Brexit : "Paris a toutes ses chances" selon Villeroy de Galhau

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François Villeroy de Galhau a fait état de contacts discrets mais très sérieux et nombreux avec des établissements financiers envisageant de quitter Londres pour Paris.
François Villeroy de Galhau a fait état de "contacts discrets mais très sérieux et nombreux" avec des établissements financiers envisageant de quitter Londres pour Paris. (Crédits : Axel Schmidt)
Le gouverneur de la Banque de France a indiqué qu'il y avait des contacts "nombreux et très sérieux" avec des établissements financiers prêts à quitter Londres pour la capitale. Il a nsisté sur la nécessité de déménager "à court terme" le gendarme bancaire de l'UE, sans se prononcer en faveur de Paris.

Non, tout n'est pas perdu pour Paris dans la bataille d'attractivité que se livrent les grandes capitales européennes pour accueillir les établissements financiers obligés de préparer l'après-Brexit et le risque de perte d'accès au marché unique. Certes, seul HSBC a jusqu'ici annoncé son intention de relocaliser environ 1.000 postes en France, où il dispose d'une licence bancaire complète, héritée du rachat du CCF. Mais François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, s'est montré confiant ce lundi, lors d'une conférence de presse :

"Nous avons des contacts discrets mais très sérieux et nombreux avec des établissements internationaux" installés à la City et envisageant de s'installer "à l'intérieur de la zone euro", a-t-il déclaré.

"Je pense que Paris a toutes ses chances" pour attirer ces établissements qui "se laissent un peu de temps pour choisir le lieu de relocalisation".

Plusieurs grandes banques américaines ont déjà révélé leur préférence pour Dublin, Francfort ou Luxembourg. Mais les grands établissements non-européens n'ont pas tous tranché, notamment les groupes japonais.

Relocaliser le gendarme des banques hors de Londres

Le gouverneur de la Banque de France, qui siège au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a par ailleurs insisté sur la nécessité de rapatrier l'Autorité bancaire européenne, que plusieurs capitales, Paris et Francfort en tête, convoitent, mais aussi Luxembourg et Bruxelles.

"A court terme, il est indispensable de relocaliser l'Autorité bancaire européenne pour tenir compte du Brexit, hors de Londres, pour des raisons évidentes, partagées par les 27 pays. Je ne vais pas me prononcer sur le choix de la géographie" a-t-il ajouté.

Il a souligné l'existence d'un "lien irréfragable entre les libertés de circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes, et le respect des règles" en Europe. "C'est une histoire de règles partagées, en particulier dans les services financiers", a-t-il déclaré au sujet de la voie du "hard" ou "clean Brexit" choisie par le Royaume-Uni.

Il a en revanche plaidé pour une révision de "l'architecture de la supervision et de la réglementation européenne", entre les trois autorités en charge de la convergence de la régulation des banques, des assurances et des marchés, c'est-à-dire un rapprochement de l'activité de supervision et de celle de résolution.

Il a également répété "une exigence qui est une évidence" sur un sujet hautement sensible pour la communauté financière londonienne :

"les opérations de compensation en euros, pour toutes celles qui sont d'importance systémique, doivent être localisées là où la supervision de l'Eurosystème pourra s'exercer de manière effective. Et après le Brexit, on ne voit pas comment ceci pourrait être à Londres".

Selon une estimation du patron du London Stock Exchange, ce sont "au minimum 100.000 emplois", directs et indirects, qui sont menacés dans la région de Londres en cas de délocalisation de la compensation. La Commission européenne devrait publier en juin un projet de réglementation permettant de resserrer le contrôle sur la compensation, qui pourrait être le prélude à une obligation d'effectuer les opérations de compensation en euros hors de Grande-Bretagne.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2017 à 22:27 :
La City ne perdra pas d'un coup ses compétences. Mais il faudrait éviter l'éparpillement entre plusieurs villes. A parcourir : www.europa-blog.eu/brexit-deviendra-t-il-effectif
a écrit le 29/05/2017 à 13:42 :
100 000 emplois directs ou indirects perdus avec seulement le déménagement du gendarme bancaire européen et nombre de conséquences négatives pour le R.U.. Si les anglais n'ont pas d'amis ou d'ennemis permanents et seulement des intérêts permanents alors je parie sur un nouveau référendum dans quelques années....
Réponse de le 29/05/2017 à 16:36 :
@Olivier: tu as dû remarquer que les sites de délocalisation n'étaient pas inncocents. Dublin et Luxembourg notamment sont des paradis fiscaux. Dans cet esprit, si le Royaume-Uni leur fait concurrence, il n'est pas certain que les groupes en question ne reviennent ou quittent la Grande-Bretagne. D'autre part, les Anglais et les Français vont être les seuls à défendre militairement l'Europe si Les US se retirent de l'OTAN. On peut donc souhaiter tout le mal qu'on veut aux Anglais, ils n'en restent pas moins nos plus fidèles et nos plus fiables alliés. Les virer de notre sphère nous livrerait pieds et mains liés à l'Allemagne qui nous engloberait dans le nouveau Reich. Je sais, les nouveaux ministres sont, dit-on, majoritairement germanophones....mais pas moi. Je préfère la liberté anglosaxonne à la dictature allemande :-)
a écrit le 29/05/2017 à 13:27 :
que cette personne fasse comme ses confrere des autres banques europeenne
et rende public sa rémunération
Réponse de le 29/05/2017 à 20:24 :
Il suffit de chercher un peu. Voir rapport annuel de la Bdf
Salaire annuel brut de monsieur Villeroy de Galhau a été de 283 129 euros brut en 2016. Il obtient probablement des avantages non imposables tels que voiture et téléphone
Cordialement
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