Grèce : les vraies négociations peuvent commencer

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Angela Merkel s'empare du dossier grec
Angela Merkel s'empare du dossier grec (Crédits : © Hannibal Hanschke / Reuters)
En convoquant un sommet d'urgence à Berlin, Angela Merkel accepte de reconnaître que le défaut grec est aussi un problème pour les créanciers. Et, accédant à la demande d'Alexis Tsipras, elle convient que le problème est politique.

Les créanciers de la Grèce bougent enfin. Se rendant finalement compte de l'échec de la stratégie d'attente menée depuis quatre mois, Angela Merkel a convoqué une réunion de crise lundi 1er juin au soir, à Berlin.

On a donc vu François Hollande, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, mais aussi Mario Draghi, président de la BCE et Christine Lagarde, pour le FMI, rejoindre la chancelière dans la « machine à laver », comme les Berlinois appellent affectueusement le siège du chef du gouvernement allemand. Parallèlement, à Athènes, le Premier ministre Alexis Tsipras a tenu un conseil de cabinet restreint, tandis que les négociateurs grecs surveillaient de près la réunion berlinoise.

Selon l'agence Bloomberg, le but de cette réunion de créanciers était de présenter à la Grèce une proposition concrète qu'elle puisse accepter avant le vendredi 5 juin, date de la prochaine échéance de remboursement au FMI. En cela, elle a échoué. Les créanciers ont simplement décidé "de poursuivre le travail avec davantage d'intensité". Les quatre participants à ce mini-sommet sont donc particulièrement divisés sur la question.

L'échec du « nœud coulant »

Cet échec et cette réunion d'urgence permettent cependant de tirer d'ores et déjà quelques conclusions. D'abord, la stratégie du « nœud coulant », qui consistait à attendre l'asphyxie de la Grèce pour la faire capituler, a bel et bien échoué. La rumeur, qui voulait que les créanciers lancent lundi 1er juin un ultimatum à Athènes sous la forme d'une offre « à prendre ou à laisser », s'est révélée fausse.

Les créanciers reconnaissent donc désormais qu'un défaut serait aussi, pour eux, un problème, et il cherche à l'éviter en avançant des propositions. C'est clairement l'abandon de la posture de majesté consistant à demander simplement des « efforts » aux Grecs. C'est une bonne nouvelle pour la Grèce car, cette fois, les créanciers vont devoir prendre en compte, s'ils veulent éviter la rupture, certaines demandes grecques.

Politisation du problème

Deuxième leçon de cette réunion de Berlin : l'affaire se joue désormais au niveau politique. Angela Merkel reprend le dossier personnellement et tente de trouver une issue. C'était une demande d'Alexis Tsipras dans sa tribune au Monde : l'enjeu étant politique, la solution doit être politique.

C'est là aussi un succès car les discussions « techniques » du groupe de Bruxelles, entre négociateurs, ont lamentablement échoué, tandis que l'Eurogroupe, dominé par un Wolfgang Schäuble qui ne cachait pas sa préférence pour une expulsion de la Grèce de la zone euro, avait mené les négociations dans l'impasse.

Là encore, c'est plutôt favorable au gouvernement hellène dans la mesure où les chefs de gouvernement vont devoir assumer leurs choix : celui du maintien ou non de la cohésion de la zone euro. Il ne sera plus possible de se dissimuler derrière d'interminables questions techniques. La politique va dicter sa loi à la finance, non plus l'inverse. Or, la Grèce dispose d'atouts politiques : la légitimité de son gouvernement, la cohésion de la zone euro, l'épuisement de la société grecque après cinq ans d'austérité...

Division des créanciers

Dernier point : la résistance grecque au « nœud coulant » a divisé le camp des créanciers. Ce lundi 1er juin, la troïka est bel et bien morte. Selon certaines sources européennes, le blocage viendrait en effet de l'intransigeance du FMI. Depuis quelques semaines, on sent certes un durcissement de l'institution de Washington. Sans doute le tournant « politique » de l'affaire est-il pour déplaire fortement à cette dernière.

Mais il convient de ne pas oublier que le FMI réclame aussi une restructuration de la dette, que refusent les Européens pour des raisons politiques. Cette division est-elle une bonne nouvelle pour Alexis Tsipras ? Ce n'est pas certain a priori, puisqu'elle empêche, on l'a vu, de parvenir à une proposition claire des créanciers.

Mais cette division est aussi une chance : s'il y a une « ligne dure » du FMI, ceci signifie qu'il y a une ligne « souple » ailleurs. Un compromis entre ces deux lignes pourrait constituer une « meilleure offre » que celle sur laquelle les créanciers s'arc-boutaient depuis le 20 février.

