Italie : Giuseppe Conte, l'homme du consensus impossible ?

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Le chef de file du Mouvement 5 Etoiles Luigi Di Maio et le patron de la Ligue Matteo Salvini ont désigné Giuseppe Conte comme président du Conseil italien.
Le chef de file du Mouvement 5 Etoiles Luigi Di Maio et le patron de la Ligue Matteo Salvini ont désigné Giuseppe Conte comme président du Conseil italien. (Crédits : Reuters)
C'est Giuseppe Conte, un juriste universitaire, spécialiste du droit civil et administratif, qui sera le prochain président du Conseil italien. Il a été désigné par Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles, et le patron de la Ligue, Matteo Salvini.

Il fallait trouver un président du Conseil italien honorable pour mener un programme qui ne l'est pas forcément. C'est fait. Onze semaines après les élections législatives du 4 mars, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), a annoncé lundi sur le blog du mouvement avoir proposé au président italien le nom de Giuseppe Conte pour diriger le gouvernement d'alliance avec la Ligue (extrême droite). "Je suis très content et fier, Giuseppe Conte sera à la tête d'un gouvernement politique constitué par deux forces politiques", a déclaré Luigi Di Maio après avoir été reçu au palais du Quirinal par le président Sergio Mattarella.

"Nous avons indiqué le nom de Giuseppe Conte au président de la République. Un nom qui peut faire avancer le contrat de gouvernement. Et je suis particulièrement fier de ce choix", a écrit Luigi Di Maio sur le blog du M5S.

Il revient maintenant au président de la République d'approuver ou non le nom qui lui est proposé. Le chef de l'Etat italien Sergio Mattarella a besoin de réfléchir au choix du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue pour la présidence du Conseil, selon Reuters. Si Sergio Mattarella donne son feu vert, les partis membres de la future coalition pourraient rapidement s'entendre sur la composition du cabinet de coalition et les votes de confiance au Parlement pourraient avoir lieu dans la semaine. Le chef de l'Etat italien a demandé à voir les présidents des deux chambres du parlement mardi, annoncent ses services dans un bref communiqué.

Les adhérents ont donné leur accord

Devant la presse à la sortie du bureau du président Sergio Mattarella, il s'était pourtant bien gardé de prononcer de nom. Reçu après lui par le président, le patron de la Ligue, Matteo Salvini, n'a pas non plus révélé le nom qu'il avait proposé à Sergio Mattarella. "Nous sommes prêts, nous avons présenté le nom, décidé l'équipe et le projet pour le pays", a simplement déclaré Matteo Salvini. Le M5S et la Ligue ont validé ce week-end auprès de leurs adhérents leur accord de gouvernement, qui prévoit entre autres une réduction des prélèvements fiscaux de plusieurs milliards d'euros, une augmentation des dépenses publiques en faveur des défavorisés et l'abandon d'une réforme impopulaire des retraites, autant de mesures qui inquiètent les marchés.

L'Italie est sans gouvernement depuis les élections législatives du 4 mars, qui n'ont donné de majorité à aucun parti ni à aucun bloc. Le M5S est le parti arrivé en tête avec 32% des voix, mais le bloc de droite, dont la Ligue fait partie, l'a devancé en voix (37% dont 17% pour la Ligue). Au sein du bloc de droite, la Ligue a dépassé Forza Italia de l'ex-président du Conseil Silvio Berlusconi.

Giuseppe Conte, un juriste universitaire

Âgé de 54 ans, Giuseppe Conte est un juriste universitaire, spécialiste du droit civil et administratif. Inconnu du grand public, il avait été présenté avant les élections du 4 mars par le M5S comme possible ministre chargé de "débureaucratiser" la fonction publique.  Le public avait alors brièvement découvert cet homme assez grand, arborant un élégant costume et une mèche rebelle brune, qui ne s'est ensuite plus montré pendant les tractations gouvernementales. Son CV publié sur le site internet du M5S court sur 12 pages et mentionne des séjours d'études et de recherches dans les universités les plus prestigieuses du monde entier.

Il a enseigné dans des universités en Sardaigne, à Rome, à Florence ou à Malte et il donne actuellement des cours de droit privé à Florence et à la prestigieuse université Luiss de Rome. Il a aussi un studio d'avocats à Rome. Il a  été membre du conseil d'administration de l'Agence spatiale italienne, consultant juridique de la Chambre de commerce de Rome, ou encore membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d'assurances en faillite.

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a écrit le 24/05/2018 à 15:02 :
Il est le troisième chef de l'exécutif d'un grand pays occidental qui n'a aucune expérience politique à sa nomination, après Trump, puis Macron. Cela montre bien la défiance des peuples par rapport aux carriéristes de la politique qui constituent un système entre soi, qui vivent "noblement" aux dépens du peuple. Si l'Europe continue de représenter, avec ses nobles fonctionnaires et députés le système qui opprime, elle est foutue.
a écrit le 22/05/2018 à 11:30 :
Mario Ponti Bonsoir. Est-ce le vrai début de la fin de l’UE avec l’Italie ?

