Grèce : quelles seront les prochaines étapes ?

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Après l'annonce de la conclusion d'un accord, la BCE pourrait désormais relever le plafond des liquidités d'urgence au bénéfice des banques grecques, qui sont fermées depuis le 29 juin.
Après l'annonce de la conclusion d'un accord, la BCE pourrait désormais relever le plafond des liquidités d'urgence au bénéfice des banques grecques, qui sont fermées depuis le 29 juin. (Crédits : Reuters Yannis Behrakis)
Après la conclusion d'un accord lundi matin, la reprise des négociations pour le déclenchement d'un troisième programme d'aide est néanmoins suspendue au vote des Parlements nationaux de la zone euro. En attendant, l'Eurogroupe et la BCE doivent se réunir dans la journée pour adopter des mesures d'urgence.

Article publié le 13 juillet, à 10h09, actualisé à 14h42

L'accord auquel sont parvenus lundi matin les chefs d'Etat et de gouvernement sur un troisième plan d'aide internationale à la Grèce, au terme d'une négociation marathon n'est qu'un début. Plusieurs autres étapes doivent être franchies dans les prochaines semaines avant le déclenchement d'un troisième programme d'aide (depuis 2010) via le Mécanisme européen de stabilité (MES).

  • Lundi après-midi aura lieu une autre réunion de l'Eurogroupe qui devra notamment décider d'une solution transitoire pour permettre à la Grèce de tenir financièrement jusqu'à la mise en oeuvre du nouveau plan, qui pourrait prendre plusieurs semaines. Il faut notamment rappeler que la Grèce, déjà en défaut de paiement vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI), doit rembourser 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE) avant le 20 juillet.
  • La BCE doit également se réunir dans la journée. Après l'annonce de la conclusion d'un accord, elle pourrait désormais relever le plafond des liquidités d'urgence au bénéfice des banques grecques, qui sont fermées depuis le 29 juin. Une source européenne expliquait en effet dimanche que la BCE attendait "un signal politique" pour décider de maintenir ou non l'économie grecque sous perfusion.

Le Parlement grec devra voter avant mercredi

  • "Dans les prochains jours, mardi ou mercredi, les Grecs légiféreront. Le plan dans son ensemble devra être approuvé, mais aussi les premières actions" exigées par les créanciers, a expliqué le patron de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Au moins trois ou quatre des mesures comprises dans l'accord - dont la liste n'est pas encore exactement connue -, notamment  une réforme de la TVA et des retraites, doivent en effet être approuvées avant mercredi 15 juillet par le législateur. Alexis Tsipras, qui a obtenu samedi le soutien du Parlement dans ses négociations avec les créanciers au  prix de dissensions internes à son parti Syriza, devra probablement encore une fois faire recours à l'appui de l'opposition.
  • "Une fois cela fait, nous aurons un Eurogroupe téléphonique, probablement mercredi", a encore détaillé Jeroen Dijsselbloem, président de cette instance qui réunit les ministres des Finances de la zone euro.

Les Parlements nationaux restent souverains

  • Cet Eurogroupe sera le "signal pour les autres Parlements" nationaux, qui doivent aussi voter sur le projet d'aide européenne à la Grèce. Ils le feront probablement cette semaine, a espéré Jeroen Dijsselbloem, évoquant les jours de "mercredi, jeudi ou vendredi". Le président de l'Eurogroupe n'a néanmoins manqué de souligner que les Parlements étaient bien évidemment souverains.
    François Hollande a précisé qu'en France l'Assemblée nationale votera mercredi.

  • Les députés allemands devraient se prononcer vendredi sur le principe d'un troisième plan d'aide international à la Grèce, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammert. Interrogé sur la date à laquelle les députés allemands, en vacances, pourraient être convoqués en session extraordinaire, le président du Bundestag a répondu : "Il semble bien que cela soit pour vendredi matin", précisant toutefois qu'il fallait auparavant que les députés grecs légifèrent d'ici à mercredi, comme l'exigent leurs créanciers. Le vote allemand doit donner un mandat au gouvernement pour les négociations proprement dites sur cette nouvelle aide.

  • Le vote des Parlement nationaux représentera "une décision plus formelle" pour démarrer les négociations, a précisé Dijsselbloem.

Un "reprofilage" de la dette à discuter

  • La question de la dette sera notamment de nouveau posée dans ce cadre. Angela Merkel a affirmé que l'Eurogroupe était prêt, en cas de nécéssité, à accorder un "délai de grâce" et des échéances plus longues à Athènes. François Hollande a parlé de "reprofilage" portant sur les échéances et les intérêts dus.
  • La Grèce ne voulait pas que le FMI participe au financement d'un nouveau plan d'aide. Finalement, elle "demandera une nouvelle aide au FMI lorsque le programme en cours aura expiré, en mars 2016", a affirmé Angela Merkel.
  • Quant au "travail des prochains mois", il devra également consister dans le renforcement de la zone euro, pour l'emmener vers plus d'intégration afin qu'elle puisse "se défendre", a estimé François Hollande: une nécessité selon lui mise en évidence par la crise grecque.

