L’avion d'Ursula von der Leyen ciblé par un probable brouillage russe
La Tribune

Ce type de brouillage GPS, dont a été victime l'avion d'Ursula von der Layen, s'est multiplié dans les pays baltes et en Europe de l'Est.
Yves Herman
La Tribune

Ce type de brouillage GPS, dont a été victime l'avion d'Ursula von der Layen, s'est multiplié dans les pays baltes et en Europe de l'Est.
Yves Herman
C'est une perte de signal qui en dit long sur les relations dégradées entre l'Europe et la Russie. Ce dimanche, l'avion de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a perdu l'accès aux services de navigation GPS à l'approche de l'aéroport de Plovdiv, en Bulgarie.
L'incident, révélé par le Financial Times, a forcé les pilotes à recourir à des cartes papier pour effectuer l'atterrissage. Selon plusieurs responsables européens, il s'agit d'un cas de brouillage intentionnel attribué à la Russie.
« Toute la zone aéroportuaire a vu son GPS s'éteindre », affirme un responsable auprès du quotidien britannique, décrivant une « interférence indéniable ». L'appareil a tourné près d'une heure avant d'atterrir manuellement.
« Nous pouvons en effet confirmer qu'il y a eu brouillage GPS », a confirmé pour sa part une porte-parole de la cheffe de l'exécutif européen, Arianna Podesta. « Nous sommes bien sûr conscients, et habitués d'une certaine manière, aux menaces et intimidations qui font partie intégrante du comportement hostile de la Russie », a-t-elle ajouté. « Les autorités bulgares nous ont informés qu'elles soupçonnaient que cela était dû à une ingérence flagrante de la Russie ».
« Lors de l'approche pour l'atterrissage à l'aéroport de Plovdiv, le signal GPS a disparu », a détaillé le gouvernement bulgare. « Afin d'assurer la sécurité du vol, les services de contrôle aérien ont immédiatement proposé une approche alternative pour l'atterrissage à l'aide de moyens de navigation terrestres ».
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Le gouvernement russe n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire. La Commission européenne n'a pas fourni davantage d'éléments sur cet incident, mais son porte-parole a assuré que l'incident renforcerait « l'engagement inébranlable du bloc à renforcer ses capacités de défense et son soutien à l'Ukraine » contre l'invasion russe lancée en février 2022.
Ce type d'incident s'est multiplié dans les pays baltes et en Europe de l'Est, affectant l'aviation, la navigation maritime et les infrastructures civiles. Le brouillage GPS, autrefois limité aux usages militaires, est devenu un outil de perturbation stratégique.
Pour l'aviation civile et les chaînes logistiques européennes, la menace est lourde de conséquences : retards, déroutements, hausse des coûts opérationnels et vulnérabilité accrue des flux commerciaux. Les compagnies aériennes et les opérateurs de fret sont parmi les premiers touchés par une escalade de ces interférences.
Cet incident pourrait accélérer la volonté de l'Union européenne d'investir dans des systèmes de navigation alternatifs et dans des capacités de protection électronique. Pour Bruxelles, il ne s'agit pas seulement de sécurité aérienne mais aussi de stabilité économique : toute perturbation durable du transport aérien et maritime risquerait de fragiliser les chaînes d'approvisionnement européennes.
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Le déplacement d'Ursula von der Leyen en Bulgarie visait à renforcer les liens industriels avec ce pays devenu un acteur clé du soutien militaire à l'Ukraine. Sofia a d'abord fourni du matériel d'époque soviétique, avant de mobiliser sa propre industrie pour livrer artillerie et équipements de défense.
(avec Reuters et AFP)
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