Des Britanniques mobilisés contre le "coup d'Etat" de Johnson avant le Brexit

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Le Premier ministre britannique a décidé de suspendre le Parlement de mi-septembre à mi-octobre
Le Premier ministre britannique a décidé de suspendre le Parlement de mi-septembre à mi-octobre (Crédits : Reuters)
Suite à sa décision de suspendre le Parlement dans la dernière ligne droite avant le Brexit, plusieurs dizaines de manifestations ont rassemblé ce samedi des milliers de personnes pour dénoncer le "coup d'Etat" du Premier ministre Boris Johnson.

Des manifestants se sont rassemblés à Manchester (nord-ouest de l'Angleterre), mais aussi à Edimbourg (Ecosse) et à Belfast (Irlande du Nord) sous le mot d'ordre "Arrêtez le coup d'Etat", à l'appel d'une organisation opposée au Brexit lancé dans une trentaine de villes.

Le plus gros rassemblement a démarré à la mi-journée à Londres, la capitale britannique, devant la résidence du Premier ministre au 10, Downing Street, où une foule compacte scandait "Boris Johnson, honte à toi!" tout en arborant des drapeaux européens.

Sur les pancartes s'affichaient des slogans comme "Les démocrates ne bâillonnent pas la démocratie" ou "Réveille-toi, Royaume-Uni! Ou bienvenue dans l'Allemagne de 1933".

"Ce qu'il advient du Brexit ne doit pas dépendre d'une décision de Boris Johnson. Il a privé le Parlement du pouvoir de décision, ce qui n'est pas démocratique", a dénoncé Bernard Hurley, un anti-Brexit de 71 ans interrogé par l'AFP.

Le rassemblement a été quelque peu perturbé quand une dizaine d'hommes au crâne rasé, drapé dans l'Union Jack, ont fendu la foule, sous escorte de la police, en criant: "Que voulons-nous? Le Brexit! Quand le voulons-nous? Maintenant!".

Parlement suspendu de mi-septembre à mi-octobre

Le mouvement Momentum, l'aile gauche du parti travailliste, la principale formation d'opposition, a aussi appelé à "occuper les ponts et bloquer les routes".

Les organisateurs ont dit s'attendre à "des centaines de milliers" de participants. La police britannique n'a pas communiqué de chiffre.

Le conservateur Boris Johnson a annoncé mercredi la suspension du Parlement à partir de la deuxième semaine de septembre et jusqu'au 14 octobre, deux semaines avant le Brexit le 31 octobre, suscitant une vague d'indignation au Royaume-Uni.

Moment et durée de la suspension contestées

Le Premier ministre a le droit de le faire, et il le fait traditionnellement pendant la saison des congrès des partis politiques en septembre. Mais c'est le moment choisi et la durée de la suspension (cinq semaines) qui sont contestés par les adversaires d'un Brexit dur.

Le dirigeant est en effet soupçonné de vouloir empêcher les députés de bloquer un Brexit sans accord, qu'il souhaite mettre en oeuvre s'il ne trouve pas de compromis avec l'UE sur les conditions de la sortie britannique. Il s'en est défendu, affirmant vouloir bénéficier de ce temps pour préparer puis présenter son programme de politique nationale après son arrivée au pouvoir fin juillet.

Pour le ministre des Finances Sajid Javid, interrogé samedi sur la BBC, c'est une décision "juste" qui permet à l'exécutif de se concentrer "sur les priorités des gens". Il présentera mercredi ses priorités budgétaires.

Bataille judiciaire et politique

Ces rassemblements annoncent une semaine politique intense, où la bataille contre la suspension du Parlement se déroulera aussi sur les fronts judiciaire et politique.

Le Parlement fait sa rentrée mardi pour une session qui s'annonce des plus houleuses. Les députés essaieront de légiférer pour empêcher un "no deal" et une motion de censure est également envisagée à l'encontre du gouvernement, dont la majorité à la Chambre des Communes ne tient qu'à une voix.

Boris Johnson les a mis en garde vendredi contre toute tentative de bloquer le Brexit, estimant que cela "compromettrait gravement la confiance du peuple dans la politique".

L'ex.Premier ministre John Major associé à une action en justice

Il avait toutefois aussi annoncé la veille une accélération des rencontres entre négociateurs britanniques et européens, qui se réuniront deux fois par semaine à Bruxelles en septembre pour tenter de trouver une solution à l'épineuse question de la frontière entre les deux Irlande après le Brexit.

