Les conséquences de la pandémie sur le marché du travail ne cessent de s'amplifier. Selon les dernières données de l'institut Eurostat rendues publiques ce jeudi premier octobre, le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) a grimpé de 0,1 point entre août et septembre, passant de 8% à 8,1% de la population active. A l'échelle de l'Union européenne, l'augmentation est relativement comparable avec un taux passant de 7,3% à 7,4%. Si ces hausses sont relativement modestes, la liste des chômeurs ne cesse d'augmenter depuis cinq mois. En un an, plus de 1 million de chômeurs supplémentaires ont été recensés par les services statistiques européens.
La multiplication des foyers de contamination en zone euro ne risque pas d'arranger la situation sur le marché du travail dans les semaines à venir. Dans une note sur les perspectives du quatrième trimestre pour la zone économique à 19, l'économiste de BNP-Paribas Louis Boisset explique que le rattrapage ne devrait pas se faire avant plusieurs trimestres.
La pandémie risque d'accroître les clivages au sein de l'Union monétaire. Alors que quelques pays commençaient à peine à se remettre de la crise de 2008 et de la crise des dettes souveraines du début des années 2010, cette catastrophe sanitaire pourrait plonger la partie Sud de la zone euro dans une spirale récessive. En effet, les derniers chiffres de l'organisation de statistiques européenne indiquent une flambée du chômage en Espagne (16,2% en août contre 15,4% en mai), en Grèce (18,3% en juin/dernière donnée disponible contre 17,3% en mai), en Italie (9,7% en août contre 8,7% en mai) ou au Portugal (8,1% en août contre 5,9% en mai). Cette soudaine et violente flambée du chômage risquent encore plus de fragiliser ces pays parfois minés par des situations politiques et économiques extrêmement instables comme l'Italie.