  • A long terme, l'objectif pour la Grèce est évidemment celui de retrouver la croissance. Si la "large palette de réformes" inclue dans l'accord trouvé lundi matin devrait le lui permettre, selon Angela Merkel, la chancelière allemande a néanmoins mis en garde: "Le chemin sera long et, si j'en crois les négociations de cette nuit, difficile".

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Commentaires
a écrit le 14/07/2015 à 19:18 :
La révolte sociale ? La grève des taxes et des impôts (déjà en cours) ?
L"l'heureux tour" (sic) de gens en uniforme ? Le désespoir d'un peuple ? Ne rayez aucune des mentions ? HÉLAS ..... vous pouvez en ajouter d'autres ?
a écrit le 14/07/2015 à 7:00 :
Tout n'est pas fini...Le peuple peut encore dire non...Je ne voyais pas l'Europe comme un système d'asservissement des peuples. Pourtant, c'est bien le cas...Il n'a pas été tenu compte du référendum, comme pour la France...Sans l'assentiment des peuples, l'Europe finira par s'écrouler. En tout cas, pour ma part, je sais maintenant pour qui je vais voter.
a écrit le 13/07/2015 à 19:00 :
La prochaine étape est une chute du gouvernement en Grèce, l'annulation des accords (qui n'en sont pas), et des nouvelles élections. La meilleure chose pour la Grèce était le Grexit. La préparation avait commencée. Il fallait juste aller jusqu'au bout de l'affaire. Cet accord n'est pas plus viable que les précédents. Aucune chance économique de s'en sortir.
Réponse de le 14/07/2015 à 8:01 :
Il semble d'après Varoufakis que Tsipras n'ait jamais envisagé sérieusement un Grexit. C'est sans doute là sa plus grande erreur
a écrit le 13/07/2015 à 16:47 :
Le Parlement Français s'honorerait en refusant d'acter les décisions de l'Eurogroupe.
Ce serait sauver la Grèce de maux pires que ce qu'elle pourrait endurer si elle procédait à un Grexit.
a écrit le 13/07/2015 à 15:57 :
@Wait a minute: si ils font tout pour y rester c'et peut etre parce qu'ils ont compris ce que ca veut dire pour eux la sortie de l'EZ: perte de leur épargne, hyperinflation touchant alimentation, energie, medicaments, produits manufacturés, pénurie diverses, etc.
Le tourisme seul ne compensant pas tout ces effets negatifs.
D'ailleurs, Schauble a mis cette option folle sur la table.
Réponse de le 13/07/2015 à 22:59 :
Il n' y a qu'une partie du gouvernement qui fait tout pour rester. Pas la majorité des gens. La majorité, elle, est pour une sortie.
a écrit le 13/07/2015 à 14:17 :
J’avoue que je suis atterré … abasourdi … depuis tôt ce matin je n'ai plus envie de manger, je fais que pleurer, pleurer….
J’y avais cru jusqu’au bout pourtant à un brillant stratagème de Tsipras … au final c’est le pire du pire qui arrive.
Il n’obtient pas grand chose juste des vagues promesses … en contre partie il accorde tout et même plus que ce que le peuple venait de voter contre.
Je ne sais pas de ce que l’ont menacé les 3 affreux mais il n’a pas clairement pas réussi à mettre dans la balance ce qu’un Grexit signifierait pour l’Europe et l’OTAN.

A final “l’accord” est vraiment sale, très très sale. Un dernier espoir : le parlement Grec mais j’y crois plus trop.

La je suis vraiment dégouté…. il ne me reste que des dettes et mes yeux pour pleurer…. :-/
Réponse de le 13/07/2015 à 14:59 :
A y réfléchir,
Les grecs ont certainement plus à gagner de sortir de la ne euro..pus que jamais après ce week-end.

Si il font tout pour "y rester", ils sont à la merci de leurs créanciers pour les 10-15 prochaines années, ceux-là même qui ont démontré qu'ils ne sont capables d'aucune concession.

Le Grexit, ils le savent, c'est la promesse d'un choc énorme dont ils finiront pas se remettre comme tous les autres pays qui ont fait défaut à un moment ou l'autre. Et par la même occasion de mettre les créanciers face à leur (ir)responsabilité de ne pas avoir pu être plus pragmatiques que cela.
Réponse de le 13/07/2015 à 15:07 :
Il fallait du temps à Tsipras, au pouvoir depuis peu pour gérer le chaos, et il l'a obtenu. Ca ne préjuge de rien. Il faut laisser au peuple Grec le temps de comprendre l'intérêt d'un grexit bien préparé.
a écrit le 13/07/2015 à 13:32 :
Misère et décadence du peuple Grec.
Réponse de le 13/07/2015 à 15:21 :
Comme il ne suffisait pas déjà leur Histoire (avec H majuscule)….
a écrit le 13/07/2015 à 13:12 :
Il faut donner la parole aux économistes, pas aux financiers. La solution consiste à financer les retraites par une taxe sur l'énergie. Que la Grèce donne l'exemple. Il y va de sa survie.

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