Mardi, une nouvelle manifestation est programmée à Londres tandis que la plus haute instance civile d'Ecosse examinera sur le fond une demande de députés pro-européens de contrer la suspension, après avoir refusé de le faire dans l'urgence vendredi.

L'ex-Premier ministre conservateur John Major s'est par ailleurs joint à une autre action en justice, intentée par la militante anti-Brexit Gina Miller. L'audience est prévue le 5 septembre à Londres.

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Commentaires
a écrit le 02/09/2019 à 9:21 :
Un coup d'état afin d’appliquer la volonté de ses citoyens, inacceptable pour l'UERSS empire prévu pour durer mille ans.

"La plupart des Britanniques favorables à un "Brexit par tous les moyens"" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1V308M/la-plupart-des-britanniques-favorables-a-un-brexit-par-tous-les-moyens.html
Réponse de le 02/09/2019 à 21:33 :
"La plupart"=54%, les autres=46%.
a écrit le 01/09/2019 à 16:24 :
On a l'impression que les membres de l'UPR sont TOUS sur ce forum....0.41 % des voix en tout, mais ils écrivent tous ici ...et qu'est ce qu'ils racontent comme salades !
Bref, le référendum sur le Brexit était basé sur tellement de mensonges qu'il n'y a que les les membres de l'UPR pour ne pas en rigoler :-) z'ont rien compris !
Réponse de le 01/09/2019 à 18:05 :
Avec 1 % de temps médiatique l' UPR se donne les moyens de libérer les français de la tutelle de l' UE est délibérément logé sous le boisseau des médias main stream pro UE subventionnés qui agitent complaisamment les vrais faux européistes pour faire semblant de s' opposer en mode Corbyn, l' opposant travailliste d' opérette qui vient de retourner sa veste en GB.
Que voulez-vous, soit on est pro UE et on continue de s' enliser dans la propagande européiste avec les résultats économiques et sociaux qu' on lit et dont nous pouvons reparler à l' envi, soit on s' évade par le Frexit et avant de voir tomber les masques des leurres qui ont déjà avec Tsypras syrisé la Grèce et Corbyn tout juste en train de "corbyner" l' Angleterre !
Dans tous les cas on soutient le Brexit est la seule vraie approche démocratique du moment pour nos amis anglais ; Brexit et Frexit relevant du même combat, celui de la démocratie à recouvrer et qui consiste à évacuer ces gouvernements GOPEodépendants successifs à qui nous faisons des chèques en blanc depuis trop longtemps..
Réponse de le 02/09/2019 à 9:07 :
Si on invalide tous les scrutins biaisés par des mensonges autant renoncer au vote et ce qui reste de démocratie non?
a écrit le 01/09/2019 à 15:09 :
Le peuple britannique a voté à sa majorité pour le Brexit. Mettre en œuvre le Brexit, qui a déjà été retardé plus que ce que le droit le prévoyait (2 ans), est une obligation ordonnée par le peuple britannique à ses gouvernants.

En faisant traîner les choses à l'infini, les parlementaires, qui dans leur majorité sont hostiles au Brexit, refusaient de mettre en œuvre le choix fait par la majorité du peuple britannique, alors même qu'ils sont censés le représenter et non pas représenter leurs propres intérêts.

BJ fait donc le job que les T May et consorts se sont refusés à faire ...
Réponse de le 01/09/2019 à 15:54 :
Entre le réferendum il y a eu une élection générale en 2017.

Le parlement élu est au moins aussi légitime que le référendum de 2016 et reflète l'esprit de la nation. Au passage, les brexiteurs se sont pris une déculottée, UKIp a divisé son nombre de voix par six.

Contrairement à vos dires, il se trouve que cette assemblée est majoritairement PRO brexit !
Le seul problème, et il est de taille, c'est que la moitié des pro veut un brexit ordonné sinon rien, et le reste des pro recherche un brexit à n'importe quel prix.

La campagne du referendum ayant totalement occulté, du coté des brexiteurs, les conséquences pratiques du retrait (irlande, ecosse, accès aux medicaments..), bien malin qui peut expliquer de bonne foi si les anglais voulaient un brexit inconditionnel (le brexit ou la mort), un brexit aménagé (le brexit mais seulement si ca ne fait pas mal) , ou un brexit seulement si ca permettait d'obtenir de de meilleures conditions à Bruxelles (le brexit pour faire du chantage).