Par ailleurs, Alexis Tsipras peut jouer sur cette division : il arracherait une solution « politique » avec les Européens sans le FMI, et pourrait ainsi honorer ses paiements au FMI. Il pourrait ensuite « s'allier » avec le FMI pour arracher une restructuration de la dette. En tout cas, la résistance grecque a bel et bien brisé l'unité des créanciers. Et il n'est pas sûr que le FMI, au final, prenne le risque de devoir renoncer à ses remboursements pour arracher des « réformes » que ses équipes mêmes ont reconnu inopérantes.

Athènes tient bon

En tout cas, la Grèce a toute les raisons de tenir bon et d'attendre les propositions de ses créanciers. Des sources gouvernementales grecques ont démenti à La Tribune les informations du quotidien allemand Die Welt de ce mardi 2 juin selon lesquelles Athènes aurait accepté de discuter de coupes dans les retraites.

« Les seules propositions que fait la Grèce sur ce sujet sont l'unification des fonds de retraite et la suppression de certains dispositifs de préretraites », affirme-t-on.

Ce matin, le vice-Premier ministre Yannis Dragasakis, très actif dans les négociations, a réaffirmé que la Grèce exigeait que les créanciers reconnaissent des objectifs d'excédents primaires inférieurs à 1 % du PIB pour cette année et à 1,5 % du PIB pour 2016 (contre 3 % et 4,5 % respectivement prévus dans le mémorandum de 2012). Le ministre du Travail, Panos Skourletis, a affirmé, de son côté sur la chaîne Skaï TV, que la Grèce avait accordé « le maximum de concessions possibles » et qu'elle avait atteint, de ce point de vue, ses limites. Les "lignes rouges" tiennent donc toujours. Mieux même, Athènes fait monter la pression en affirmant que la Grèce paiera le 5 juin "seulement" si un accord est trouvé. Enfin, Alexis Tsipras a indiqué qu'il avait transmis aux créanciers un "plan" lundi soir aux créanciers.

La balle est donc clairement désormais dans le camp des créanciers qui doivent faire un choix politique. A l'approche de la réalité du défaut, ils comprennent enfin que la dette grecque est aussi « leur » problème, pas seulement celui de la Grèce. C'était aussi une des leçons de la tribune au Monde d'Alexis Tsipras. Les vraies négociations peuvent (enfin) commencer.

