Brexit : Theresa May promet un vote d'ici au 12 mars au Parlement

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Quitter l'Union européenne avec un accord le 29 mars est toujours à notre portée et ce c'est à quoi nous travaillons, a annoncé La Première ministre britannique Theresa May
"Quitter l'Union européenne avec un accord le 29 mars est toujours à notre portée et ce c'est à quoi nous travaillons", a annoncé La Première ministre britannique Theresa May (Crédits : SIMON DAWSON)
La Première ministre britannique a promis qu'un vote sur le Brexit aurait lieu à la Chambre des communes d'ici au 12 .

La Première ministre britannique Theresa May a promis dimanche qu'un vote sur le Brexit aurait lieu à la Chambre des communes d'ici au 12 mars. Prolonger l'article 50 et différer le Brexit ne régleraient pas le problème mais ne feraient que le déplacer, a ajouté la Première ministre britannique en route pour la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh où se tient un sommet entre l'Union européenne et la Ligue des Etats arabes. "Nous ne soumettrons pas un vote significatif au Parlement cette semaine mais nous nous assurerons qu'il aura lieu d'ici au 12 mars", a-t-elle annoncé aux journalistes l'accompagnant vers l'Egypte.

"Quitter l'Union européenne avec un accord le 29 mars est toujours à notre portée et ce c'est à quoi nous travaillons", a-t-elle ajouté, précisant que ses équipes seraient de retour à Bruxelles cette semaine pour de nouvelles discussions. Theresa May a réaffirmé qu'elle pensait qu'il valait mieux quitter l'UE avec un accord que sans accord.

"La balle est dans le camp britannique"

"La balle est dans le camp britannique", a rappelé dimanche le commissaire européen Pierre Moscovici, à 33 jours du Brexit, et alors que l'Union européenne est restée inflexible sur une réouverture de l'accord de divorce rejeté par le Parlement britannique en janvier. "On a envie de dire, +Messieurs les Anglais, tirez les premiers !", a lancé l'ex-ministre de l'Economie et des Finances (2012-2014) du gouvernement socialiste de François Hollande, lors de l'émission "Le Grand Rendez-Vous" organisée par Europe 1, Cnews et Les Echos. Il a martelé que ce sont "les Britanniques qui ont voté pour le Brexit". "Ils vont quitter l'UE, c'est leur choix souverain et ce sera le 29 mars", a-t-il fait valoir, en réponse à des questions sur un possible report.

"On sait qu'ils ne veulent pas de l'accord tel qu'il est, même si ce n'est pas loin d'être le meilleur possible, et ils ne veulent pas non plus d'un "no deal" (absence d'accord), c'est-à-dire "une sortie désordonnée", a-t-il rappelé. "Dans les 33 jours qui restent, ils doivent dire ce qu'ils veulent".

Désormais, selon Pierre Moscovici, "c'est un problème politique" du côté des Britanniques: "il faut que le parlement arrive à se prononcer sur une motion majoritaire". Pour le reste, sur le plan pratique, "tout a été prévu dans les discussions depuis 3 ans, des dizaines de milliers de documents ont été établis". Son scénario préféré reste celui de l'application de l'accord âprement négocié avec Londres pendant près d'un an et demi, qui permettrait que "la vie continue", avec l'ouverture d'une période de transition, sans changements douaniers dans un premier temps. Mais la Commission européenne se prépare à la possibilité d'une sortie brutale le 29 mars, et les entreprises doivent le faire aussi, a estimé le commissaire européen.

"Dans l'hypothèse d'un +no deal", il faut qu'on puisse avoir des contrôles douaniers sur les marchandises, des contrôles vétérinaires, phyto-sanitaires", a-t-il détaillé. "Cela fait des mois qu'on s'y prépare, (...) et mes services ont lancé des campagnes (d'information, ndlr) pour les entreprises, notamment pour les PME qui doivent savoir ce qu'elles doivent faire."

Pierre Moscovici a précisé qu'il se rendrait à Calais, avant le 29 mars, pour "voir comment les choses fonctionnent sur le terrain" et "délivrer quelques messages". Il a assuré que les douanes françaises étaient "remarquablement bien préparées".

Report?

Trois ministres britanniques ont plaidé samedi pour un report du Brexit, prévu le 29 mars, si aucun accord de divorce d'avec l'Union européenne n'est adopté par le Parlement dans les temps. Les ministres des Entreprises Greg Clark, du Travail Amber Rudd et de la Justice David Gauke s'opposent ainsi ouvertement au scénario d'une sortie de l'UE sans accord, que la Première ministre Theresa May refuse pour sa part à exclure. "Nous espérons que le Parlement reconnaîtra la nécessité de quitter l'UE avec un accord le 29 mars", écrivent-ils dans le "Daily Mail".

"S'il n'y a aucune avancée durant la semaine à venir, l'opinion qui se dégage au Parlement est claire: il vaudrait mieux (...) reporter notre date de départ que de sortir de manière désordonnée de l'Union européenne le 29 mars", ajoutent-ils. Selon eux, une absence d'accord risque d'endommager "gravement" l'économie britannique et de menacer "l'intégrité" du Royaume-Uni.

