En Europe, la crainte d'une récession ressurgit
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« Les risques pesant sur la croissance sont clairement orientés » vers un ralentissement de l'activité, selon François Villeroy de Galhau.
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« Les risques pesant sur la croissance sont clairement orientés » vers un ralentissement de l'activité, selon François Villeroy de Galhau.
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Même si « nous éviterons la récession cette année », « les risques pesant sur la croissance sont clairement orientés » vers un ralentissement de l'activité. Voilà la conclusion que le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a donné à un groupe de réflexion londonien OMFIF (Forum officiel des institutions monétaires et financières), vendredi. Il a mis en avant « la stagnation quelque peu décevante » du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au quatrième trimestre, pour une croissance annuelle de 0,7 % en 2024.
« Nous sommes sur la bonne voie dans notre lutte victorieuse contre l'inflation », s'est-il par ailleurs félicité. Il a en particulier qualifié de « bonne nouvelle » la stabilité de la hausse de l'indice harmonisé (IPCH) d'inflation en France en janvier, ressorti à 1,8 % sur un an, comme en décembre (en données nationales, il s'est établi à 1,4 % sur un an, après 1,3 %). François Villeroy de Galhau a avancé que l'inflation en zone euro « se situerait durablement autour de la cible de 2 % d'ici l'été ».
Avec un tel « ralentissement désinflationniste », a-t-il dit, « la direction à suivre est claire : notre politique monétaire passera de restrictive à neutre, et devrait soutenir une reprise progressive tout en maintenant l'inflation à notre cible ». Pour rappel, alors que la Fed a opté pour le statu quo hier, laissant comme prévu ses taux inchangés au grand dam du président américain Donald Trump, la BCE a baissé, jeudi, ses taux directeurs de 25 points de base, dans une fourchette de 2,75 % - 3,15 %, soit le niveau le plus bas depuis le début de 2023. « À quelle vitesse et jusqu'où devons-nous aller dans ce voyage ? », s'est-il demandé, invoquant un « pragmatisme agile » et une « approche fondée sur les données » pour guider les prochaines décisions de la BCE.
Le gouverneur a cependant observé une « divergence inhabituelle entre les taux à court et à long terme », en zone euro et plus encore aux États-Unis : « les rendements à plus long terme ont augmenté, en particulier aux États-Unis, ce qui est très inhabituel par rapport aux cycles d'assouplissement précédents », a-t-il insisté. Selon lui, « les trajectoires de dette souveraine et les fortes incertitudes au niveau mondial constituent probablement les deux principaux facteurs » de cette hausse, avec des déficits budgétaires qui « restent élevés dans de nombreuses économies avancées ».
En revanche, il considère que « le rôle de l'arrêt de l'assouplissement quantitatif » - un dispositif de soutien à l'économie appliqué par la BCE - dans ces hausses « ne doit pas être surestimé ».
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De son côté, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a souligné jeudi que la « politique monétaire reste restrictive », ce qui laisse la porte ouverte à de nouvelles baisses dans les prochains mois, jusqu'au taux « neutre » (taux qui ne stimule ni ne freine la croissance), actuellement estimé à 2 %.
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En décembre dernier, Christine Lagarde a évoqué une fourchette de 1,75 % à 2,5 %, alors que François Villeroy de Galhau, a suggéré en janvier 2 %, un objectif qui pourrait être atteint d'ici l'été. Lors de son intervention à Davos la semaine passée, la présidente de la BCE a rappelé que l'Europe faisait face à « une crise existentielle ».
(Avec AFP)
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