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Commentaires
a écrit le 02/06/2015 à 19:48 :
Les créanciers ont peur que la Grèce ne fasse sécession ... et réussisse son coup, (donnant l'exemple et des idées aux vieux pays d'Europe qui grabotent avec peine actuellement).
En fait ils peuvent très bien s'en sortir avec leur propre monnaie. Ils leur suffit d'utiliser les avantages de leur pays : soleil à gogo et mer bleu, et faire du tourisme de luxe ! Ils remettent leur drachme en circulation, et le tourisme redémarre à fond ! Il leur suffit donc de nationaliser leurs banques.
Il est tout à fait incroyable que notre extrême gauche ne vole pas à leur secours...
Réponse de le 03/06/2015 à 10:51 :
un peu comme la Turquie et la Tunisie ... mer bleue, soleil, sirtaki, ouzo a gogo ..
et l hiver un petit feu de camp sur la plage en admirant le soleil couchang . Bref ,sans Euro, le pays de cocagne quoi !
Réponse de le 03/06/2015 à 23:58 :
"L'extrême gauche" soutient comme elle peut, avec zéro moyen, les avancées de Tsipras. Elle ne peut pas "voler à son secours", par conséquent. Elle le voudrait volontiers, pourtant.
a écrit le 02/06/2015 à 18:03 :
De nombreux Grecs (Fonctionnaires, Retraités et autres catégories de privilégiés) ont un niveau de vie supérieur à la plupart des Allemands. Il est donc difficile de demander à l'Allemagne de continuer d'alimenter sans fin le tonneau des Danaïdes.
Réponse de le 02/06/2015 à 19:29 :
Voulez-vous dire que les fonctionnaires et retraités grecs ont un niveau de vie supérieur aux Allemands ?
Quels sont vos sources pour affirmer une telle absurdité ?
Réponse de le 02/06/2015 à 20:08 :
@PNL intéressantes vos affirmations sur le niveau de vie des Grecs. Quelles sont vos sources ?
a écrit le 02/06/2015 à 17:57 :
Ça y est, une autre fois,M. Godin, pompier de service en chef de la cause grecque, nous remet ça, une autre ode au génie stratégique des dirigeants grecs, faudrait peut-être lui rappeler qu'il est toujours prématuré et risqué de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué!
a écrit le 02/06/2015 à 17:21 :
Si j'étais riche je prêterais encore aux grecs. Au cas d'une sortie de route ce sont les états européens qui me rembourseront. Je suis tranquille et toujours plus riche. Bises à tous de mon paradis fiscal.
Réponse de le 03/06/2015 à 13:21 :
vous prêteriez aux grecs a quel taux ? un taux raisonnable ou le taux qui a permis aux banques de s'enrichir grassement depuis les années 90, et au passage de graisser la patte de nombreuses sociétés européennes qui ont profité de l'aubaine grecque ? http://cadtm.org/Grece-Tout-un-symbole-de-dette
a écrit le 02/06/2015 à 16:08 :
Que la Grèce reste dans l'U.E et l'euro ou qu'elle en sorte, c'est encore nous les peuples qui allons cracher au bassinet mais malheureusement les 10% d'intérêts dont se sont gavés leurs créanciers depuis des années, nous n'en verrons jamais la couleur. On privatise les profits et on mutualise les dettes.
a écrit le 02/06/2015 à 15:40 :
Toujours un plaisir de lire un autre son de cloche que ceux repris en chœur par les cloches médiatiques
a écrit le 02/06/2015 à 15:05 :
Retirer la carte grecque du château de cartes de la finance globalisée : on comprend que les mains tremblent...
M. Godin, merci pour vos analyses.
a écrit le 02/06/2015 à 14:52 :
Depuis les élections de janvier, les grecs ont retiré de leurs comptes bancaires un montant cumulé de l'ordre de 10 mds€ d'espèces, sans compter ce qui a pu être viré à l'étranger dans la période et avant.
Un signe fort aux partenaires européens serait que les grecs eux-mêmes montrent leur confiance en leur pays en souscrivant à un grand emprunt national.
Réponse de le 02/06/2015 à 15:30 :
Le drame est que sont DES Grecs qui font fuir leurs capitaux, pas les Grecs, pas ceux, très nombreux, qui n'en n'ont pas ou n'en ont plus, qui ont vu leurs pensions drastiquement amaigries, qui sont au chômage, qui ne peuvent se soigner, etc.
Un des problèmes de la Grèce, de plus, est que ceux qui peuvent payer des impôts n'en payent pas.
Entre la solidarité nationale et le porte monnaie, quand on a le choix, rarement la solidarité nationale est choisie, certains ministres fraudeurs du fisc de chez nous nous le diraient.
Réponse de le 02/06/2015 à 15:33 :
Quel argent ? La classe moyenne a été laminés par une austérité imbécile et une partie de la population mange à la soupe populaire.
Réponse de le 02/06/2015 à 17:46 :
Oui maintenant. Mais pendant 20 ans, ils ont depense leur fric au bousouka et en n'arretant pas de changer de garde-robe. Maintenant ou sont les economies en cas de coup dur quand on est un adulte. Ah oui, c'est la faute des politiciens, jamais la notre
Réponse de le 02/06/2015 à 20:21 :
@Nikias Les clichés ont la vie dure...
a écrit le 02/06/2015 à 13:11 :
On va peut-être arriver à un accord (ce que j'ai toujours pensé) et on en reparle dans deux ans ou même avant... car la Grèce ne peut pas s'en sortir sauf si on efface la grande majorité de sa dette.
Quelques frictions en Europe sont peut-être à prévoir....
Cordialement
a écrit le 02/06/2015 à 12:58 :
Les grecs croient qu'ils vont pousser les allemands à leurs donner des sous !!

Rien de moins sur

Le pragmatisme allemand pourrait bien conduire à préférer les pertes et basta
Réponse de le 02/06/2015 à 15:27 :
Oui, les Grecs aimeraient bien que les Allemands rendent les " sous " qu'ils ont piqué à la banque de Grèce après avoir pillé le pays. Mais rien n'est moins sur, pragmatisme allemand...
a écrit le 02/06/2015 à 12:17 :
Depuis quatre mois, deux logiques s'affrontent, y compris dans les commentaires citoyens, la logique financière (FMI, Troika, UE), une dette publique doit être remboursée sans condition. Une logique politique (Grèce), une dette publique peut être remboursée sous certaines conditions.
Il semble que la logique politique soit en voie de l'emporter. Quelque chose d'important se joue là qui réclame une profonde compréhension loin des réactions simplistes car il en va de la construction de l'Europe.
a écrit le 02/06/2015 à 11:41 :
Que faisons nous avec tous ce voleurs
les Français avaient voté NON A L'EUROPE
Réponse de le 02/06/2015 à 14:14 :
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » (Jean-Claude Juncker) Donc, les traités européens sont au-dessus de la Démocratie. À bon entendeur…. pas de salut ! :-)
a écrit le 02/06/2015 à 11:35 :
Comme je dis souvent, dans ce feuilleton ce sont les Grecs les plus forts car ils ont d'options, tandis que les créanciers n'ont pas d'option : c'est entrer dans un accord ou subir le défaut de paiement. On fait de menaces de pacotille de partie et d'autre et qui n'aboutissent à rien. Le FMI l'a déjà compris et il a pris une autre politique vis-à-vis de la Grèce que celle de l'arrogance de Berlin-Bruxelles, on parle même que les USA veulent prêter de l'argent à Athènes.

