Commission européenne : Van der Leyen, favorite de Merkel et Macron, élue d'extrême justesse

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Ursula van der Leyen félicitée par Angela Merkel, bouquet de fleurs à l'appui, ce mercredi matin à Berlin.
Ursula van der Leyen félicitée par Angela Merkel, bouquet de fleurs à l'appui, ce mercredi matin à Berlin. (Crédits : Reuters)
Ça s'est joué à l'épaisseur du trait: il lui fallait 374 voix pour avoir la majorité, elle en a obtenu 9 de plus. Pas de quoi pavoiser mais sa stratégie a fonctionné : elle a obtenu le soutien de son groupe et les gages qu'elle avait donnés ont convaincu les socialistes. En revanche, écologistes et gauche radicale ont voté contre.

La démocrate-chrétienne Allemande Ursula von der Leyen a été élue mardi présidente de la Commission européenne par le Parlement européen, à une courte majorité de 383 contre 327. Elle devait en obtenir 374, soit la majorité des 747 membres actuellement élus à Strasbourg.

Son prédécesseur, Jean-Claude Juncker, issu comme elle du Parti populaire européen (PPE), le groupe le plus important du Parlement, avait recueilli 422 voix sur les 376 nécessaires en juillet 2014.

Actuelle ministre de la Défense dans le gouvernement d'Angela Merkel, Ursula von Leyen est née à Bruxelles il y a soixante ans alors que son père, Ernst Albrecht, travaillait à la Commission européenne. Elle devient la première femme à en assumer la présidence.

Compromis gouvernemental franco-allemand

Sa candidature, fruit d'un compromis gouvernemental franco-allemand, avait été fraîchement accueillie par le Parlement, vexé que les candidats proposés par ses principaux groupes politiques aient été écartés les uns après les autres par les chefs d'Etat et de gouvernement.

Le PPE et Renaissance, le groupe centriste où siège La République en marche, lui avaient promis leur soutien mais l'extrême droite, les Verts et la gauche radicale refusaient de lui apporter leurs suffrages tandis que le groupe social-démocrate était divisé.

Sa délégation française, qui jugeait les propositions de la candidate insuffisantes et demandait un report du vote à septembre, avait annoncé qu'elle voterait contre.

Finalement, les sociaux-démocrates ont annoncé qu'ils voteraient aux deux tiers en faveur d'Ursula von der Leyen.

Fibre sociale et approche libérale sur les sujets de société

Mère de sept enfants et médecin de profession, Ursula von der Leyen est néanmoins créditée d'une fibre sociale et d'une approche libérale sur les sujets de société.

Dans un discours devant le Parlement, mardi matin, elle s'est efforcée de donner des gages à la gauche et aux écologistes sur l'Europe sociale et la lutte contre le réchauffement climatique.

Le collège de 28 commissaires (dont elle-même, soit un par Etat membre) qu'elle va maintenant constituer, sur la base des candidats proposés par les Etats, fera l'objet d'un second vote du Parlement, à l'automne, après que les eurodéputés auront auditionné chacun des postulants.

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Commentaires
a écrit le 18/07/2019 à 8:23 :
Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
a écrit le 17/07/2019 à 13:24 :
Encore une fois l'oligarchie Européene Atlantiste a gagné sur une option "plus" démocratique avec le candidat de tête de liste victorieuse.
Gageons que ça débouche le champagne à Washington
a écrit le 17/07/2019 à 13:00 :
L'ultra-européiste et ultra-atlantiste Ursula von der Leyen - choisie par Merkel et Macron - risquait très gros ce 16 juillet 2019 car c'était le jour où les députés européens votaient pour, ou contre, sa confirmation au poste de Présidente de la Commission européenne.
Autopsie d'une trahison..
« Les 14 votes du Mouvement des cinq étoiles ont été décisifs pour l'élection d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission »

Se souvient-on encore de la première émergence du Mouvement 5 Etoiles, qui était censé cristalliser le mécontentement de la population italienne ? Peut-être les 14 élus M5S nous révéleront-ils demain qu'ils se sont « trompés de bouton » tels un Mélenchon standard ? Peut-être « exigeront »-ils que cette « erreur » soit consignée dans un procès-verbal, en reprenant à leur compte l’arnaque politicarde inventée par Mélenchon pour faire avaler à ses électeurs des décisions d’une félonie sans égale ?
Avec d'évidentes différences de présentation dans la forme, Luigi di Maio et son Mouvement 5 étoiles se sont positionnés en somme sur l'UE comme le font tous les partis de prétendue opposition "alter-européiste" chez nous (le RN, la FI, LR, le PS, EELV, DLF, PCF, LO, NPA, etc.)


Quoi qu'il en soit, les députés M5S au Parlement européen portent la responsabilité d'avoir fait passer l’une des pires euro-fédéralistes en circulation sur le marché au poste le plus dangereux. Les Italiens peuvent remercier leur « sympathique parti anti-système ». Ce sera lui qui aura donné de tour de clef ultime dans le cadenas de leurs chaines.

Décidément, l'UE s'enfonce chaque jour davantage dans le désordre, la confusion, la désunion, les malentendus, les coups bas et les haines recuites....
F Asselineau
a écrit le 17/07/2019 à 12:24 :
Étaient ils au courant qu'il y avait d'autre candidats? Parce que c'est le black out dans tout les médias! Suis je bête! Il n'y avait qu'un seul candidat!

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