C'est une première. Près de quatre-vingts cleantech européennes, dont les Français Verkor, Néolithe, GravitHy, Lhyfe, mais aussi le fabricant d'électrolyseurs suédois Stegra, le champion du stockage électrique à haute puissance estonien, Skeleton, ou encore le spécialiste de l'hydrogène vert allemand, Sunfire, et plusieurs fonds d'investissement (tels que, pour la France, Mirova, Axeleo, Aster, Eurazeo ou Supernova Invest ainsi que le fonds paneuropéen Verdane, Trill Impact ou le Belge Planet first) se sont regroupés pour adresser un message d'alerte à la Commission européenne et à leurs gouvernements respectifs.
Une mobilisation exceptionnelle dans un contexte qui ne l'est pas moins : sur fonds d'instabilité et d'incertitude géopolitique et économique, les investissements dans les cleantech se sont effondrés, passant de 3,5 milliards d'euros en 2023 à 2 milliards en 2024 en France, tandis qu'ils reculaient pour la première fois en 10 ans à l'échelle européenne, de 11,6 à 8,8 milliards.
En ce début d'année, marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des prix européens de l'énergie structurellement supérieurs aux autres régions du monde et des menaces de guerres commerciales, voire réelles, l'écosystème européen des cleantech entend s'assurer que le Clean Industrial Act, qui doit être présenté par la Commission européenne le 26 février prochain, crée les conditions favorables à leur développement. Pour l'heure, à l'image de Célia Agostini, directrice de Cleantech For France, les acteurs observent « un point-mort inquiétant ».