En Europe, la crise a accéléré les réformes du marché du travail

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Les pays ayant les moins réformé depuis 2008 sont aussi ceux qui avaient mis en œuvre des réformes de grande ampleur avant la crise, explique le Conseil d'orientation pour l'emploi.
"Les pays ayant les moins réformé depuis 2008 sont aussi ceux qui avaient mis en œuvre des réformes de grande ampleur avant la crise", explique le Conseil d'orientation pour l'emploi. (Crédits : Reuters)
Depuis 2008, les pays membres de l'Union européenne ont adopté environ 1.200 mesures touchant au travail, contre 700 entre 2000 et 2007. Elles ont été particulièrement nombreuses dans les pays du sud qui ont subit une dégradation plus forte de la situation de l'emploi.

CDI assoupli, baisse de charges, refonte de l'assurance chômage: avec la crise, les pays européens ont multiplié les réformes sur le marché du travail, selon le Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), qui publié lundi 9 novembre une étude sur les cas de dix pays.

Le nombre de réformes touchant au travail "s'est accru très nettement à partir de 2008", note l'organisme d'expertise rattaché au Premier ministre. Depuis 2008, les pays membres de l'Union européenne ont adopté environ 1.200 mesures, contre 700 entre 2000 et 2007.

Italie, Espagne et Portugal, champions des réformes du marché du travail

Mais "cette tendance générale masque des disparités selon les pays", nuance le Conseil, qui s'est penché sur les cas de l'Espagne, l'Italie, le Portugal, l'Irlande, le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, l'Autriche et l'Allemagne.

Premier constat : c'est dans les pays du sud - Italie, Espagne, Portugal - que "les réformes ont été les plus nombreuses". Et pour cause, ces pays, qui ont enregistré une "dégradation à la fois plus forte et plus durable de la situation de l'emploi", ont souvent dû réformer "sous des pressions extérieures très fortes", notamment de l'Europe, "comme contrepartie au versement d'une aide financière".

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A l'inverse, "les pays ayant les moins réformé depuis 2008 sont aussi ceux qui avaient mis en œuvre des réformes de grande ampleur avant la crise", analyse le COE. Ces pays, "moins touchés" par la crise, "se rétablissent plus facilement".

Assouplissement du droit sur les contrats, baisse des indemnités...

Le COE a observé "plusieurs grandes tendances" dans ces politiques de crise. La première, surtout observée au sud, mais aussi aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, est "une tendance générale à l'assouplissement du droit concernant les contrats de travail", CDI en tête : simplification des procédures de licenciement, baisse des indemnités ou encore encadrement des réparations prud'homales. Certains pays - Irlande, Espagne, Italie, Portugal - ont donné plus de marges à la négociation d'entreprises.

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Les pays du sud de l'Europe, ainsi que la Suède et le Danemark, ont mené une politique de modération salariale et de baisse du coût du travail.

Beaucoup de pays ont aussi réformé leur assurance chômage pour la rendre plus "incitative au retour à l'emploi", estime le COE : les pays du sud ont renforcé le contrôle de la recherche d'emploi, baissé les allocations et/ou instauré une dégressivité; ceux du Nord ont préféré baisser la durée d'indemnisation.

(Avec AFP)

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a écrit le 10/11/2015 à 8:26 :
Il y a une erreur dans l'article quand il dit que l'Espagne, le Portugal et l'Italie ont reçu un aide financière en échange des réformes. L'Italie n'a jamais reçu d'aides mais elle à verser de l'argent pour ces pays. Il faudrait être plus précis la prochaine fois.
a écrit le 10/11/2015 à 2:34 :
Tres drole, la France ne peut pas figurer au comparatif,car n'ayant fait aucunes reformes,sauf augmenter les impots et ralentir l'augmentation des depenses-annonces comme reformes !- elle ne fait ni partie des pays ayant reforme avant ou reforme maintenant.
Et comme toujours il faut lire les inepties de personnes qui parlent de justice,grands patrons,et globalisation , sans aucun doute des fonctionnaires. Donc,messieurs les fonctionnaires, c'est facile a comprendre,l'etat francais a des depenses largement superieures aux recettes, les impots etant deja obscenement eleves,il ne reste plus comme solution que de reduire les depenses, ce que tous les gouvernements de droite ou de gauche se refusent a faire, car cela revient a devoir reduire le nombre de fonctionnaires en France, qui sont la cause principale de cet ecart, nombre qui a atteint un chiffre que meme les quelques regimes communistes survivants comme la coree du nord n'atteignent pas.

