Forte croissance britannique au deuxième trimestre, grâce à l'industrie

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L'activité britannique a été soutenue au deuxième trimestre 2016.
L'activité britannique a été soutenue au deuxième trimestre 2016. (Crédits : Reuters)
Une fois n'est pas coutume, c'est l'industrie qui a tiré la croissance britannique entre avril et juin. Une croissance supérieure aux attentes à 0,6 %. Mais l'enjeu est désormais d'éviter une récession post-Brexit.

Avant le vote du 23 juin sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'économie britannique se portait très bien. Selon les données préliminaires publiées par l'Office national des Statistiques (ONS), le PIB britannique a progressé d'avril à juin de 0,6 %, ce qui est plus rapide que la croissance du premier trimestre (+0,4 %) et plus élevé que ce qu'attendaient les économistes (+0,5 %). Sur un an, le deuxième trimestre de 2016 est supérieur de 2,2 % à celui du deuxième trimestre de 2015. Au premier trimestre, la croissance annuelle était de 2 %.

L'industrie tire la croissance

Sur le plan sectoriel, la croissance a principalement été tirée par le secteur des services dont la valeur ajoutée progresse de 0,5 %. Mais cette croissance a ralenti (elle était de 0,6 % au premier trimestre) et sa contribution de 0,37 point de pourcentage à la croissance est moins importante qu'entre janvier et mars. L'accélération de la croissance s'explique donc par la bonne santé de l'industrie qui voit sa valeur ajoutée progresser de 2,1 % sur le trimestre et qui, en pesant 14,6 % du PIB, apporte 30 points de base de croissance au pays (0,3 point de pourcentage), soit la moitié de sa croissance trimestrielle. Jamais l'industrie britannique n'avait connu une telle croissance trimestrielle depuis 1999. Une croissance surtout portée par l'industrie manufacturière (avec une VA en hausse de 1,8 %). Selon l'ONS, ce sont les performances des industries automobiles et pharmaceutiques qui ont tiré l'activité. En revanche, la construction est en contraction de 0,4 % après un recul de 0,3 % au premier trimestre.

Ralentissement post-Brexit

Ce chiffre confirme donc que l'économie britannique était robuste avant le 23 juin. L'incertitude née du résultat du référendum a cependant dû porter un coup d'arrêt à cette situation. L'indice PMI de juillet des directeurs d'achats a ainsi fortement reculé, entrant en territoire largement négatif, même si, là encore, l'industrie a montré plus de résistance que le secteur des services. Globalement, ce secteur, qui représente 78,8 % du PIB du pays est sous pression, notamment parce que les secteurs financier et celui des services aux entreprises, très dépendants des investissements étrangers, redoutent que la baisse de la livre et la fermeture de l'accès au marché unique européen ne viennent peser sur leurs activités. Beaucoup d'économistes prévoient désormais une contraction de l'activité britannique au troisième trimestre de -0,4 % à -0,6 %. La première étude sur les ventes au détail réalisé par le syndicat patronal CBI révèle que 38 % des détaillants ont constaté une chute des ventes en juillet contre 28 % qui ont constaté une hausse. La baisse moyenne est de 14 %. C'est donc un chiffre préoccupant.

Réponse des autorités monétaires et budgétaires

Il est cependant un peu tôt pour donner l'ampleur du ralentissement. L'industrie exportatrice va profiter de la chute de la livre et, on l'a vu au deuxième trimestre, peut encore jouer un rôle important sur la croissance. Les turbulences sur les marchés semblent s'apaiser avec, notamment, le retour de l'indice FT-250, incluant beaucoup de groupes britanniques, à son niveau du 23 juin.

Enfin, il faudra compter avec la réaction des autorités. La Banque d'Angleterre a attendu d'en savoir plus le 14 juillet avant d'intervenir, mais il semble désormais qu'elle est prête à agir le 5 août et de façon notable. Mardi 26 juillet, c'est un des membres les plus « orthodoxes » du comité de politique monétaire, Martin Weale, qui a jugé nécessaire de relancer l'économie par une baisse des taux et des mesures additionnelles d'assouplissement quantitatif. Les annonces du 5 août de la Vieille Dame de Threadneedle Street devraient donc être d'importance. A cela s'ajoute la détermination du gouvernement d'agir de conserve avec la Banque centrale et en élaborant un plan de relance. Le chancelier de l'échiquier (ministre des Finances), Philip Hammond, l'a encore confirmé ce 27 juillet au matin en indiquant que le gouvernement et la Banque d'Angleterre sont prêts « à faire le nécessaire ». Bref, si la réponse aux incertitudes du Brexit ne sera pas apportée immédiatement, la réponse au ralentissement économique sera, en revanche, rapide. Reste à savoir s'il sera efficace.

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Commentaires
a écrit le 29/07/2016 à 17:29 :
Le stagiaire qui a écrit l'article ne connait manifestement rien à l"économie. Si on regarde les chiffres britanniques, les stocks de produits (finis et matières premières ), ont fortement augmenté.

C'est tout bonnement que l'industrie britannique, anticipant la possibilité d'un BREXIT et donc d'une baisse de la livre, a anticipé et s'est dépêché d'acheter des produits à l'étranger, afin d'éviter de les acheter plus chers après le référendum. Il suffit aussi de voir l'explosion du déficit commercial industriel britannique...
a écrit le 27/07/2016 à 22:25 :
Je voulais dire le poid de l'industrie manufacturière dans le PIB britannique.
Noter que la croissance de l'industrie est supérieure dans le secteur non manufacturier.
Aussi, le fait d'avoir des normes industrielles différentes (comme la conduite à gauche), qui est la bonne vieille méthode protectionniste de base, permet de maintenir un certain niveau dans certaines industries entièrement dans les mains d'entreprises étrangères quipréfèrent cependant assembler sur place pour faire des économies d'échelle.
a écrit le 27/07/2016 à 22:21 :
Attention, l'industrie britannique a un secteur pétrolier important, contrairement à la France évidemment. Il aurait été bien qu'on nous donne les chiffres de l'industrie manufacturière. A priori, si je me souviens bien le secteur industriel manufacturier italien pèse plus lourd que ceux du RU ou de la France. Après, avec les délocalisations en cours de Fiat, je ne sais pas si c'est toujours le cas.
a écrit le 27/07/2016 à 11:58 :
Sale temps pour les élites françaises, qui apprennent à l'Ena qu'il n'y a plus d'industrie au Royaume Uni.
Réponse de le 27/07/2016 à 13:26 :
Oui, la France avait plus d'industrie que le Ru avant l'entrée dans l'euro. Depuis, notre industrie s'est effondrée et nous sommes moins industrialisé que le RU.

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