenir une frontière ouverte sur l'île d'Irlande après le Brexit ("backstop" en anglais), et écarter le scénario d'un "no deal", soit une sortie sans accord redoutée par les milieux d'affaires comme par une partie des députés.

Mais les plus fervents partisans du Brexit au sein du Parti conservateur au pouvoir refusent de voir le gouvernement cautionner l'abandon du scénario du "no deal". Ils avaient prévenu de leur intention de s'abstenir si la motion n'était pas reformulée, et ont donc fait basculer le vote. Si le vote n'a pas de conséquence contraignante pour l'exécutif, il affaiblit la Première ministre dans sa tentative de rouvrir les négociations avec Bruxelles: la dirigeante britannique, qui se prévalait jusque-là d'un "mandat clair" des députés pour modifier l'accord, vient de perdre cet appui. Des "où est-elle ?" ont fusé à la Chambre des Communes, alors que la cheffe du gouvernement avait pris soin de ne pas assister à l'annonce des résultats.

Downing Street veut maintenir le cap

"Le vote de ce soir montre qu'il n'y a pas de majorité pour la ligne de conduite de la Première ministre", a tonné le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn. Ce dernier, qui a une nouvelle fois accusé l'exécutif de "jouer la montre", a néanmoins lui aussi essuyé une défaite. Son amendement, visant à limiter la marge de manoeuvre du gouvernement, a été rejeté par 322 voix contre 306. Un autre amendement, soutenu par le parti indépendantiste écossais SNP, exigeant de repousser la date du Brexit, a lui aussi été rejeté, tandis que la députée conservatrice Anna Soubry a retiré avant le vote son amendement, qui réclamait au gouvernement la publication d'une étude sur l'impact économique d'un Brexit sans accord.

Elle a annoncé avoir obtenu de l'exécutif la garantie que les documents seraient rendus publics. Downing Street a réagi en assurant que le gouvernement "continuerait" à travailler pour obtenir un accord remanié, afin "que nous sortions (de l'UE) comme prévu le 29 mars". Theresa May, engagée depuis deux semaines dans de nouvelles discussions avec l'UE, peine à obtenir une réouverture des négociations. Alors que les dirigeants européens se montrent inflexibles, elle a reconnu mardi 10 février avoir "besoin de temps".

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Commentaires
a écrit le 16/02/2019 à 1:47 :
7/2 , c'est le cours d'hier des boobkmakers brits pour un brexit hard.
Je crains qu'ils n'aient raison.
a écrit le 15/02/2019 à 20:43 :
UK ou le bateau ivre
a écrit le 15/02/2019 à 19:26 :
Et pendant ce temps Trump se frotte le bedon en mode vite un Brexit no deal .
"Nous poursuivons nos échanges commerciaux et nous allons même les augmenter très substantiellement à mesure que le temps passe"
a écrit le 15/02/2019 à 18:51 :
Les brittaniques sont très forts, ils ont voté pour un divorce et font tout pour qu'il ne se produise pas. Les populistes italiens sont pas mal non plus, ils critiquent l'UE mais ils n'ont pas envie de subir le sort de l'Ukip, si l'Italie quitte l'UE à quoi serviront les populistes ?
a écrit le 15/02/2019 à 17:02 :
Vouloir travailler a la fois pour l'UE de Bruxelles et pour la GB n'est pas chose facile, les anglais ne sont pas dupe!
a écrit le 15/02/2019 à 16:58 :
J'attends avec impatience un ou des commentaires de l'UPR et plus particulièrement@ Gédéon ou @ Bigouden dont on lit avec une certaine rareté un avis sur ce type d'article. Il serait intéressant de voir leur position par rapport à un pays divisé et dont aucune majorité ne sort. Mais il serait encore plus intéressant que le caché M. Asselineau commente sur ce qui se passe chez nos amis anglais, allez courage.
Réponse de le 15/02/2019 à 18:47 :
Voilà voilà, fallait juste demander à un spécialiste de l' Ue ...
https://www.upr.fr/actualite/brexit-le-point-a-50-jours-de-lecheance-allocution-de-francois-asselineau-diffusee-le-10-02-2019-a-20h-sur-upr-tv/
a écrit le 15/02/2019 à 13:24 :
"compliquant ainsi sa position face à Bruxelles"

Pourquoi compliquant ?

Vous n'arrêtez pas de nous dire que les deux parties sont chacune campée sur leurs positions depuis des mois maintenant sans la moindre volonté de faire un pas vers l'autre, je vois mal ce qui peut compliquer les "négociations" encore plus qu'une situation de blocage.

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