La banque centrale américaine laisse ses taux directeurs inchangés, à 4,25 % et 4,5 %, en dépit des appels du nouveau président à baisser les taux.Les hostilités commencent. Lors de son discours à Davos la semaine dernière, Donald Trump avait exprimé le vœu que les taux d'intérêt baissent « immédiatement ». La Réserve fédérale américaine en a décidé autrement : elle maintient ses taux directeurs inchangés, à 4,25 % et 4,5 %, a-t-elle annoncé mercredi soir.
Les raisons sont connues : l'économie américaine reste résiliente et l'inflation demeure élevée, au-dessus de la cible de 2 % fixée par la banque centrale. L'approche monétaire dépend donc toujours des données macroéconomiques objectives, et non des anticipations du marché (guidance).
Une pause dans le cycle de baisse
Les marchés n'anticipent plus qu'une baisse des taux cette année alors que la réunion du comité monétaire (FOMC) de décembre laissait plutôt espérer deux baisses. Après une baisse de 1 point des taux directeurs l'an dernier, la Fed fait donc une pause. Celle-ci devrait perdurer tout au cours du premier semestre. De nouvelles baisses pourraient intervenir ensuite. Certains analystes, comme ceux de Barclays, pensent même qu'un pas en arrière est possible, c'est-à-dire une hausse des taux en 2025. Le marché des options est d'ailleurs en train de valoriser ce scénario, avec une probabilité de 25%.
La réunion du FOMC des 18 et 19 mars prochain sera déterminante, avec l'actualisation des perspectives économiques de la Fed. D'ici là, il est peu probable que la banque centrale modifie les taux. Le consensus de marché pense même que la Fed laissera ses taux inchangés jusqu'en juin. Dans tous les cas de figure, il sera encore trop tôt pour mesurer les conséquences du programme économique de Donald Trump, encore peu lisible, notamment sur les droits de douane, et qui présente de nombreuses contradictions.
Lucie Robequain et Eric Benhamou