Euclide Tsakalotos remplace Varoufakis au ministère des Finances grec

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Ce diplômé d'Oxford, fils de bonne famille, a gardé de son éducation un inimitable accent anglais.
Ce diplômé d'Oxford, fils de bonne famille, a gardé de son éducation un "inimitable accent anglais". (Crédits : REUTERS/Alkis Konstantinidis)
La démission du ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a laissé le champ libre à ce diplômé d'Oxford, actuellement chef des négociateurs. De tendance marxiste, il est décrit comme quelqu'un d'"aimable" et "discret", mais suit la ligne politique de Syriza, dont il compte parmi les élus à l'Assemblée.

Après avoir remplacé Yanis Varoufakis en avril pour mener les négociations avec les créanciers de la Grèce, Euclide Tsakalotos lui succède à la tête du ministère grec des Finances après sa démission annoncée ce matin. Pressé par la cohorte de journalistes devant son ministère, Yanis Varoufakis a lancé le premier le nom de celui qui été encore alors vice-ministre des Affaires étrangères chargé des questions économiques :

"Je vous verrai demain avec Euclide. [...] J'espère que c'est Euclide", selon des propos rapportés par l'agence grecque ANA.

Sa nomination est interprétée comme un geste de paix envers les créanciers du pays, alors que l'Europe s'enflamme sur les conséquences du référendum grec de dimanche 5 juillet, qui s'est soldé par un large rejet du plan de mesures demandé par les créanciers pour débloquer une nouvelle aide financière à la Grèce.

Un homme discret

Né en Hollande mais ayant été éduqué en Angleterre, Euclide Tsakalotos est connu pour sa personnalité discrète dont les propos sont moins tranchés que ceux de son prédécesseur. Décrit par le Guardian comme "aimable, discret et professoral" -il a enseigné en Angleterre, dans le Kent, et à Athènes-, n'ayant pas le "narcissisme sans borne" de Yanis Varoufakis, ce diplômé d'Oxford, fils de bonne famille, a gardé de son éducation un "inimitable accent anglais".

Âgé de 55 ans, il a été élu député sous l'étiquette Syriza aux législatives grecques de mai 2012. Réélu lors de la large victoire du parti radical de gauche en janvier 2015, Euclide Tsakalotos est présenté comme "le cerveau économique" de ce parti opposé à la caste traditionnelle par le rédacteur en chef Économie de Channel 4 News, Paul Mason.

Refus d'obéir à l'élite de l'Europe

Dans son ouvrage, Crucible of Résistance  Greece, the Eurozone and the World Economic Crisis (Épreuve de résistance : la Grèce, la zone euro et la crise économique mondiale), publié en 2013, Euclide Tsakalotos, d'inspiration marxiste, montre que la crise grecque n'est "pas le résultat d'un sous-développement, ou l'échec de l'instauration de réformes structurelles néolibérales".

Au contraire, selon lui, loin d'être à la traîne économiquement, la Grèce a subi deux décennies de modernisation néo-libérale avant la crise financière de 2008, qui ont provoqué le creusement des inégalités sociales et le déficit démographique, résume le Telegraph.

Dans un entretien accordé à Libération le 17 juin, il avait regretté que "les interlocuteurs [de la Grèce] n'évoluent pas", faisant "toujours les mêmes propositions". Les Grecs, expliquait-t-il alors, souhaitent qu'on leur "laisse tenter une recette différente", avec plus de souplesse. Et plus loin de s'interroger :

"Les Européens, notamment le gouvernement français, doivent choisir : l'Europe peut-elle s'accommoder d'un gouvernement dont le programme n'est pas conforme à l'idéologie dominante ? [...] Si c'est le cas, le message à tous les Européens serait le suivant : en Europe, vous pouvez faire tout ce que vous voulez à condition d'obéir à l'élite de l'Europe."

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Commentaires
a écrit le 07/07/2015 à 15:42 :
Même tonneau, même propos. Tsipras et sa clique gauchiste devront partir. Le référendum qui n'a servi à rien sauf à perdre du temps ne n'aura pas réussi à les re-légitimiser. Après un round de politesse que se déroule actuellement ils devront accepter un plan plus sévère de gré ou de force. Pourront-ils alors se maintenir au pouvoir ? Tsipras a compris que l'attitude n'était pas bonne, il a lâché son Ministre, il va comprendre que son programme n'est pas bon et devra se démettre. La nécessité en est simple : il ne peut faire de chantage car il n'a aucun atout en main et se trouve échec et mat depuis le début. Bien entendu on peut faire croire le contraire aux curieux tant que la partie se déroule. La Grèce ne peut en effet sortir de la zone euro, elle devra donc céder dans l'intérêt direct de sa population. Que lui importe le devenir de sa dette puisqu'elle ne la réglera jamais ? Il y a des malins qui prétendent enfoncer une porte ouverte.
a écrit le 07/07/2015 à 13:57 :
La France doit embaucher Varoufakis au ministère de l'économie français:lui seul peut nous aider a désserrer l'étau de l'austérité.Sapin est bien trop mou
a écrit le 07/07/2015 à 7:46 :
Euclide admettait quelques axiomes (indémontrables). Il ne discutait pas ces axiomes. Une géométrie non Euclidienne a été construite sur d' autres axiomes.
Une autre géométrie est donc possible.

