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ÉconomieUnion européenne

«Fini de jouer», l'ultime appel de l'UE pour un Brexit avec accord

AFP

Publié le 22 septembre 2020 à 16:38 - Mis à jour le 22 septembre 2020 à 16:50

Brexit: johnson leve un premier obstacle parlementaire pour s'affranchir de l'accord

Photo d'illustration

UK Parliament/Jessica Taylor

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«Nous sommes déterminés à mettre en œuvre (l'accord) intégralement et en temps voulu - ni plus, ni moins», a martelé le vice-président de la Commission européenne. Mais Londres, à nouveau, ne pourrait ne pas l'entendre de cette oreille.

Avec un seul mot d'ordre: "fini de jouer !", les Européens se lancent dans une série de réunions d'urgence avec les Britanniques pour surmonter l'impasse des discussions sur la future relation et le revirement "inacceptable" de Londres sur l'accord de Brexit.

Dès mercredi, le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, sera à Londres pour rencontrer son homologue britannique David Frost. Objectif: débloquer les discussions sur l'accord commercial post-Brexit que les deux responsables tentent non sans mal de conclure depuis des mois.

Le temps presse pour les négociateurs, qui considèrent qu'un accord est nécessaire avant mi-octobre pour qu'il puisse entrer en vigueur le 1er janvier 2021, quand le Royaume-Uni -qui a officiellement quitté l'UE en janvier dernier- cessera d'appliquer les règles européennes.

Lundi, c'est sur un autre front, celui de l'accord de retrait scellant le départ britannique, que Londres et Bruxelles tenteront de s'entendre: une réunion à haut niveau entre le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic, et le secrétaire d'Etat britannique Michael Gove, est convoquée à Bruxelles.

Au coeur des discussions, le projet de loi en cours d'examen au Parlement britannique, qui remet partiellement en cause les engagements pris par Londres dans cet accord, pourtant signé et ratifié par les deux parties.

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La crainte de devoir renégocier

Les Européens, furieux, ne veulent pas entendre parler d'un tel revirement, qui enfreindrait de l'aveu même du gouvernement britannique le droit international.

Ils ont donné à Londres jusqu'à la fin du mois pour retirer ce projet, sous peine d'un recours en justice - ce qui ne semble pas ébranler le gouvernement britannique.

"Nous ne renégocierons pas" l'accord de retrait, a encore martelé mardi M. Sefcovic. "Nous sommes déterminés à le mettre en œuvre intégralement et en temps voulu - ni plus, ni moins".

Le projet de loi britannique "nous inquiète beaucoup car il viole les principes directeurs de l'accord de retrait. C'est totalement inacceptable", a rappelé mardi le ministre allemand chargé des Affaires européennes, Michael Roth.

"Chers amis de Londres, je vous en prie: fini de jouer. Le temps presse" sur la future relation, a-t-il lancé en anglais.

"La présentation d'une législation visant à saper délibérément un accord international avec l'UE a suscité beaucoup d'inquiétudes. Elle a porté atteinte à la confiance (...) C'est très regrettable", a renchéri le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney.

Le cas de l'Irlande du Nord en jeu

M. Coveney est particulièrement concerné: le texte britannique contredit notamment des dispositions spéciales prises pour l'Irlande du Nord, afin d'éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande, qui pourrait fragiliser l'accord de paix de 1998 mettant fin à trois décennies de violences.

"Il ne fait aucun doute que la déception est présente dans toute l'Union européenne", a poursuivi l'Irlandais.

"Et ce qui m'inquiète depuis quelques jours, après avoir parlé à deux autres ministres des Affaires étrangères de l'UE, c'est que l'on a de plus en plus le sentiment que le Royaume-Uni ne veut peut-être pas conclure d'accord" commercial, a-t-il ajouté, précisant qu'il ne partageait pas cette opinion.

Certains Etats membres croient que les Britanniques sont prêts à accepter un "no deal" en fin d'année, avec ses conséquences catastrophiques pour des économies déjà plombées par la crise liée à la Covid-19.

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Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, n'a pas hésité à lier le destin du futur accord commercial à celui sur l'accord de retrait. "Nous n'allons pas ratifier un accord sur la relation future s'il y a des coups de canifs partout dans le chapitre précédent", a-t-il lancé lors d'un entretien avec l'AFP.

Le prochain cycle officiel de négociations sur la future relation doit avoir lieu à Bruxelles la semaine du 28 septembre. Il s'agit, pour l'instant, du dernier round à l'agenda.

AFP

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