L’Italie annonce qu’elle veut une réduction de sa dette, et pouvoir ainsi (et de surcroit) baisser les impôts sur le revenu et des sociétés à 15%

Supposons qu’elle ne se laisse pas détruire comme la Grèce. Alors de 2 choses l’une :
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- Ou la demande italienne n’est pas entendue. L’Italie sort de l’Euro (voir les conditions et la faisabilité). Et dans ce cas, l’ensemble des autres populations otages devraient payer le solde Target2 à sa place
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>> Les populations concernées n'accepteraient pas. L'UE exploserait probablement
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- Ou l’Italie parvient à ses fins. Et dans ce cas, là aussi. Les autres populations otages de l’UE demanderaient illico à bénéficier du même traitement

>> Il n’y aurait aucune raison que les populations et nations concernées n’exigent pas la même chose. Ce serait la fin de l’UE

Sauf que, la réduction de la dette n’est pas du ressort de l’UE mais des créanciers. Bras de fer en perspective, pouvant mener à la désintégration de l’UE, car l’Italie n’est pas la Grèce. Reste à savoir si les actuels dirigeants seront ou pas de nouveaux Tsipras. En parallèle, devant leur population il leur sera difficile de plier l’échine devant les prédateurs.
Est-on enfin devant la vraie première ligne droite menant à la fin de l'Euro et de l'UE ?
a écrit le 22/05/2018 à 11:27 :
Avertissement amical aux récitants du catéchisme européiste car un autre pays finira par XITer si ce n' est l' Italie malgré les partis leurres entretenus à la seule fin de syriser les peuples et ce sera alors la fin de la démocrature Ue ..
Nigel Farage ce jour: «Quittons vite le navire UE avant que ce machin ne tombe en ruines.»
https://www.express.co.uk/news/uk/962631/Brexit-news-Nigel-Farage-LBCs-latest-European-Union-Theresa-May
a écrit le 22/05/2018 à 10:09 :
Les italiens feront en sorte que ce soit Bruxelles qui fasse l Italiexit .
De cette facon le futur n est pas compromis .
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a écrit le 22/05/2018 à 8:51 :
A quoi bon se torturer l'esprit avec la politique italienne ? On n'y comprendra rien de toute façon.
a écrit le 22/05/2018 à 8:47 :
les Italiens ont beaucoup de tempérament; après Berlusconi , il fallait trouver l’argument «  choc » qui va les «  convaincre »
après les corruptions , on voit toujours une radicalisation vers les extrêmes.
les élections aux usa ne sont pas «  étranger » à toute ces radicalisations en Europe, l’influence est très grande.

les extrêmes sont dangereux pour les peuples, pour les gens qui portent ces extrêmes dans leur coeur car la colère, la haine ne sont jamais de bon conseil , encore moins quand ceci est poussé par des «  forces extérieurs «  car ce n’est pas «  authentique » mais juste un argument de choc pour convaincre le peuple Italien qui «  en ral bol ».
Réponse de le 22/05/2018 à 10:44 :
Les Italiens ne veulent surtout plus d'une immigration massive. 500 000 réfugiés entrés dans le pays ces 3 dernières années. L'Italie n'a pas les moyens de les accueillir et le reste le l'Europe n'en veut pas. Les reconduites à la frontière sont donc inévitables.
A noter, l'Italie a déjà fermé sa frontière maritime: elle travaille avec les gardes côtes libyens pour que les migrants secourus en mer soient ramenés en Libye plutôt qu'en Italie.
a écrit le 22/05/2018 à 8:43 :
Une fiche wikipedia ténue, un choix intelligent de la part du m5s, difficile pour qui que ce soit de voir venir la future politique italienne et comme le dit Machiavel" Pour être efficace il faut dissimuler ses intentions."

Enfin il se passe quelque chose en europe, un petit signe de vie, même si appel de détresse flagrant.

Vite un frexit.
a écrit le 22/05/2018 à 8:14 :
Les italiens vont montrer au reste de l'Europe qu'on peut vivre sans être inféodé à l'Allemagne et au dictat bruxellois.
Nos élites français devraient regarder avec attention.
Réponse de le 22/05/2018 à 9:35 :
Les Italiens vont-ils montrer au reste du monde qu'ils peuvent vivre sans être inféodés aux Etats-Unis et à leur diktat. Je serais très curieux de voir cela.
a écrit le 21/05/2018 à 23:03 :
L'Italie est capable de fonctionner sans gouvernement central, contrairement à la France jacobine. Elle va enfin avoir un gouvernement qui écoute le peuple et ne se comporte pas en prédateur. La croissance économique est déjà là, underground. Un peu de bon sens commun lui permettra de s'afficher.
a écrit le 21/05/2018 à 20:30 :
Si vous avez aimé l'épisode grec, vous adorerez celui d'Italie. Le problème c'est que l'Italie peut faire sauter la zone euro contrairement à la Grèce ....on peut s'attendre à une crise violente avec l'Allemagne.
Réponse de le 21/05/2018 à 23:39 :
En France durant 8 année 2008/2016 nous étions à plus de 3% entre 3,3 et 7,2%(https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/27/2768028-france-sous-3-deficit-premiere-depuis-10-ans.html) cela n'a gêné personne nous avons une dette de 2218 milliards d'€, l'Italie n'a jamais dépassé les 3% et a une dette équivalente à la notre soit 2263 milliards d'€ avec une avance commercial positif alors que nous français avons un déficit commercial de plus l'Italie est la deuxième nation industrielle de l'UE alors vous devriez m' expliquer votre pessimisme. Je rajoute que le gouvernement n'est pas encore en activité alors pourquoi cette peur du changement ?? La France doit arrêter de regarder toujours du coté de l'Allemagne ....
Réponse de le 22/05/2018 à 8:43 :
L'Europe aurait pu se faire si la France avait choisi une alliance avec l'Italie et ainsi faire contrepoids à l'Allemagne, à la place de faire le larbin à l'Allemagne (Merkozy) et ramasser les miettes-

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