Doit-on reconnaitre que l' on est sorti du cadre classique ?
Peut-on prétendre que "les autres" jugent mal quand ils font ce constat ?
Si, par ailleurs, en regardant mieux, quelques axiomes de l' ancienne géométrie peuvent continuer à être appliqués localement, dans certaines limites, il faut le spécifier pour que chacun les connaisse et puisse en bénéficier si besoin afin de maintenir un cadre commun.
Un mode de sortie/entrée "doux" pour tout le monde .
a écrit le 06/07/2015 à 23:08 :
Les prêtres de la religion "européenne" ont bien fait leur travail : les Grecs pensent toujours devoir rester dans l'euro (!), tout le monde pense qu'un état Doit payer ses dettes (l'inflation vous connaissez ? Il n'y a qu'avec l'Euro que c'est maudit), et enfin le meilleur c'est de nous faire croire que ce pathétique gouvernement grec est LE responsable (Et Trichet ? Les plans absurdes de la BCE et du FMI ? Et les leçons de morale de l'Allemagne qu'elle ne s'est PAS appliqué dans les années 2000...). Tout n'est qu'illusion, sauf le naufrage de l'euro et de cette aliénation qu'on appelle "L'Europe".
a écrit le 06/07/2015 à 18:20 :
Un vrai marxiste, enfin!
Réponse de le 07/07/2015 à 5:01 :
J'espère que vous plaisantez. Il faut être né dans l'ex-Union Soviétique pour comprendre la signification de cette pensée mise en application. Pitié, ne ressuscitez pas les marxistes. Il y a d'autres voies pour s'opposer au libéralisme sauvage. Soyons inventifs et cessons de regarder en arrière. L'Europe veut-elle revivre les années 30, Staline, Hitler, Mussolini, etc... On a vraiment tout oublié, déjà ? On est gâté, car on a en prime les extrémistes musulmans. Quelle richesse idéologique !
On vante la "démocratie" d'un pays qui vient de faire un référendum avec 60% de participation autour d'une question aux enjeux ambigües, concernant l'avant-dernière mouture (pourquoi ne pas avoir interrogé sur la dernière version, plus généreuse ?) d'une proposition d'accord techniquement très complexe, organisé en moins de 10 jours, dans un pays qui ne permet pas le vote par procuration ou par correspondance. L'argument suprême, c'est que la Grèce est le berceau de la démocratie. Comme si cela suffisait pour en faire un exemple. Quid des 5 derniers siècles ? Qu'a fait la Grèce durant le Siècle des Lumières ? La Renaissance ? Et plus récemment, au 20ème siècle ? Des siècles de dominations étrangères, de dictatures, de populismes, de clientélismes. Tsipras est allié d'un parti nationaliste nauséabond, ce qui semble un détail pour beaucoup, malheureusement. Demain, on rase gratis !
Réponse de le 07/07/2015 à 7:55 :
@ foutrakis

"vrai marxiste"? Oui, mais façon Bld St Germain ou av de Passy, alors...

"... le nouveau coordinateur de l'équipe grecque vit avec ses 3 enfants à Kifissia, banlieue la plus chic d'Athènes. La villa dans laquelle il réside, ainsi que ses autres propriétés et ses revenus, issus d'investissements dans des sociétés comme BlackRock ou JP Morgan, ont fait l'objet de critiques dans la presse, pendant la campagne électorale, certains journaux le qualifiant d'«aristocrate de gauche»."

(Challenges)
Réponse de le 07/07/2015 à 8:22 :
"Il faut être né dans l'ex-Union Soviétique pour comprendre la signification de cette pensée mise en application.".... Effectivement, mais par opposition je vous répondrai s qu'il faut être né dans le bloc de l'ouest pour saisir la différence entre "liberté" et "libre marché"... Différence que les peuples des pays des Ex-Républiques populaire n'arriveront sans doute jamais à saisir.... "Pitié, ne ressuscitez pas les marxistes." ... Pitié, tuez d'abord le Reaganisme et le Thacherisme ambiant de ce IVème Reich qui porte ce nom de UE et zone EURO.
Réponse de le 07/07/2015 à 8:34 :
"Quid des 5 derniers siècles ? Qu'a fait la Grèce durant le Siècle des Lumières ? La Renaissance ? Et plus récemment, au 20ème siècle ?"........ PAR OPPOSITION A QUI O A QUOI? Etes-vous sérieux ou simplement limité? Qui êtes vous pour vous permettre de tels commentaires grécophobes... de quel droit? Seriez-vous un de ces "obermensch"?
Réponse de le 07/07/2015 à 15:04 :
Mon commentaire était ironique, Varoufakis était une erreur de casting pour Tsipras. Il n'y avait pas de place pour 2 "über" egos, et Varoufakis n'est pas un Marxiste orthodoxe faisant partie de la garde rapprochée du PM. Son passage au Texas est de plus fortement suspect aux yeux des communistes (UT Austin est un campus Démocrate et LBJ est un collège fortement influencé par les politiques publiques Rooseveltiennes).

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