Et l'UE n'y est pour rien...
Réponse de le 01/09/2019 à 18:08 :
@que de .. N' importe quoi comme d' habitude. Qu' est un Brexit sans accord, plutôt que vous rouler dans le Project Fear destiné aux anglais, pouvez-vous chiffrer les taxes pour les deux parties et nous dire ce qui prévaut en l' absence d' accord et donc de no deal ..?
a écrit le 01/09/2019 à 14:13 :
L'opposition européiste, qui voulait profiter des semaines à venir pour empêcher le Brexit et le reporter aux calendes comme elle le fait depuis 3 ans, crie évidemment au scandale. Elle ose affirmer que sortir de l'UE reviendrait à placer le Royaume-Uni sous la dépendance complète des États-Unis, comme si les pays de l'Union européenne n'était pas déjà totalement vassalisés par Washington !

Boris Johnson réplique qu'il restera à l'opposition deux semaines pour faire valoir son point de vue avant le 31 octobre.

Au total, le nouveau Premier ministre britannique est en train de tout mettre en place pour parvenir à un Brexit sans accord le 31 octobre. Source Upr.fr
a écrit le 01/09/2019 à 12:23 :
Étonnant de voir comment une minorité prends le pouvoir de façon tout à fait anti démocratique, par des mensonges et un coup de force....en bloquant un accord puis en argumentant : "y'a pas eu d'accord depuis trois ans, alors on prends le pouvoir et on fait ce qu'on veut, on sort sans accord !!!! On vous prends pour des billes " :-)))
Et en Angleterre qui plus est, nation qui donnait des leçons de démocratie à tout le monde, mais qui n'a même pas de constitution écrite, les coups d'état sont juste inexistants car pas anticonstitutionnels et légitimes !....juste du bluff et du bla bla bla.....nation archaïque !
Réponse de le 01/09/2019 à 14:17 :
"Étonnant de voir comment une minorité prends le pouvoir de façon tout à fait anti démocratique, par des mensonges et un coup de force" Cela fait trois ans que les européistes ne respectent pas le résultat du référendum et activent tous les jours le Project Fear à l' encontre des anglais par crainte d e l' effet domino, BJ déblaie, pourquoi crier ..au loup maintenant ..?
a écrit le 01/09/2019 à 12:18 :
La plus ancienne démocratie d'Europe à fait faillite. Dans son sillage, submergées par le tsunami populiste, les autres vieilles nations démocratiques ne vont pas tarder à suivre le même sort. L'avenir appartiendra alors à des autocrates sans scrupules et à poigne. Au nom d'un peuple mythique naturellement. La presse libre, celle dans laquelle je m'exprime ce jour ne sera plus qu' un lointain souvenir; mais nous pourrons consommer dans le silence des cimetières de la liberté
a écrit le 01/09/2019 à 12:02 :
"Des Britanniques"

Ils ne devaient vraiment pas être nombreux pour que vous n'écriviez pas "Les britanniques"... :-)

Bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
a écrit le 01/09/2019 à 10:53 :
Beaucoup de pays de l'Europe voudraient aussi quitter l'U.E. mais n'en ont pas le courage, ni la volonté politique contrairement aux britanniques. Ceci dit, ne vous inquiétez pas pour les anglais, ils s'en sortiront toujours; ils l'ont assez prouvé au cours de leur Histoire. Ce n'est sera ni la chienlit, ni la catastrophe mais un nouveau départ vers d'autres horizons.
Réponse de le 02/09/2019 à 1:03 :
Le brexit vire au suicide pour le Royaume-Uni. Se suicider, est-ce une marque de courage ? Manitenant, rappelez-vous, si dans les années 70 le RU s'est résolu (résigné ?) à adhérer au marché commun, c'est parce que son économie était à la ramasse et le FMI à sa porte. Il y a gros à parier qu'après sortie de l'UE le RU (s'il n"éclate pas) retourne à sa situation antérieure.
Réponse de le 02/09/2019 à 18:50 :
@bruno_bd
Le RU d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le RU de l'époque de Mme Tatcher. C'est un pays solide qui sait où il va et surtout qui ce qu'il ne veut plus.
Tout ne s'explique pas sous l'angle économique. Il y a des données qui semblent vous échapper dans cette sortie et que vous n'abordez pas. Moi je parie à l'instar de l'URSS que c'est l'Europe continentale qui va vers le suicide et que dans quelques années ce sont les continentaux qui supplieront la GB de les laisser entrer chez eux. Mais je respecte votre point de vue.
Réponse de le 02/09/2019 à 21:44 :
@Persepolis : le RU a adhéré au marché commun bien avant l'arrivée de Mme Thatcher, en l'occurrence en 1972. Et la raison de cette adhésion était le délitement des relations économiques avec le Commonwealth. L'objectivité est de reconnaître que c'est l'adhésion aux communautés européennes conjuguée aux purges thatchériennes (et d'ailleurs Maggie, quoique pas très europhile, s'est bien gardée de quitter l'UE, elle savait trop bien ce que son pays lui devait...) qui a sorti le RU de son marasme économique. Je persiste à penser que le brexit est un suicide économique pour la Grande Bretagne.
a écrit le 01/09/2019 à 9:46 :
Je ne vois pas comment BJ pourra rester au pouvoir. Même au sein de son propre parti il n'a pas de majorité et rarement dans l'histoire anglaise un homme aura réussi à susciter autant de haine.

