Catalogne : Barcelone proclame l'indépendance

latribune.fr

latribune.fr
| Article publié à 15h08, dernière mise à jour à 16h50.
Alors que le Sénat espagnol s'apprêtait à statuer sur la suspension de l'autonomie de la Catalogne, le Parlement de Barcelone s'est prononcé vendredi pour l'ouverture d'un "processus constituant", afin de séparer la région du reste de l'Espagne.
Les élus catalans ont ensuite entamé un vote à bulletins secrets sur une motion proclamant l'indépendance de la région. Le texte a été adoptée par 70 voix pour, 10 voix contre, et 2 votes blancs, a annoncé la présidente du parlement régional, qui compte au total 135 élus. Les députés du Parti socialiste (PSOE), du Parti populaire (conservateurs, PP) et de Ciudadanos (centre) ont quitté l'hémicycle en signe de protestation avant que les élus des partis indépendantistes Junts pel Si, CUP et Catalunya Si Que Es Pot, associé à Podemos, ne commencent à déposer leurs suffrages.
Renonçant finalement jeudi à convoquer des élections régionales anticipées, le président de Catalogne, Carles Puigdemont, avait déclaré qu'il incombait au Parlement de la Généralité de se prononcer sur la réponse à apporter aux décisions de Madrid.
En réaction à ce vote, le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a lancé vendredi un appel au calme et promis de rétablir la légalité en Catalogne.
La déclaration d'indépendance catalane ne "change rien" pour l'Union européenne, qui continuera à négocier uniquement avec Madrid, a pour sa part déclaré Donald Tusk, le président du Conseil européen.
A Madrid, le Sénat débattait depuis 10 heures ce vendredi sur la mise en œuvre, par le gouvernement espagnol, de l'article 155 de la Constitution actant la suspension de l'autonomie de la Catalogne. Les parlementaires ont approuvé la mise sous tutelle de la région seulement quelques minutes après les résultats du vote sur l'indépendance à Barcelone.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

L'autorisation du Sénat, où le Parti populaire de Mariano Rajoy détient la majorité absolue, était une étape nécessaire au gouvernement pour pouvoir administrer directement la Catalogne. Egalement chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy avait demandé aux parlementaires la destitution du président de la Généralité, Carles Puigdemont.
À la suite de cette décision du Sénat, un Conseil des ministres doit se tenir, lors duquel seront adoptées les premières mesures de mise sous tutelle de la Généralité. Elles pourraient comprendre la destitution du gouvernement régional et la mise sous tutelle directe des forces de police catalanes par Madrid. Reste à savoir comment, sur le terrain, les mesures seront appliquées et dans quelle mesure les Catalans les accepteront. Certains partisans de l'indépendance ont appelé à une campagne de désobéissance civile.
Suite à la proclamation de l'indépendance en Catalogne, la Bourse de Madrid a brutalement chuté vendredi et les rendements obligataires espagnols se sont orientés en nette hausse. La réaction du gouvernement espagnol a toutefois permis d'atténuer en partie la réaction de marché.
En Bourse, l'indice Ibex 35 recule de 1,6% après avoir perdu jusqu'à 2% à l'annonce de la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne. Le repli des banques espagnoles pèse sur l'indice Eurostoxx des valeurs bancaires de la zone euro, qui perd 1,2%.
À lire également
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'Etat espagnols à 10 ans a grimpé jusqu'à 1,619% avant de revenir autour de 1,582%. L'écart de rendement entre l'emprunt espagnol à 10 ans et le Bund allemand de même échéance s'est élargi jusqu'à plus de 121 points de base.
(Avec Reuters)
latribune.fr
Nouveaux droits de douane : les États-Unis infléchissent leur offensive face à Bruxelles
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
« C’est le bon moment pour investir dans l'immobilier » : malgré la crise du logement, un nouveau fonds d'investissement se lance
Pêche : la transformation artisanale, une solution pour survivre ?