Toute demande de report doit être approuvée par les 27 autres pays de l'Union européenne. Depuis le rejet massif de l'accord de divorce par les députés britanniques en janvier, Theresa May tente de renégocier avec Bruxelles une nouvelle version du texte, sans y parvenir jusqu'à présent. Elle souhaite obtenir des "changements contraignants" au "filet de sécurité" (ou "backstop" en anglais), une disposition décriée au Royaume-Uni censée garder ouverte la frontière en Irlande après le Brexit. "Après des mois d'incertitude, il est temps que les députés reconnaissent la nécessité d'avoir un accord, qu'ils acceptent que c'est le seul accord possible et qu'ils le soutiennent", insistent Amber Rudd, Greg Clark et David Gauke.

Vendredi, des responsables européens ont douché les espoirs d'une percée lors du sommet entre l'UE et la Ligue arabe dimanche et lundi en Egypte, en marge duquel Theresa May s'entretiendra avec les présidents des institutions européennes. Le dirigeante se laisse jusqu'au 26 février pour trouver une issue. A cette date, sans nouvel accord, un nouveau débat sera organisé le lendemain au Parlement sur la conduite à tenir. Les députés pourraient voter en faveur d'un amendement écartant la possibilité d'un "no deal".

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Commentaires
a écrit le 25/02/2019 à 13:54 :
Il me semble que l'avis de autres pays n'est pas nécessaire. La cour européenne de Justice a jugé que les britanniques peuvent décider seuls d'un report de leur sortie de l'UE.
Il serait judicieux d'envisager que May joue la montre et qu'elle a déjà décidé que, accord ou pas, la GB quittera l'UE. Toutes ses déclarations vont dans ce sens quelque soit le dynamisme, cette agitation, dont elle fait preuve. Une agitation qui pourrait fort bien n'être qu'un rideau de fumée.
a écrit le 25/02/2019 à 12:59 :
Quelle chance cette découverte pétrolifère si près des côtes de grande-Bretagne !
a écrit le 25/02/2019 à 11:45 :
Les anglais ont voté lors d'un référendum la sortie de l'UE ( même si ils connaissaient pas les conséquences reelles). Le parlement veut respecter ce choix par principe de démocratie. Ok, pas de souci. Mais vu qu'au parlement, ils se tirent dans les pattes, pourquoi ne pas faire un référendum sur le choix de sortie entre 3 programmes détaillés des causes et conséquences de chacun ?
Réponse de le 25/02/2019 à 15:32 :
On nous a fait dire "OUI" a l'UE de Bruxelles sans connaitre les conséquences réelles que l'on constate! Sinon la question ne se poserai plus!
a écrit le 25/02/2019 à 9:43 :
y a rien a renegocier
le 29 mars, c'est la sortie, et la on va voir ce qu'ils se passe....
bon, vu le nombre de boites qui commencent a penser qu'il vaut mieux partir, ca peut devenir comique
Réponse de le 25/02/2019 à 15:35 :
Tout a fait d'accord: Que vogue la galère!
Réponse de le 25/02/2019 à 18:58 :
Il n'est jamais trop tard... pour rester.
a écrit le 25/02/2019 à 4:00 :
Ce vote sera rejete. L'europe va repousser la sortie tant esperee par moult francais.
Bruxelles est desemparee a la perspective du desamarrage du RU.
Les bookmakers a Londres revisent leurs pronostics: Brexit dur 6/1.
Brexit soft ou 2021 ? Tout le monde s'interroge. En attendant bcp fuient l'Angleterre.
Réponse de le 25/02/2019 à 9:36 :
Quelles péripéties, Bruxelles serre les fesses car d' autres veulent aussi se barrer de l'UERSS.
Réponse de le 25/02/2019 à 23:50 :
"L'europe va repousser la sortie"
Non. Le RU a signalé son intention de sortir de l'UE au conseil européen, il y a quasiment 2 ans. La sortie du RU de l'UE est de droit le 29 mars d'après l'article 50. Si le Brexit est repoussé, la décision ne viendra pas de Bruxelles mais de Londres.
a écrit le 24/02/2019 à 23:18 :
Il y a trois camps au royaume-uni:
Camp n°1: ceux qui veulent un divorce en coupant les ponts
Camp n°2: Ceux qui veulent bien divorcer mais à la condition que le RU ... signe un PACS avec l'UE devant le notaire.
Camp n°3: Ceux qui ne veulent pas divorcer.
Or le camp n°1 et le camp n°3 que tout oppose vont s'allier pour faire capoter le brexit lors du vote au parlement.
Mme May s'en doute, si elle opère par la suite une sortie sans accord, elle aura les camps n°2 et n°3 contre elle, elle va donc sortir l'article 50 de son chapeau pour officiellement négocier encore un peu avec l'UE. Et comme l'UE ne veut plus négocier, officieusement elle le fera pour gagner du temps.... pour se retrouver exactement dans la même situation un peu plus tard.
a écrit le 24/02/2019 à 21:36 :
Il suffit que l'Irlande du Nord quitte l'UK et adhère à l'Irlande . Bye Bye les british.
a écrit le 24/02/2019 à 18:34 :
.... Étrange.. : ... Le Royaume Uni est une "île... Et portant tout se complique pour ...un "problème de frontière" ....
a écrit le 24/02/2019 à 17:12 :
Nulle cette dame
a écrit le 24/02/2019 à 15:24 :
Voilà qui rassure cet administration hors sol qu'est l'UE de Bruxelles, elle ne perdra pas les subsides de la GB et celle ci restera sous la tutelle de Bruxelles!

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