Candidature de l’Ukraine à l’Union européenne : les divisions persistent au sein du bloc

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, vient d'arriver à Kiev pour une nouvelle visite consacrée aux ambitions de l'Ukraine de rejoindre l'Union européenne. Certains Etats membres veulent qu'une promesse ferme soit faite pour envoyer un signal fort à la Russie après son invasion de l'Ukraine, tandis que d'autres, dont les Pays-Bas et le Danemark, se montrent plus prudents. Les deux grandes puissances du bloc, la France et l'Allemagne, ont également exprimé des réserves.
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, est en visite à Kiev ce samedi 11 juin pour parler de l'intégration européenne de l'Ukraine.
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, est en visite à Kiev ce samedi 11 juin pour parler de l'intégration européenne de l'Ukraine. (Crédits : Reuters)

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, est en visite à Kiev ce samedi 11 juin pour parler de l'intégration européenne de l'Ukraine, alors que l'exécutif européen doit rendre son avis sur la demande de candidature de l'Ukraine vendredi prochain, le 17 juin. Les chefs d'Etat de l'Union devraient, quant à eux, en discuter lors d'un sommet qui se tiendra la semaine suivante.

Dans le cadre de cette visite, la présidente de la Commission a promis une réponse "la semaine prochaine" aux ambitions de l'Ukraine de se porter candidate à l'Union européenne, alors que l'offensive russe s'intensifie dans l'est du pays.

"Les discussions d'aujourd'hui vont nous permettre de finaliser notre évaluation" sur l'octroi éventuel à l'Ukraine du statut de candidat à l'UE "d'ici la fin de la semaine prochaine", a déclaré Ursula von der Leyen après avoir rencontré le président Volodymyr Zelensky.

Le statut officiel de candidat à l'UE que l'Ukraine souhaite obtenir d'ici fin juin est tout sauf acquis, en dépit des assurances répétées sur l'appartenance ukrainienne à "la famille européenne".

Différentes sensibilités

Il existe, en effet, des divisions au sein du bloc quant à l'octroi du statut de candidat. Certains Etats membres veulent qu'une promesse ferme soit faite pour envoyer un signal fort à la Russie après son invasion de l'Ukraine, tandis que d'autres, dont les Pays-Bas et le Danemark, se montrent plus prudents. Les deux grandes puissances du bloc, la France et l'Allemagne, ont également exprimé des réserves.

"Pourquoi, si les sondages montrent que 71% des Européens considèrent l'Ukraine comme faisant partie de la famille européenne, y a-t-il encore des sceptiques politiques qui hésitent à nous permettre de rejoindre l'Union européenne ?", a lancé, hier, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, lors d'une conférence à Copenhague.

"Nous savons qu'il y a différentes sensibilités sur le sujet au sein de l'Union européenne", a déclaré une source au sein de la présidence française aux journalistes. "Nous serons attentifs à l'unité du Conseil européen. Nous pensons aussi que l'Union européenne doit sortir renforcée de cette crise en Ukraine et non pas affaiblie."

Trois diplomates européens ont estimé que le scénario le plus probable était que la Commission européenne donne son feu vert, en y mettant probablement des conditions. Les chefs d'Etat trouveraient alors, selon toute vraisemblance, une "formule" qui ne donnerait pas immédiatement à l'Ukraine le statut de candidat, ont-ils expliqué.

La philosophie a changé

"La philosophie a changé. Personne ne dit clairement non, mais les Etats plus réservés veulent repousser autant que possible l'échéance", a indiqué un diplomate européen.

Le président ukrainien Volodimir Zelensky a déclaré lors d'une conférence au Danemark vendredi que les grandes déclarations selon lesquelles l'Ukraine faisait partie de la famille européenne devaient être suivies d'actes.

"Notre position est claire: l'Ukraine a besoin d'un engagement juridique, pas une promesse politique. Les hésitations coûtent trop cher à notre pays", a écrit jeudi la vice-Première ministre ukrainienne Olga Stefanichina sur Twitter à l'issue d'une réunion avec la Commission européenne.

Un engagement juridique, pas une promesse politique

Le président français Emmanuel Macron a suggéré le mois dernier de créer une "communauté politique européenne" qui créerait une nouvelle structure, permettant une coopération plus étroite avec les pays cherchant à adhérer à l'UE. Cette initiative a irrité Kyiv et plusieurs Etats membres de l'UE, qui y voient une tentative de repousser l'adhésion de l'Ukraine.

"La réponse aux besoins de l'Ukraine ne réside pas dans un statut, mais dans des politiques et dans la démonstration de notre solidarité", a déclaré le responsable français.

Même si la candidature de l'Ukraine est approuvée, la procédure pour devenir membre à part entière de l'UE prend plusieurs années et peut faire l'objet d'un veto de la part de tout Etat membre.

A l'heure actuelle, cinq pays (Albanie, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie, Turquie) sont officiellement candidats pour rejoindre le bloc. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo sont eux des candidats potentiels. Ils ont été rejoints par l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, qui ont déposé des demandes d'adhésion dans la foulée de l'offensive militaire russe en Ukraine.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires 9
à écrit le 12/06/2022 à 8:10
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Profitant de l'émotion populaire amplifiée par nos médiasmenteurs, les marionnettes de l'Oligarchie veulent profiter de l'occasion pour faire entrer l'Ukraine et ses salariés low-cost dans l'UE pour pouvoir "délocaliser solidaire" sans se préoccuper ...

le 13/06/2022 à 10:00
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Cela me rappelle ,des réunions ou la hiérarchie annonçait aux salariés qui allaient être licenciés mais qu'ils devaient se réjouirent que leur activité reste en Europe et non en Chine. Ils étaient sûrement très content le soir d'annoncer cela à leur ...

à écrit le 12/06/2022 à 5:00
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Ursula Van Der Leyen se prend pour l'impératrice de tous les Etats membres de l'UE. Mais elle n'est pas Katherine la grande, impératrice de toutes les Russies. Non contente de faire la volonté des USA sous l'égide desquels elle calque ses inimitiés ...

à écrit le 11/06/2022 à 18:44
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Elle est gentille la Leyen mais on ne va pas prendre un pays en guerre dans l'union si ? Ca reviendrait à dire que c'est L'UE qui est en guerre donc ensuite il va falloir assumer militairement on le veut vraiment ?

à écrit le 11/06/2022 à 15:58
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L'Ukraine est tout comme la Russie un pays où la corruption est endémique et l'Etat de Droit un concept purement sémantique. En quoi l'agression russe aurait elle délivré à l'Ukraine un brevet de bonne conduite européenne ? Ce pays au même titre qu...

à écrit le 11/06/2022 à 15:39
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le pire cadeau que nous ont fait les soviétiques, c'est de nous avoir refilé les pays-de-l'est... Depuis qu'on les a intégré dans l'UE et l'OTAN, ces deux institutions partent définitivement à la dérive. D'ailleurs, en sont temps, dès 1919 Trotsky me...

à écrit le 11/06/2022 à 15:12
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Bonjour, Ils est claire que dans cette conjoncture actuelle ( guerre avec la Russie) , ils n'est pas question d'accepter la candidature de l'Ukraine.. Après cette guerre, nous pourrons étudier si se pays est dans les conditions sincères d'une adhés...

à écrit le 11/06/2022 à 12:22
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Combien de temps faudra t il encore écrire que cette femme exerce une fonction qui n'est rien ? Élue par personne, prenant des décisions qui excédent totalement ses compétences, dotée d'un bilan allemand catastrophique lorsqu'elle était ministre... L...

le 13/06/2022 à 8:43
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totalement d'accord

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