A propos de créanciers et prévisions, selon une dépêche de Reuters, la Banque mondiale a revu à la baisse la contraction du PIB russe pour l’année en cours. Qui plus est, elle anticipe un retour de la croissance dès 2016. Donc, contrairement aux prévisions des "experts" de la presse otaniste-atlantiste, l'économie russe est moins touchée que prévu.

En serait-il de même pour la Grèce ?
a écrit le 02/06/2015 à 11:30 :
Et çà fait des moi que romaric nous parle de négociations bidons.
Réponse de le 02/06/2015 à 18:14 :
Oui. Mais vous continuer à le lire. Pourquoi?

a écrit le 02/06/2015 à 11:28 :
C'est tellement dommage que pour des raisons comptables on ne puisse pas réellement prendre sa perte et arreter d'injecter de l'argent dans ce balon crevé.
Deplus le retour à la dragme aurait un impact hautement educatif pour tous les extrémistes à droite et à gauche en Europe.
Réponse de le 02/06/2015 à 11:59 :
Bien d'accord avec vous, mais je crains que nos politiques ne veuillent maintenir à n'importe quel prix la Grèce dans l'euro, celà pour éviter d'ouvrir la boite de pandore.
a écrit le 02/06/2015 à 11:02 :
Monsieur Godin,

Pourriez vous s'il vous plaît faire un effort car bien que vos articles contiennent parfois des informations intéressantes, vos avis sur la Grèce sont exprimés de façon trop répétitifs...Combien de fois avez vous écrit "l'échec de la stratégie du nœud coulant" et "maintenant la balle est dans le camp des créanciers". Pour être un peu sarcastique, je pense même que ces phrases font désormais partie du dictionnaire de votre correcteur ^^ Je pense que tout le monde a compris votre position...si vous pouviez simplement un peu varier votre façon de l'exprimer cela rendrai la lecture plus intéressante!
Réponse de le 02/06/2015 à 14:15 :
+ 3
Réponse de le 02/06/2015 à 15:15 :
Je suis parfaitement d'accord avec vous. Les articles répétitifs de Romaric Godin n'ont strictement rien de l'information économique ni meme de l'information au sens large. Ce sont des exposés à la gloire de Siryza et la seule idée exprimée et rabachée est l'envie d'en découdre avec les créanciers de la Grèce.
Extrèmement déçue par le journal "La Tribune" qui n'est plus que l'ombre du grand journal d'antant.
Réponse de le 02/06/2015 à 15:34 :
Evidemment, si votre cathéchisme quotidien est baigné de bfmitude ou si vous priez chaque jour Saint Baverez, Romaric Godin doit vous donner le vertige.
Mon conseil, ne risquez pas de défrocage
a écrit le 02/06/2015 à 10:56 :
Les banquiers sont responsables de la crise et ont été sauvés par les contribuables européens. Il serait normal qu'ils remboursent une partie de la dette grecque mais pas uniquement, celles des autres états de l'UE aussi.
a écrit le 02/06/2015 à 10:49 :
Lol
Ft admettre que la propagande bat son plein!
Le pb est chez les grecs paschez les creaciers qui vont de toute facon se faire tondre
Respectons le choix democratique des grecs de quitter l euro et de reprendre leur souverainete monetaire
C est leur choix ils ont vote pour alors maintenant il faut qu ils appliquent et qu on passe a autre chose
a écrit le 02/06/2015 à 10:18 :
A ma connaissance, un deblocage integral des fonds n'est pas possible sans le consentement du FMI. Donc, les divergences de vue entre le FMI et la Commission europeeenne empêchent tout deblocage des fonds. Par ailleurs, il est illusoire de penser que l'Eurogroupe puisse debloquer les fonds qui lui reviennent (3,6 milliard d'euros) pour rembourser les prêts au FMI. Une telle proposition provoquerait, a juste titre, une levee de boucliers.
a écrit le 02/06/2015 à 10:18 :
Au delà du cas grec, la gestion de la crise aura surtout démontrée avec éclat que l'UE n'est ni intergouvernementale, ni fédérale, ni entre les deux. Elle est allemande: quand ça chauffe vraiment, les réunions d'urgence se tiennent à Berlin où sont convoqués comme des laquais et la commission, et la FMI et la BCE. Soit exactement ce que les eurosceptiques annoncent depuis plus de 20 ans (Maastricht).

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