Pour la petite histoire, la France avait 10 % de fonctionnaires avant la premiere crise du petrole de 1973, et zero de deficit, malheureusement, les politiciens francais- egalement pour la plupart fonctionnaires- totalement incultes en economie, n'ont rien trouve de mieux pour adapter le pays a la mondialisation naissante,que d'engager des fonctionnaires a la pelle, et de subventionner a l'epoque l'industrie francaise non competitive, avec pour resultat final un deficit exponentiel du budget annuel,de la dette, du chomage et des faillites d'entreprises.
Bravo les hauts fonctionnaires. Bravo les grandes ecoles .
Donc, petits fonctionnaires qui etes objectivement achetes par ce regime qui ruinent le pays, mais n'en etes pas les createurs, arretez de defendre aveuglement ce systeme au nom de prejuges et principes qui vous sont gaves par ces memes createurs....
a écrit le 09/11/2015 à 22:09 :
Le travail humain est une marchandise. L homo sapiens est mort, vive l homo économicus ! Les apôtres de la mondialisation néo libérale ont changé le monde. Vive la modernité, mort au progrès !
Réponse de le 10/11/2015 à 1:52 :
N'importe quoi, depuis la nuit des temps, le travail de l'homme le fait vivre...La nourriture ne tombe pas du ciel toute cuite dans la main.
a écrit le 09/11/2015 à 19:35 :
Europe... réformes OK, mais en France que dalle, le Timonier du pédalo attend la vague brune ??
a écrit le 09/11/2015 à 18:13 :
Que c'est curieux, la France serait à la traine des reformes , les syndicats ont mis tous les freins possible et le chef de l'Etat n'a aucunement l'intention de décoller ces berniques de leur avancées syndicales
a écrit le 09/11/2015 à 15:00 :
Il n'y a pas de crise.. Seulement voila le problème est simple .. Quand deux personnes doivent se partager une richesse que l'une détient 1% et l'autre 99% et que le 1% est en charge d'assurer la circulation de l'argent ( pour qu'il soit utile) il semble évident qu'il y a un gros problème et que cela ne peut fonctionner.. Pas besoin de payer grassement des économistes (qui lisent des textes déjà écrit) pour analyser le problème... Zavez de la chance que la population soit aveugle et lâche... Qui blâmer au final?
a écrit le 09/11/2015 à 14:40 :
On a tous bien vu que gauche et droite se sont mis d'accord pour fouler au pied la démocratie: imposer Valls et Macron, néo-ultra-libéraux, malgré un vote des Français contre la finance et pour l'emploi... On fini avec le chômage et avec des pdg du cac40 qui se augmentent leurs salaires.

Les options sont peu nombreux:
1) arrêter de voter, parce que manifestement ça ne sert à rien
2) casser des choses dans la rue, parce que des familles déchirés par la crise ne changeront rien, par contre une chemise déchirée... Peut-être

En voyez vous d'autres?
Réponse de le 09/11/2015 à 15:52 :
C'est bien beau de voter "contre la finance et pour l'emploi" mais concrètement vous proposez quoi ?

Et attention je parle de mesure réellement efficace dans une économie globalisée hein, pas des idioties démagogiques que nous proposent les partis extrémistes.

Si tous les partis "sérieux" se mettent à proposer exactement les mêmes réformes, c'est peut-être qu'elles sont nécessaires...
a écrit le 09/11/2015 à 14:00 :
Etait-ce l'exemple à suivre ? Un état faible et un marché du travail ultra-libéralisé n'ont jamais eu de résultats économiques fantastiques, par contre les résultats financiers...N'étant pas un grand actionnaire, comme la plupart des français, c'est une très mauvaise nouvelle :(
a écrit le 09/11/2015 à 13:48 :
Quand j'entends le mot " réforme " je sors mon carnet de chèques.
La reforme du travail crée la crise.
a écrit le 09/11/2015 à 13:13 :
La France part contre a choisi le chomage de masse pour protéger son armée de fonctionnaires et assimilés

Tant que l'on trouve de l'argent à Credit la fete continue
Réponse de le 09/11/2015 à 15:21 :
Ah ? Parce que les « réformes » ont amélioré la situation ?

La seule chose que font ces réformes, ce n’est pas diminuer le chômage, c’est creuser encore plus les inégalités, et permettre aux actionnaires de s’enrichir toujours plus au détriment de la population de plus en plus exploitée.

