Croissance française : le PIB a reculé de 0,1% au dernier trimestre
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En décembre, l'Insee tablait sur une augmentation de 0,9% de la consommation en 2024.
Arnd Wiegmann
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En décembre, l'Insee tablait sur une augmentation de 0,9% de la consommation en 2024.
Arnd Wiegmann
Les chiffres étaient attendus en net ralentissement. Le produit intérieur brut (PIB) de la France s'est contracté de 0,1% au quatrième trimestre, subissant le contrecoup des Jeux olympiques et paralympiques de Paris, a indiqué jeudi l'Insee. Mais, en raison des trimestres précédents, il a progressé de 1,1% en 2024, conformément à sa prévision.
Entre octobre et décembre, la croissance économique a été pénalisée par la contribution négative du commerce extérieur (-0,2 points après -0,1 au troisième trimestre) et le ralentissement de la consommation des ménages (+0,4 % après +0,6 %), notamment en services, alors que celle-ci avait soutenu la hausse de 0,4 % du PIB observée au troisième trimestre.
C'est mieux que l'Allemagne, en récession pour la deuxième année d'affilée avec une contraction de 0,2 % du PIB, mais bien moins que l'Espagne, où la croissance économique a atteint 3,2 %. Sur l'ensemble de l'année 2024, l'Italie a, elle, affiché une croissance de 0,5%. Sur l'ensemble de l'année, le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de seulement 0,7% comparé à 2023, après +0,4% l'année précédente, confirmant l'enlisement de l'Europe dans la stagnation.
En France, « il est difficile de trouver un poste (du PIB) qui se porte très bien », euphémise Maxime Darmet, économiste chez Allianz, interrogé par l'AFP. Il pointe du doigt la faiblesse de la production industrielle - à l'exception de l'aéronautique - et une consommation des ménages sans éclat malgré le recul à +2 % de l'inflation en 2024 en moyenne annuelle, contre +4,9 % l'année précédente. Dynamisés par les JO, les services subiraient « un contrecoup ». La consommation des ménages a néanmoins augmenté « nettement » en France au mois de décembre, avec un volume des achats en hausse de 0,7% par rapport à novembre, annonce jeudi l'Insee. Sur l'ensemble du quatrième trimestre, cette consommation a augmenté de 0,4% après déjà +0,4% au troisième trimestre. L'évolution est de 0,9% entre décembre 2023 et décembre 2024.
L'incertitude politique qui agite la France depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin pèse également sur la croissance : le pays est sans budget pour 2025 à cause de la chute du gouvernement Barnier en décembre. Signe de la confiance ébranlée des investisseurs, l'écart entre les taux d'emprunt français et allemand à 10 ans s'est creusé. Le taux français dépasse maintenant ceux de l'Espagne et du Portugal, naguère mauvais élèves de la zone euro. Cette situation vient « en partie annihiler » la baisse des taux d'intérêt amorcée en juin par la Banque centrale européenne (BCE) et qui pourrait se poursuivre jeudi, après des relèvements destinés à faire baisser l'inflation, souligne Maxime Darmet.
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Le nouveau gouvernement de François Bayrou ambitionne ainsi de réaliser plus de 50 milliards d'euros d'effort budgétaire cette année pour ramener le déficit public à 5,4% du PIB, contre environ 6% en 2024. Mais les négociations pour s'accorder avec les socialistes sur un budget de « compromis » sont houleuses, faisant toujours planer le risque d'une censure. « La confiance dégradée et l'incertitude entourant le budget 2025 continuent de peser sur la demande intérieure et cela risque de perdurer dans les prochains mois », souligne Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.
Le gouvernement a abaissé sa prévision de croissance de 1,1% à 0,9% pour 2025. De son côté, l'Insee table sur une hausse de 0,2% du PIB aux premier et deuxième trimestres, horizon de ses prévisions.
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Par ailleurs, le reflux de l'inflation se poursuivrait, l'Insee la voit à 1% sur un an en juin et le gouvernement à 1,4% en moyenne sur l'année, tandis que la facture d'électricité de la plupart des ménages baissera en moyenne de 15% au 1er février. Cependant, la demande devrait rester « déprimée », affectée notamment par des dépenses publiques plus restreintes: « la consommation n'accélérerait pas » et l'investissement des entreprises baisserait encore de 2%, avance Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, dans une note.
Le début 2025 s'annonce morose également, dans un environnement international difficile, où le président américain Donald Trump brandit la menace de droits de douane accrus.
(Avec AFP)
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