Il semble acté que l'Angleterre aura un brexit "dur" quelque soit l'avis de sa population, ce qui leur pose un problème de démocratie. D'autre part l'UE a largement été victime des ruffians populistes et elle devra en tenir compte en modifiant l'article 50.

Et il faudra de toutes manières que ce qui restera de la Grande-Bretagne reconstitue des règles d’échange économique et politique avec ses voisins. A moins que le plan soit de jeter un mur de fer entre eux et les européens et de devenir une sorte de citadelle au large de l'UE.

Donc, le brexit sera forcément dealé à un moment ou a un autre. Sauf que le deal ne sera pas fait pas BJ et les brexiteurs qui sont largement décédibilisés pour avoir mené le pays dans une longue impasse.
a écrit le 31/08/2019 à 20:33 :
Arrêtez d'essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Les télévisions n'ont que trois pelés et un tondu à nous montrer. La décision du Premier Ministre est légale. Le Parlement s'est profondément décrédibilisé par tous ses votes contraires au printemps à un point que c'était devenu grotesque et destructeur pour la démocratie. Laissez nous tranquilles avec le Brexit : que les Anglais sortent et préparez-vous à leur réadhésion rapide s'ils se sont trompés aussi gravement que vous le dites, n'est-ce pas ?
Réponse de le 01/09/2019 à 12:03 :
La décision est légale mais elle n'est pas légitime et ça fait une sacrée différence pour les anglais (et toute personne dotée du sens de l'honneur, de bon sens et de raison).

BJ a plus que largement participé comme parlementaire (et comme ministre) a cette décrédibilisation du politique que vous condamnez.

Pire, il l'incarne.
a écrit le 31/08/2019 à 18:16 :
La Grande Bretagne des grandes villes a aussi ses bobos et ses parlementaires hypocrites qui n'ont pas voté les propositions de Mme May pour une sortie négociée. Ils se retrouvent dos au mur face à celui qui va je l'espère aller dans le sens du peuple.Tenez bon Mr Johnson, dans quelques années on vous rendra grâce pour cette sortie du bidule technocratique européen destiné avant tout à gaver des fonctionnaires et des parlementaires.
Réponse de le 31/08/2019 à 19:18 :
Aaah ces europhobes, de grands démocrates...sauf quand on n'épouse pas leurs idées ! :-)
Expliquez nous en quoi un référendum CONSULTATIF prévaudrait sur un parlement élu par le même peuple ?

Et en terme d'hypocrisie vous vous posez là, ce sont les europhobes comme vous qui n'ont pas voté les propositions de Mme May.
Réponse de le 31/08/2019 à 23:51 :
Ça va faire un très bon exemple de l isolationnisme
Être seul face aux usa et aux chinois c’est une folie
Les anglais de base on voter pour mettre le systèm en l’air .mais la City et tout les spécialistes le savent ça va être une catastrophe
Il leur reste une chance que les peureux européens et français se laissent duper

. Si les européens cèdent au clown Boris l Europe sera terminé dans les 5 ans
a écrit le 31/08/2019 à 16:03 :
La queen putschiste??
a écrit le 31/08/2019 à 15:52 :
Le Brexit, on en parle depuis tellement longtemps que désormais, qu'ils partent où qu'ils reste: On s'en fout ! Nous avons d'ailleurs dans l'UE notre quota "d'empecheurs de tourner en rond".
a écrit le 31/08/2019 à 15:14 :
L' UE, pas hypocrite pour un sous! Comme d'habitude, on ne veut pas les laisser partir pour éviter qu'il ne veuille revenir!

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