Les faits sont têtus. Le reste, comme votre logorrhée, n’est qu’idéologie déconnectée du réel.
a écrit le 09/11/2015 à 12:11 :
Les pays du Sud ont accéléré les réformes depuis le début de la crise...
Les pays du Nord les avaient réalisées AVANT, ces réformes...
Grace à nos politiciens hors-sol qui n'y connaissent rien, la France est ailleurs !!!
a écrit le 09/11/2015 à 12:03 :
Aaah, le miracle espagnol: ils ont fait les "réformes" (en gros leurs salaires ont baissé entre 30 et 50% alors que dans le même temps les taxes augmentaient et les prestations sociales baissaient), et maintenant ils sont "compétitifs" (c'est à dire exploités et corvéables à souhait)...n'est-ce pas merveilleux ? Et comme juste rétribution de leurs "efforts" (qui leur ont en fait été imposés), il ont toujours 22% de chômage, et même +82 000 (!!) chômeurs en Octobre.

La France a l'outrecuidance de résister (un peu) à cet appauvrissement imposé, donc elle se fait tancer par la finance et le grand capital (Moody's, S&P, FMI, BCE etc)...
a écrit le 09/11/2015 à 11:43 :
On parle "d'adaptation" dans un pays libre et "réformes" dans une dictature qui se cache!
a écrit le 09/11/2015 à 11:09 :
Sauf à "Pépèreland" le pays de "mon élection 2017" où le changement est inversement proportionnel au cube de son impact sur l'électorat potentiel.
a écrit le 09/11/2015 à 10:33 :
Vous avez raison ! A quoi sert de payer toujours plus pour avoir de moins en moins ? Ce que les politiciens que vous qualifiez très jusement appellent faussement la "fraude" fiscale n'es qu'une mesure individuelle de proection. Et même d'auto-protection. Tout le monde se fout (sauf les industriels et leurs complices de la politique) que le pays puisse acheer des chars ou faire une mauvaise guerre injusifiable à l'autre bout du monde. Les soins de santé ? Laissez-moi rigoler ! La france est un, pays sous-développé qui a plus de 10 ans de reard par rapport aux pays avancés dans l'ophtalmo, le traitement des inoxication aux métaux lourds, le diabète ou les cancers notamment. Et de toute manière, de moins en moins de français ont accès à des soins de qualité déjà bien difficiles à trouver dans le pays. Même chose pour l'enseignement qui n'est qu'une fabrique à crétins illetrés pas foutus d'écrire un cv sans fautes. Oui, il faut frauder massivement le fisc. Oui, il faut se protéger des mafieux, des voleurs e des racketeurs. Et dans des états de non-droit tels que la france, toutes les mesures pseudo-illégales sont les meilleures à prendre pour s'auto-protéger des agissements mafieux de la finance, de l'industrie et de la politique !
a écrit le 09/11/2015 à 10:26 :
Mauvais choix de tire. Il aurait mieux valu titrer : "La crise a été délibérément fomentée pour accélérer les réformes du marché du travail". Car, si elle a des effets concrets voulus, la crise est factice à la base. Elle a été montée de toutes pièces par les financiers avec la complicité très active des politiciens véreux, corrompus et mafieux de tous bords. L'argent n'q pas disparu comme par enchantement. Il faut être le dernier des gogos décérébrés pour y croire. Il change simplement de poches. Par contre, la "crise" permet de raboter les libertés individuelles, réduire le populo en esclavage et le maintenir solidement en laisse. La meilleure des laisses, justement, c'est la peur. Et aujourd'hui, les politiciens à la solde des financiers manient cette peur avec maestria : peur de perdre son boulot, peur de ne pas avoir de retraie, peur de ne plus avoir de soins de santé, peur de ne plus avoir assez d'argent pour survivre... C'est l'une des plus belles manipulaions de masse de oute l'histoire du monde. Face à ces agissements mafieux et à ces éas devenus de non-droit, une seule solution : la désobésissance civique qui devient une légitime, morale et indispensable mesure d'auto-protection : amplification du travail au noir (qui, seul, permet de survivre - il suffit de voir l'importance du "black" en france, nettement plus élevé que dans la plupart des autres pays, dont la Grèce), non-paiement des impôts grâce à la fraude fiscale... L'esseniel est d'avoir assez d'argent pour vivre. Ce n'est pas en se faisant racketter e réduire en esclavage que l'on conservera un niveau de vie minimal, ni une essentielle dignité.
Réponse de le 09/11/2015 à 12:01 :
C'est "la stratégie du choc" très bien expliquée par Klein.

Les individus en état de choc sont manipulables, il faut donc inventer ou utiliser des événements susceptibles d'apeurer la population pour imposer des réformes.

Il y a d'ailleurs des vidéos très bien faites sur le net et qu'on y adhère ou pas cette théorie vaut le détour.

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