Brexit : un retour des retraités coûterait un milliard de livres

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Le NHS a besoin d'un accord (sur le Brexit) qui permette aux retraités expatriés de continuer à recevoir des soins à l'étranger, insiste Mark Dayan, auteur de l'étude.
"Le NHS a besoin d'un accord (sur le Brexit) qui permette aux retraités expatriés de continuer à recevoir des soins à l'étranger", insiste Mark Dayan, auteur de l'étude. (Crédits : Reuters/Phil Noble)
Ce montant est deux fois plus élevé que la somme dépensée chaque année par le Royaume-Uni pour permettre la prise en charge de ses ressortissants par les systèmes de sécurité sociale des pays de l'Union européenne

Le service de santé britannique ferait face à une facture annuelle d'un milliard de livres (1,15 milliard d'euros) si les retraités Britanniques expatriés en Europe devaient rentrer au pays et y être soignés après le Brexit, révèle mercredi une étude.

Ce montant est deux fois plus élevé que la somme dépensée chaque année par le Royaume-Uni (573 millions d'euros, ou 500 millions de livres) pour permettre la prise en charge de ses ressortissants par les systèmes de sécurité sociale des pays de l'Union européenne (UE), a calculé le Nuffield Trust, groupe de réflexion qui a publié l'étude. Actuellement, environ 190.000 retraités britanniques bénéficient de ce dispositif : grâce au formulaire européen S1, ils peuvent s'installer dans n'importe quel pays de l'Union européenne et recevoir la même prise en charge sanitaire qu'un citoyen local.

Deux hôpitaux supplémentaires nécessaires

D'après le Nuffield Trust, le retour des retraités britanniques nécessiterait également l'ouverture de deux hôpitaux supplémentaires, soit environ 900 lits, afin de disposer des infrastructures essentielles à leur prise en charge.

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"Le NHS a besoin d'un accord (sur le Brexit) qui permette aux retraités expatriés de continuer à recevoir des soins à l'étranger", insiste Mark Dayan, auteur de l'étude. Il souligne également "la dépendance du NHS" à la main d'œuvre étrangère, pour les médecins comme pour les infirmiers.

Des dizaines de milliers de postes vacants

Si une politique restrictive d'immigration est mise en place après le Brexit, comme le prévoit le gouvernement conservateur, plus de 70.000 postes pourraient être vacants dans les services de santé à l'horizon 2026, souligne l'étude. L'auteur juge également qu'il est "dans l'intérêt des patients Britanniques"  que le Royaume-Uni reste intégré au "marché européen des médicaments", afin d'assurer les approvisionnements du NHS. Cela nécessitera selon lui "un accord" spécifique.

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La Première ministre Theresa May veut sortir le pays du marché commun européen pour reprendre le contrôle de l'immigration. Les négociations de sortie de l'Union européenne avec Bruxelles doivent commencer après les élections législatives du 8 juin au Royaume-Uni. "Je souhaite un accord réciproque, pour que les droits (des retraités britanniques) soient garantis", a déclaré Theresa May, interpellée mercredi par la chaine Sky News sur les conclusions de l'étude.

(Avec AFP)

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a écrit le 31/05/2017 à 18:10 :
Actuellement, environ 190.000 retraités britanniques bénéficient de ce dispositif : grâce au formulaire européen S1, ils peuvent s'installer dans n'importe quel pays de l'Union européenne.

Partout ou en France ?,car d'après l'Insee ,ce chiffre représente la population Britanniques en France, 13.000 par exemple rien qu'en Poitou-Charentes
a écrit le 31/05/2017 à 14:54 :
"formulaire européen S1"

Celui-ci ne concerne pas que les retraités mais aussi les travailleurs détachés, travailleurs frontaliers, fonctionnaires et personnes à leur charge).
a écrit le 31/05/2017 à 14:36 :
Je ne comprend pas que l'Europe ait laissé les Anglais bénéficier à ce point du système, et je ne comprendrais pas que ces déséquilibres éhontés perdurent.

Un milliard de livres que les Anglais isolationnistes auraient à payer en plus en s'occupant eux-mêmes de la santé de leurs retraités, ça équivaudrait à 500 millions de livres que les systèmes sociaux européens auraient à payer en moins, c'est l'impression que ça me donne a priori. C'est donc plutôt une bonne nouvelle, surtout par temps de disette budgétaire : le Brexit va (peut-être) combler le trou de la Sécu ! Champagne !
Réponse de le 31/05/2017 à 15:00 :
@Axel: je me méfierais plutôt en pensant que cet article tend à nous faire croire que sans l'Europe tout est fichu ! Supposant que le rapatriement des retraités britanniques coûte 1 milliard, on ne nous dit pas combien rapporterait l'éviction des retraités étrangers au Royaume-Uni, parce que si on vire les Britanniques, il faut aussi s'attendre à ce que les Britanniques nous virent, non. Les Anglosaxons sont des gens réactifs et personnellement, toutes ces salades pour essayer de les enterrer ne tiennent pas debout, même si j'en conviens la période de transition ne sera pas chose aisée. Tout changement ne s'accomplit pas à coups de baguette magique, n'est-ce pas :-)
Réponse de le 31/05/2017 à 16:46 :
@Patrickb
On comprend que des britanniques viennent prendre leur retraite en France, en Espagne ou au Portugal. Par contre les français ou les espagnols qui prennent leur retraite en Angleterre ne doivent pas être très nombreux car le climat y est peu engageant, l'immobilier est cher et les britanniques ne sont pas très accueillant pour les étrangers depuis le Brexit. Donc il est clair que le Royaume-Uni a plus à y perdre que les autres pays d'Europe.
a écrit le 31/05/2017 à 13:39 :
Un peu facile de faire porter le chapeau du Brexit à la seule Theresa May, elle ne fait que tenter de mettre en musique le mandat que le peuple a donné par référendum en juin dernier après que les Johnson et Farrage, chantres du "leave" se soient peu élégamment défilés. Si comme c'est probable le Royaume-Uni souffre économiquement du brexit, voire si ça tourne au désastre, le peuple britannique n'aura qu'à s'en prendre à lui-même...
a écrit le 31/05/2017 à 13:30 :
En détricotant les accords poste par poste, on va se rendre compte que l'UE a du faire d'énormes concessions pendant des années pour garder UK dans le club.
Je suis curieux de voir si le Brexit ira vraiment au bout....

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