À l’occasion du sommet Meet’Up Greentech qui réunit start-up et grands groupes autour de l’innovation verte, la ministre de la Transition écologique a fait quelques annonces et incité les jeunes pousses à se positionner sur l’adaptation au changement climatique et la sobriété.Comme l'a rappelé Agnès Pannier-Runacher au deuxième jour du Meet'Up Greentech, les cleantech ont enregistré des levées de fonds record en 2023 avec 2,78 milliards d'euros, soit un tiers du total, en hausse de 9%. Mais l'écosystème s'inquiète de plusieurs mesures prévues dans le PLF2025 : suppression du crédit d'impôt innovation, de l'exonération de charges patronales pour les jeunes entreprises innovantes, baisse de l'enveloppe de France 2030, etc.
Le discours de la ministre suffira-t-il à les rassurer ? Elle est, néanmoins, venue annoncer le lancement d'un prochain appel à manifestation d'interêt Greentech Innovation 2024 en décembre, ouvert à des start-up et PME européennes, dans l'objectif de créer à cette échelle un modèle « intégré et uni » face à la Chine et aux Etats-Unis. Autre projet visant à renforcer les connexions de l'écosystème français à l'international : la signature d'un partenariat avec le centre québécois de l'efficacité énergétique.
Les greentech à la conquête de la commande publique
Ella également rappelé le déploiement sur le territoire français de démonstrateurs d'IA frugale dans le cadre d'un appel à projets de 40 millions d'euros piloté par l'Ecolab du ministère (le laboratoire de l'innovation abrité par le Commissariat Général du Développement Durable), visant à mettre l'IA au service de la transition écologique.
Un nouveau Living Lab Greentech (incubateur pour jeunes pousses vertes) va voir le jour à Orléans, sur le modèle de celui déjà ouvert à Saint-Mandé. Ces « espaces de résidence pour des entreprises innovantes et durables » sont notamment destinés aux greentech souhaitant candidater sur les marchés publics. Si ce parcours est souvent semé d'embûches, le jeu en vaut la chandelle, sachant qu'en 2022, la commande publique s'est traduite par 230.000 marchés, pour un total de 160 milliards d'euros, dont les deux-tiers avec des PME, comme l'a rappelé la ministre.